Notre-Dame de Paris : charité bien ordonnée...

Revue de presse par Christophe Chiclet

© Xavier POPY/REA

Louables volontés de restauration du patrimoine historique français ou nouvelle course aux évasions fiscales. Le débat s’enflamme dans le contexte des futures réformes de la fiscalité. Aperçus dans la presse.

Sud-Ouest
Aucun des communiqués des bienfaiteurs ne mentionnait que leur générosité serait en grande partie financée par les contribuables. Depuis une loi votée en 2003, à l’initiative de l’ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, le mécénat d’entreprise bénéficie d’avantages fiscaux : 60% des sommes versées sont déductibles de l’impôt sur les sociétés. Un système sans équivalent en Europe. Le musée d’art contemporain édifié par la fondation Louis-Vuitton (LVMH) à Paris a ainsi coûté la bagatelle de 500 millions d’euros aux finances publiques

Le Figaro
Tandis que les dons pour la rénovation de Notre-Dame de Paris devraient atteindre le milliard d’euros dans la journée, certaines personnalités de gauche pointent du doigt un manque de solidarité sur les questions sociales. Victor Hugo remercie tous les généreux donateurs prêts à sauver Notre-Dame de Paris et leur propose de faire la même chose avec les misérables. Dans ce tweet, l’analyste Olivier Pourriol fait allusion aux dons faits par de grandes familles françaises.

Le Monde
Sans les sommes versées par les donateurs privés, qui bénéficient d’aides fiscales, l’État serait seul à supporter le coût de la reconstruction. Mais fallait-il renforcer un arsenal déjà très généreux ?.

Le Parisien
Cela peut donner le sentiment que certains ont ces sommes à disposition d’un claquement de doigts, ce qui met en lumière de manière crue les inégalités économiques, commente Jeanne Lazarus, sociologue spécialiste de l’argent, interrogée par Le Parisien. D’autant que quand on voit une personne donner cent millions d’euros, on se sent souvent dépossédé par ces gens puissants, ajoute la chargée de recherches au CNRS. La fondation Abbé Pierre a justement appelé sur Twitter ces grandes fortunes à ne pas oublier les plus démunis.

Le Télégramme
Pour la défense, Face à cette polémique la famille Pinault a renoncé à la déduction fiscale. Bernard Arnault, qui a également annoncé que les dons de sa famille et du groupe LVMH ne seraient pas défiscalisés, a déclaré : C’est assez consternant de voir qu’en France, on se fait critiquer même quand on fait une œuvre d’intérêt général. Dans beaucoup d’autres pays, on se serait plutôt félicité. Dieu y reconnaîtra-t-il les siens ?