Notre système de soins n’a pas le temps d’attendre et les Hospitaliers encore moins !

Fédération FO-SPSS par Services publics et de Santé

Communiqué de la Fédération des Personnels des Services Publics et des Services de Santé Force Ouvrière

Ces derniers temps, le 30 novembre, le 1er, le 2 et le 4 décembre, les voix de beaucoup d’hospitaliers et d’agents des secteurs sociaux et médico-sociaux se sont fait entendre. Ce mécontentement tinté de colère va à nouveau s’exprimer dans la rue le 7, pour dire à ce gouvernement qu’il doit prendre en considération les revendications légitimes des agents en grandes difficultés.

A Paris (AP-HP), en Mayenne, comme dans de nombreux autres établissements, les agents sont à bout de souffle, submergés par l’intensité de la charge de travail, avec pour conséquences des conditions de travail détestables. Au même moment le 5e rebond de la crise sanitaire se dessine pour venir frapper une institution hospitalière qui a déjà un genou à terre. C’est pourquoi, la Fédération FO-SPS réclame des mesures immédiates pouvant améliorer les conditions de travail et ainsi la prise en charge des patients.

Sans réponses du gouvernement à nos revendications, ces mobilisations en appelleront d’autres, mais nous devons constater que l’éparpillement et le morcellement des actions permettent au gouvernement une stratégie du pourrissement. Ainsi pas de réponse pour l’AP-HP, pas de réponse pour l’Hôpital de Mayenne, pas plus pour les revendications catégorielles des psychologues, des ambulanciers, des socio-éducatifs... De même, nos revendications en inter-fonction publique pour de nouvelles grilles pour les Administratifs, Techniques et Ouvriers restent sans réponses ! Quant à l’augmentation de la valeur du point d’indice, les annonces de la Ministre, sans être claires, laissent à penser qu’il n’y en aura pas, malgré l’inflation.

Dans ce contexte la conférence sociale, promise et signée dans le Ségur 2, est reportée début janvier.

Le gouvernement gagne du temps et se projette vers la période dite de réserve (avant les élections) pour ne pas avoir à prendre ses responsabilités et prendre des mesures structurelles qui forcément coûteront de l’argent public. C’est ce même argent dont les gouvernements successifs ont dépouillé les établissements avec comme alibi, la mise en œuvre des réformes qui n’ont fait qu’aggraver la situation et qui nous manque cruellement aujourd’hui !

Si nous voulons être entendus, et ne pas perdre les 6 mois qui nous séparent des élections, nous devons maintenant préparer une riposte à la hauteur des enjeux. Nous devons arrêter les mouvements disséminés, corporatistes, sectoriels et catégoriels. Le temps est venu de nous réunir pour une action forte, sans mouvement saute-mouton, afin d’être plus efficaces. Il y va de la responsabilité de chacun !

La mobilisation de ces derniers jours doit s’amplifier et se propager à tous les secteurs de notre champ d’activité avec comme mot d’ordre l’amélioration de nos conditions de travail, l’augmentation des effectifs, des salaires, l’arrêt de la fermeture des lits, l’extension du Ségur pour tous !

C’est pourquoi la Fédération se félicite des actions militantes passées, elles doivent inciter nos syndicats à se saisir de la situation pour organiser le rapport de force et forcer le gouvernement à prendre des mesures, même s’il y a une élection présidentielle. L’Hôpital n’a pas le temps d’attendre !

Afin de coordonner nos actions et de préparer la mobilisation commune, la Fédération FO-SPS donne rendez-vous à ses militants le 1er février 2022 pour une grande conférence à Paris au siège de la Confédération, Avenue du Maine, pour décider ensemble du mouvement que nous souhaitons initier, il devra être le plus large possible.

Le Ségur a été une étape indiscutablement positive sur les rémunérations, mais il n’a pas apporté les corrections nécessaires sur son volet conditions de travail et effectifs. Les 15 000 postes supplémentaires annoncés au Ségur de la Santé ne sont toujours pas déployés et les désaffections des soignants conjugués aux suspensions ont engendré un cercle vicieux dangereux de démobilisation de ces professionnels. Nous devons obtenir des mesures urgentes coûte que coûte, il en va de l’avenir de l’hôpital public.

En espérant que le rebond de la pandémie ne nous inflige pas de nouvelles désillusions, nous resterons quoi qu’il en soit et comme toujours, mobilisés déterminés, et combatifs. La Fédération prendra ses responsabilités !

Services publics et de Santé Secrétaire général

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