Orne : renforcer le développement pour porter haut les revendications

Congrès d’UD par Valérie Forgeront

Le 34e congrès de l’Union départementale FO (UD-FO) de l’Orne s’est tenu le 25 juin dernier à Alençon en présence de 150 délégués. Liza-France Paroisse a été réélue au mandat de secrétaire générale de l’UD-FO. Revendicatifs, les délégués ont appelé au respect du droit et de l’exercice syndical et ont fixé l’objectif d’un renforcement du développement de l’organisation dans le département.

Quelque cent-cinquante délégués (70 syndicats avec mandats délibératifs) étaient réunis le 25 juin dernier à Alençon pour le 34e congrès de l’Union départementale FO (UD-FO) de l’Orne. Placé sous la présidence de la secrétaire confédérale Roxanne Idoudi, le congrès a vu la réélection de Liza-France Paroisse au mandat, le sixième, de secrétaire générale de l’UD. La camarade n’a pu hélas participer au congrès, retenue par l’hospitalisation d’urgence d’un de ses proches. Elle était représentée par le secrétaire général adjoint, Frédéric Cochu.

Au cours de ce congrès, les rapports d’activité et financier concernant la dernière mandature ont été approuvés à l’unanimité ainsi que la résolution générale. Au cours de quatorze interventions à la tribune, les délégués ont évoqué la situation sociale nationale mais aussi bien sûr les difficultés au plan départemental. La situation de l’Orne, département rural, est assez compliquée en effet explique Liza-France Paroisse.

Au cours de ces trois dernières années « Notre département n’a pas été épargné : licenciements, chômage partiel, délocalisations, fermetures d’entreprises. Pas un secteur d’activité n’a été épargné. Sur les 285.000 habitants que compte l’Orne, 91.000 ont un emploi salarié dans le secteur privé, et 21.700 sont agents de la Fonction publique. Avec un taux de chômage à 8,5 %, le département compte 21.600 demandeurs d’emplois (toutes catégories confondues) dont 3.390 ont moins de 25 ans et 5.540 ont 50 ans et plus. On compte 6.000 bénéficiaires du RSA ».

Les emplois malmenés

La secrétaire générale pointe la mise en difficulté de centaines de salariés au plan de leurs emplois. « En 2017 et 2018, le département a été marqué par la disparition de nombre d’entreprises ». Ainsi, le site Amcor (emballages alimentaires/groupe australien) à Argentan a fermé ses portes et licencié 86 personnes. RPC Promens (transformation de plastique) à L’Aigle a fermé aussi, laissant 37 salariés sur le carreau. Ghizzo (construction/gros œuvre) à Argentan a procédé à 42 licenciements, Heller (jouets/maquettes) entreprise basée près d’Argentan et rachetée en 2016 par le groupe Maped a pratiquement cessé ses activités. Bilan 22 licenciements. La base logistique Intermarché ITM de Magny le Désert a quant à elle supprimé 139 emplois.

« Plus que jamais, les salariés voient leurs conditions de vie et de travail, leurs garanties sociales, leurs emplois, leur avenir même remis en cause » insiste Liza-France Paroisse listant toutes ces suppressions d’emplois, liste hélas non exhaustive. Et « depuis deux ans, le gouvernement Macron-Philippe s’attaque frontalement à l’ensemble des droits et acquis des travailleurs ».

Soulignant la colère des salariés, la secrétaire générale fustige l’attitude du gouvernement. Il « considère que le temps est venu de porter l’estocade, d’accélérer les réformes et de mettre à genoux les syndicats en exigeant qu’ils renoncent à défendre les intérêts des salariés, au nom d’un intérêt supérieur et d’une communauté de destins entre dirigeants et salariés. Nombreux sont ceux, dans le patronat, qui partagent cette conviction. Ceux-là encouragent Macron et son gouvernement à aller jusqu’au bout. Face à cette avalanche de contre-réformes, FO, conformément à ses résolutions et revendications, se positionne comme défenseur de notre modèle social et des droits collectifs ».

Le soutien au 21 septembre

Et les contre-réformes pleuvent. Il y a ainsi l’attaque sur les retraites par une réforme visant à « baisser les pensions, détruire les régimes existants, fragiliser les plus précaires… Le système par points est un piège, une vaste opération hypocrite de baisse généralisée des retraites. Si le gouvernement va au bout de sa logique, dans dix ou vingt ans, les pensions baisseront de 5 à 20 % » fulmine la militante. Dans sa résolution générale, le congrès qui « soutient la décision de la confédération d’appeler à une manifestation nationale à Paris le samedi 21 septembre (…) estime qu’une mobilisation plus importante devrait être à l’ordre du jour ».

Le gouvernement s’attaque aussi à la Fonction publique via notamment la loi de transformation adoptée cet été. « Le gouvernement a une volonté clairement affichée de détruire la Fonction publique ! » s’enflamme Liza-France Paroisse. Cela alors que « la fonction publique d’État a perdu 10% de ses effectifs depuis 2005 et que l’on recense aujourd’hui 185 000 contractuels en plus » sur les trois versants.

De bons scores aux élections

Plus largement souligne la militante « à FO, nous dénonçons et condamnons cette politique de destruction qui entraînera fatalement la désertification des zones rurales et exigeons l’arrêt immédiat de la destruction des Entreprises et des Services publics républicains ». La réforme de l’Assurance chômage constitue elle aussi une nouvelle attaque contre les travailleurs. « Cette réforme impose des économies sur les allocations des plus précaires et des plus fragiles » et par ailleurs, « tandis que les responsables de la crise se voient attribuer des milliards d’euros ou de dollars, rien n’est fait pour sauvegarder l’emploi et préserver le pouvoir d’achat des salariés, retraités et demandeurs d’emploi » s’indigne la secrétaire générale.

Malgré les difficultés sociales dans le département, le développement de FO est des plus dynamiques. « C’est près d’une vingtaine de nouvelles implantations FO qui ont été créées depuis notre dernier congrès, avec une augmentation de près de 15 % des timbres payés à l’UD » se réjouit Liza-France Paroisse. « Avec 14,61 % des voix, FO conserve sa 3e place dans l’Orne ».

A l’évidence, les salariés comprennent « l’importance de s’organiser collectivement pour défendre leurs droits et leurs acquis ». Au sein du secteur public, FO occupe une place de poids dans le département. FO reste avec 73,33% des voix la première organisation à la préfecture. FO (avec 42,40% des suffrages) est aussi en tête dans les hôpitaux du département. Au plan départemental encore, FO décroche la 2e position (avec près de 29%) dans la police, conserve sa 3e place à la territoriale, affiche sa 3e position à la poste avec une deuxième place au guichet (avec près de 32% des voix).

« Faire de notre UD un acteur social et syndical incontournable »

Si l’UD-FO se félicite de ces bons scores et du développement de l’organisation dans le secteur privé, reste qu’il y a « encore beaucoup de structures à créer dans les entreprises et les services publics du département où nous ne sommes pas encore présents, quel que soit le secteur d’activité. Nous avons également beaucoup de travail à effectuer dans nos syndicats existants en termes de syndicalisation » indique la secrétaire générale.

Le développement sera ainsi un des grands objectifs de cette nouvelle mandature. « Pour organiser le rapport de force indispensable pour être à la hauteur des attaques du patronat, du gouvernement et même de certains syndicats, il faut continuer à nous développer, renforcer notre organisation syndicale par la syndicalisation. (…) Il faut relancer les adhésions, conforter nos adhérents, développer nos implantations syndicales, créer des syndicats. Il faut faire de notre Union départementale un acteur social et syndical incontournable dans l’Orne » insiste Liza-France Paroisse invitant les militants FO du département à faire connaître les revendications de FO et, entre autres, à « convoquer des assemblées » dans les syndicats.

Valérie Forgeront Journaliste à FO Hebdo