Nucléaire : les agents EDF en grève pour défendre Fessenheim

Emploi et Salaires par Valérie Forgeront

Rassemblement du 14 septembre 2016 à Levallois Peret (92). Photo : F. Blanc - CC BY-NC 2.0

En parallèle de la grève ce 14 septembre à l’appel de quatre syndicats dont FO, un rassemblement avait lieu devant le siège d’EDF à Levallois-Perret près de Paris où se tenait un comité central d’établissement. Plusieurs centaines d’agents dont la plupart venus de Fessenheim (Haut-Rhin) ont manifesté leur opposition à l’arrêt en 2018 de la production de la centrale nucléaire.

Les quatre syndicats d’EDF dont FO appelaient ce 14 septembre à une grève et à un rassemblement dans l’après-midi devant le siège de l’entreprise à Levallois-Perret. Objectif des agents : réitérer leur opposition à la fermeture en 2018 de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin).

Ce même jour se tenait un comité central d’établissement (CCE) consacré à ce dossier au siège d’EDF. Plusieurs centaines d’agents dont beaucoup venus de Fessenheim se sont rassemblés devant le bâtiment.

Lors de ce CCE et avant de quitter la séance, les syndicats ont demandé -à travers l’adoption à l’unanimité d’une résolution- que soit réalisée une expertise.

Celle-ci étudiera notamment les aspects de la politique stratégique menée pour Fessenheim ou encore les aspects économiques, financiers et sociaux du site.

Les syndicats ont demandé par ailleurs à la direction de reporter l’étude du dossier de fermeture de la centrale le temps que se réalise cette expertise.

En 2012, l’exécutif a annoncé le projet de stopper la production de la centrale nucléaire mise en service en 1977. Malgré de multiples actions syndicales (manifestations, recours devant le conseil d’État…), l’État a maintenu son projet.

La production serait ainsi stoppée en 2018. Suivrait alors un long processus de démantèlement de la centrale qui durerait une vingtaine d’années.

Un accord qui nie le préjudice d’EDF

Le 24 août dernier un accord entre l’État et EDF et portant sur l’indemnisation de l’établissement public pour la fermeture prochaine de Fessenheim est d’ores et déjà intervenu.

L’État (actionnaire à 80% dans le capital d’EDF) versera 100 millions à EDF en 2017 et 300 millions en 2018. Or, un récent rapport parlementaire évalue le « préjudice d’EDF » à quatre milliards. « Les sommes annoncées dans l’accord État-EDF sont ridicules ! » s’indigne Serge Gianorsi, le délégué syndical central FO d’EDF.

Le militant s’exaspère par ailleurs de l’empressement de l’État à liquider Fessenheim. « Le décret actant l’arrêt prochain de la centrale pourrait être publié dès ce mois de décembre » s’inquiète Serge Gianorsi. Mais pour l’instant insiste-t-il « toute l’action syndicale doit viser à combattre la fermeture de la centrale ».

Autant dire en effet que la possible fermeture de Fessenheim et ses conséquences font bondir les agents. Fermer ce site serait un « non-sens économique, social et industriel » indique Serge Gianorsi.

La centrale emploie actuellement 700 agents. Son activité alimente aussi l’existence de 2 200 emplois indirects.

« Socialement incompréhensible ! »

Alors que l’État manifeste son intention de « tout faire » pour sauver le site Alstom de Belfort et donc ses emplois, « comment ne pas s’étonner de sa volonté de fermer Fessenheim ! Vu le nombre d’emplois indirects impactés par l’activité du site nucléaire, sa fermeture serait socialement incompréhensible » estime Serge Gianorsi.

Pour FO, la fermeture de la centrale -souvent raillée pour son âge avancé- serait tout autant « absurde » au plan industriel. « Fessenheim vient d’être classée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) comme l’une des trois meilleures centrales françaises en matière de sûreté » indique la fédération FO de l’Energie et Mines (FNEM-FO).

Par ailleurs « la centrale a produit pour l’année 2015 plus d’électricité qu’elle n’en a jamais produite ». Fessenheim qui assure 3% de la production électrique française et 70% de la production alsacienne « est même la 3e centrale en termes de résultats » ajoute Serge Gianorsi.

Valérie Forgeront Journaliste à L’inFO militante

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