Éditoriaux de Jean-Claude Mailly - FO Hebdo

Négociations sur l’Assurance chômage : une accentuation de l’autoritarisme social

, Jean-Claude Mailly

Recommander cette page

Les négociations sur le renouvellement de la convention d’Assurance chômage entre les organisations syndicales et patronales vont bientôt démarrer.

Rappelons que le Code du travail stipule que la négociation en la matière est déléguée aux interlocuteurs sociaux et qu’en cas d’échec, il appartient au gouvernement de décider.

Mais le dossier est d’abord de la responsabilité des interlocuteurs sociaux et de eux seuls.

Et pourtant, jamais les pressions du gouvernement n’ont été aussi fortes.

Du président de la République lors de ses vœux aux forces vives, au Premier ministre, en passant par les ministres du Travail, de l’Économie et des Relations avec le Parlement, les pouvoirs publics ne se montrent pas avares de « conseils », conseils qui, comme par hasard, ne visent pas à consolider la situation des demandeurs d’emploi.

C’est aussi la première fois qu’avant les négociations sort un rapport [1] public sur les mesures susceptibles de contribuer à retrouver l’équilibre.

Pourquoi donc un tel engouement ? Pour deux raisons selon nous.

La première, ce sont les engagements pris au niveau européen (dans le cadre des textes adoptés par les gouvernements), conduisant notamment à vouloir afficher 1,6 milliard d’économies sur l’Assurance chômage.

La seconde, c’est que depuis la mise en place de Pôle emploi, l’Unédic (via les cotisations sociales) finance l’essentiel mais c’est l’État qui pilote !

À noter d’ailleurs que les frais de fonctionnement du régime d’Assurance chômage s’élevaient auparavant à 7 à 8 % des contributions perçues et que ce taux est monté aujourd’hui à 10 % pour le fonctionnement de Pôle emploi, surcoût non pris en charge, de fait, par l’État.

Il ressort de tout cela une forme de mépris du « dialogue social » et du rôle des interlocuteurs sociaux.

Comme si le gouvernement voulait d’ores et déjà décider lui-même du contenu de la convention d’Assurance chômage.

Nous ne dirons jamais assez que l’accentuation du libéralisme économique conduit à une accentuation de l’autoritarisme social. 

Notes

[1Disposition nouvelle de la loi de programmation des finances publiques 2014-2019.

A propos de cet article

Sur l’auteur

Jean-Claude Mailly

Secrétaire général de FO


Marche générale de l’Organisation - Expression publique - Relations avec les Fédérations Nationales et les Unions Départementales - CSI/CES


Envoyer un message à Jean-Claude Mailly

Site internet : https://twitter.com/jcmailly

Sur le même sujet

Vidéos sur le même sujet

Mots-clés associés

En complément

Newsletter - Éditoriaux

Abonnez-vous à la lettre d’information « Éditoriaux de Jean-Claude Mailly »

Éphéméride

15 décembre 1905

La grande grève des terrassiers
La ville de Paris établit en 1882, les prix de série pour les ouvriers terrassiers que les entrepreneurs refusent d’appliquer. Et bien que le ministère du Commerce et l’administration préfectorale reconnurent la légitimité de leur droit, la situation des terrassiers ne changea pas. C’est alors que, (...)

La ville de Paris établit en 1882, les prix de série pour les ouvriers terrassiers que les entrepreneurs refusent d’appliquer. Et bien que le ministère du Commerce et l’administration préfectorale reconnurent la légitimité de leur droit, la situation des terrassiers ne changea pas. C’est alors que, devant l’incurie du pouvoir public, 25.000 terrassiers abandonnèrent le travail sur les chantiers parisiens du Métropolitain. Le comité syndical qui donna l’ordre de grève réclamait un minimum de salaire et l’application intégrale de la loi sur l’hygiène, indispensable dans les travaux de terrassement, en raison des émanations qui occasionnaient tant d’accidents mortels. Il revendiquait, en outre, des lois de sécurité pour éviter des éboulement et l’interdiction du travail à la tâche sur les chantiers du Métropolitain et des travaux départementaux.
Le conseil syndical des terrassiers protesta contre la violation des lois et des décrets, relatifs à la condition du travail, préjudiciable aux ouvriers, faite par les entrepreneurs peu scrupuleux, et tolérée par les administrations.