Nouvelle crise à l’hôpital public

Revue de Presse par Christophe Chiclet

Nicolas TAVERNIER/REA

Plus d’un millier de chefs de service viennent de démissionner en bloc dans toute la France pour dénoncer l’état de la santé publique et les mesurettes du gouvernement. Aperçu dans la presse.

Libération

« Plus de 1200 chefs de service et responsables hospitaliers annoncent ce mardi [14 janvier] dans une lettre à la ministre de la Santé leur intention de démissionner de leur fonction d’encadrement si des négociations ne sont pas engagées. Un acte fort et inédit pour dénoncer les conditions de travail au sein des établissements publics ». À noter que c’est ce quotidien qui a publié cette lettre.

La Croix

Rappelons que cette nouvelle colère du personnel des hôpitaux publics ne remet pas en cause les soins aux patients. « Le geste est fort mais avant tout symbolique. Car ces défections ne concernent ̎que ̎ la partie administrative de leur travail. En clair, cela signifie ̎ ne plus aller à une seule réunion avec l’administration, ne plus lui rendre de comptes, ne plus répondre à ses demandes ̎, explique Stéphane Danger [un démissionnaire], comparant le rôle de chef de service à celui d’un ̎ chef d’orchestre ̎. Les soins seront donc assurés ».

Le Monde

Le quotidien du soir donne des précisions : « Près de 1200 médecins hospitaliers, dont 600 chefs de service et 470 responsables d’unités, ont officiellement annoncé, mardi 14 janvier, lors d’une conférence de presse, leur démission de leurs fonctions d’administration, de gestion et de représentation, en l’absence de négociation avec le gouvernement sur les moyens de l’hôpital public. Dans certains établissements, le mouvement est massif : à Marseille, par exemple, une cinquantaine de chefs de service participent à l’opération. Ils sont dix-neuf à Limoges, quinze à Nantes… Dans une lettre adressée à la ministre de la santé, Agnès Buzyn, et publiée par Libération, les médecins démissionnaires font part de leur ̎ profonde déception face à l’insuffisance du plan d’urgence ̎ annoncé le 20 novembre 2019. Selon leurs calculs, il manque 600 millions d’euros aux 200 millions supplémentaires débloqués pour 2020 par le gouvernement en faveur de l’hôpital public ».

L’Humanité

Les raisons de la colère : « …plus de 1200 médecins, chefs de service hospitaliers ont décidé, eux aussi, de remiser symboliquement leurs blouses blanches pour dénoncer l’asphyxie de l’hôpital public. Un étranglement financier dont la cause est bien connue : l’austérité imposée via l’Ondam (Objectif national de dépenses d’assurance-maladie), sorte de budget de la santé, dont la progression, chaque année, depuis dix ans, est deux fois inférieure à l’évolution des besoins. Résultat : 8,5 milliards d’euros d’économie sur cette période, soit 800 millions par an, qui ̎ remettent en cause la qualité des soins et menacent la sécurité des patients ̎, alertent les professionnels ». Qu’on ne s’y trompe pas, c’est notre santé et donc nos vies qui sont en jeu.

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