Éditoriaux du Secrétaire général de FO

Pascal Pavageau : « Loi Pacte, le marché conclut ! »

, Pascal Pavageau

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Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Déréglementation, simplification et libéralisation sont les maître-mots du projet de loi Pacte, officialisé par le gouvernement le 18 juin dernier. Une orientation claire pour un texte fourre-tout : 71 mesures pour réjouir le patronat, que le gouvernement a choisi d’associer largement à leur élaboration, se dispensant par là même de toute concertation avec les organisations syndicales.

En somme, un pacte scellé avec les employeurs et sans les travailleurs, dont il résulte un nouveau détricotage des droits pour les salariés.

Exauçant une revendication portée de longue date par le Medef – ce que son nouveau président pourra apprécier dès son arrivée –, les seuils sociaux, vus comme des freins à l’emploi, sont relevés, « déchargeant » toujours davantage les entreprises des obligations qui sont les leurs, comme par exemple celle d’avoir un local syndical. Les exonérations de forfait social sont multipliées, accentuant le manque à gagner de recettes pour la Sécurité sociale. L’intéressement et la participation, dont sont exclus la majorité des salariés, sont préférés à une redistribution par le salaire. L’épargne retraite est encouragée et avec elle des garanties individuelles au détriment de garanties collectives, confirmant l’entreprise de démolition de nos régimes de retraite, charge à chacun de se constituer un supplément sous forme de rente. Il est d’ailleurs édifiant de prendre connaissance de ces éléments, déjà actés sans même avoir été discutés dans la concertation en cours liée à la réforme des retraites.

Comme le craignait Force Ouvrière, le projet de loi Pacte semble faire figure de « 7e ordonnance », au service d’une logique qui est toujours la même : faire primer le « tout-entreprise » selon la seule vision patronale et détruire les cadres collectifs pour toujours plus d’individualisation.

Cela conduit également à déréglementer sur des sujets sociaux majeurs en renvoyant à une hypothétique autorégulation des entreprises, renforçant ainsi les disparités dans le mépris le plus total de l’égalité de droits.

Preuve s’il le fallait encore que l’objectif affiché d’une meilleure prise en compte du social trouve entre les mains du gouvernement une traduction résolument bien restrictive. Force Ouvrière défend comme préalable indispensable un meilleur partage des richesses privilégiant, à la distribution de dividendes, les salaires puis l’investissement. Si l’entreprise doit être « libérée », c’est de l’emprise des actionnaires et des loups de la rentabilité ; si elle doit être « délivrée », c’est de la domination du capital.

Si elle doit être transformée, c’est pour redistribuer et redonner du sens social et de la valeur au travail.

A propos de cet article

Sur l’auteur

Pascal Pavageau

SECRETARIAT GENERAL


Marche générale de la Confédération Générale du Travail Force Ouvrière
Organisation dont les Outre-mer
Représentation de la Confédération et expression publique
Relations internationales
Responsable du dialogue social, des relations avec le personnel de la Confédération et des Ressources Humaines
Union Confédérale des Retraités (UCR)


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18 juillet 1863

Naissance de Georges Yvetot
Naissance de Georges Yvetot, syndicaliste révolutionnaire, une des figures représentatives de la confédération générale du travail, avant la première guerre mondiale. Ouvrier typographe, il milita d’abord dans le mouvement coopératif, puis sous l’influence de Pelloutier, il devient un des animateurs les (...)

Naissance de Georges Yvetot, syndicaliste révolutionnaire, une des figures représentatives de la confédération générale du travail, avant la première guerre mondiale. Ouvrier typographe, il milita d’abord dans le mouvement coopératif, puis sous l’influence de Pelloutier, il devient un des animateurs les plus passionnés et les plus résolus du syndicalisme libertaire. Après la mort de Fernand Pelloutier, il dirigea la Fédération des Bourses, dans la conception révolutionnaire de son maître. Dans ses articles virulents de La Voix du Peuple, et dans ses brochures, intitulées : L’ABC syndicaliste et Manuel du Soldat, Yvetot préconisa la grève générale t l’action directe pour une révolution sociale qui abolit radicalement la propriété individuelle et le système capitaliste de la production. Au Congrès de Bourges de 1904, il défendit l’indépendance syndicale et combattit la collaboration avec les partis politiques. Pour sa propagande antimilitariste acharnée et irréductible, il fut souvent poursuivi par les gouvernements et emprisonné à la Santé et à Clairvaux. Pour son intransigeance doctrinale et pour sa réputation de vouloir « mordre » ses ennemis, on l’avait surnommé le « bouledogue » de la CGT. Yvetot fut un exemple de courage, de désintéressement, de modestie et de loyauté et comme disait Marcel Sembat, lors d’un procès d’Yvetot à Nantes, lorsqu’il fut condamné à quatre ans de prison pour agitation antimilitariste, « c’est un militant ardent et sincère, d’une grande droiture d’âme, au langage vif et châtié ».