Congrès UD

Philippe Beaufort remplace Jean-Pierre Gilquin en Isère

, Valérie Forgeront

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Le XXXIe congrès des syndicats de l’Union départementale de l’Isère s’est tenu le 20 septembre à Saint-Etienne de Saint-Geoirs en présence de 250 délégués et sous la présidence du Secrétaire confédéral Serge Legagnoa. Emotion lors de Congrès puisque le Secrétaire général Jean-Pierre Gilquin quittait son mandat après vingt-cinq années passées à la tête de l’UD FO. Elu à l’unanimité, Philippe Beaufort est le nouveau Secrétaire général de l’UD FO de l’Isère.

Quelque 250 délégués représentant 90 syndicats (issus de toutes les fédérations FO) se sont réunis le 20 septembre dernier à Saint-Etienne de Saint-Geoirs pour le XXXIe Congrès des syndicats de l’Union départementale Force Ouvrière de l’Isère.

Présidé par le Secrétaire confédéral Serge Legagnoa (département de la protection sociale collective), le Congrès a vu l’élection –à l’unanimité– d’un nouveau Secrétaire général de l’UD FO. Philippe Beaufort, 50 ans, fonctionnaire au rectorat de Grenoble et Secrétaire général du Syndicat national FO des personnels administratifs des services extérieurs de l’Education nationale (SPASEEN-FO) remplace Jean-Pierre Gilquin lequel sera bientôt en retraite.

Séquence émotion au cours de ce congrès en forme de passage de témoin. Jean-Pierre Gilquin, issu du secteur professionnel de la métallurgie, a passé en effet vingt-cinq ans à la tête de l’Union départementale FO, effectuant huit mandats en tant que Secrétaire général… Autant dire une page importante de l’histoire de l’UD FO. L’action syndicale de l’Union départementale continue bien sûr. Plus que jamais pourrait-on dire.

Objectif : le développement des implantations FO

L’UD c’est un centre névralgique de l’organisation FO, c’est le terrain de la proximité, du travail interprofessionnel que les militants réalisent, ensemble indique Philippe Beaufort pour qui le développement de la présence et de la représentativité FO en Isère va être un axe de travail essentiel pour cette nouvelle mandature.

Ce développement passera par un renforcement du travail avec les fédérations insiste-t-il. Par ailleurs le rôle des quatre unions locales devra être renforcé. Il faut qu’elles deviennent de vrais relais de l’UD souligne le nouveau Secrétaire général pour qui par ailleurs il faut donner encore davantage envie aux syndicats de venir à l’UD.

Une centaine de syndicats FO existent en Isère, département vaste et parfois compliqué au plan des transports. Entre le nord et le sud, on compte environ 200 km indique Philippe Beaufort. Le département peut paraître compliqué aussi à appréhender par les caractéristiques d’activités de ses différentes zones géographiques. Zones rurales, certaines montagneuses, grande zone grenobloise où sont installés des sites industriels importants, zone en devenir au plan industriel près de Lyon… Au plan de l’activité et des emplois, l’Isère affiche un paysage très varié.

Des remontées mécaniques aux nanotechnologies

Le département compte aussi bien les salariés saisonniers -précaires- des remontées mécaniques dans les zones de montagnes que ceux des PME dans les campagnes, les salariés –notamment cadres– au sein du CEA (centre d’énergie atomique), les personnels du CNRS ou encore les salariés travaillant sur les sites grenoblois spécialisés dans les nanotechnologies, les salariés de sites chimiques, ceux des équipementiers tel Valeo où FO est très bien implantée, les salariés de Caterpillar où FO est majoritaire… On compte quatre grandes entreprises employant entre 1 000 et 2 000 salariés indique Philippe Beaufort relevant qu’il y a un gros travail à faire pour créer de nouvelles implantations FO particulièrement chez les cadres dans le secteur des nouvelles technologies notamment.

Quoi qu’il en soit insiste le Secrétaire général de l’UD FO, dans ce département ou le taux de chômage se situe plutôt sous la moyenne nationale, les salariés, dont ceux des grandes entreprises, ont de plus en plus de difficultés dans le cadre de leurs emplois : conflits sur les salaires, non-respect des conventions collectives par les employeurs… Beaucoup y compris des non syndiqués viennent nous voir à l’UD pour obtenir des renseignements sur le droit du travail.

FO : un poids conséquent dans le département

Dans le département, la représentativité de FO est importante. L’organisation occupe la troisième position dans le secteur privé et tient la première place au sein de la branche État de la fonction publique. Dans le secteur public, FO est particulièrement bien implantée à la préfecture, dans le secteur de la Police ou encore au Rectorat et à l’Inspection académique. Dans ces deux derniers services, FO tient la position de leader. Dans le secteur public encore, FO est majoritaire à l’hôpital de Bourgoin-Jallieu, le plus gros employeur du département. L’organisation est très bien implantée aussi à l’hôpital de Grenoble. Au plan de la branche territoriale, FO affiche aussi une implantation solide à la mairie de Grenoble ainsi qu’à la métropole.

Qu’ils soient issus du secteur public ou du privé, les délégués ont fustigé les attaques que subissent actuellement les salariés via notamment les contre-réformes voulues par le gouvernement.

Au fil de dix neuf interventions ce qui est inédit se réjouit Philippe Beaufort, les délégués FO ont stigmatisé les effets de l’austérité sur les salaires et les structures syndicales. Pour le nouveau Secrétaire général le constat est le même partout : des situations de plus en plus difficiles et des conditions de travail en dégradation continue, qui concernent toutes les catégories de personnels, des suppressions de postes massives, de fermeture de boîtes, des menaces sur l’emploi. Une remise en cause générale des droits et de nos acquis.

Un congrès, des revendications…

À la tribune du congrès les délégués ont ainsi évoqué les effets désastreux des ordonnances Macron sur le Code du Travail, notamment les conséquences de la création des CSE par fusion des IRP et qui menacent l’existence même de mandats syndicaux. Ils ont fustigé aussi l’attaque des statuts des fonctionnaires et la nécessité d’améliorer encore la représentativité de l’organisation FO à l’occasion des élections du 6 décembre prochain dans la fonction publique. Fustigé encore la suppression massive de postes d’agents, les mesures de la loi Pacte au service des entreprises mais pas des travailleurs. Ils ont relevé les inquiétudes face à l’Assurance chômage ou encore face à la réforme des retraites. Le pouvoir d’achat des plus modestes mis à mal par le gel de prestations sociales était aussi au cœur des débats de même que les projets de loi de finances 2019 et de loi de finances sur la sécurité sociale qui optent une fois de plus pour la réduction drastique des dépenses publiques et visent à imposer au secteur de la protection sociale une réduction des dépenses de 30 milliards sur cinq ans…

Nos revendications portent et doivent continuer à porter sur l’amélioration de nos conditions de travail, de nos salaires, pour l’égalité de droit et les cadres collectifs conventionnels et statutaires. Nous devons lutter contre cette déprotection généralisée, contre cette logique d’individualisation a souligné Philippe Beaufort devant le Congrès.

Dans la résolution générale adoptée à l’unanimité, les congressistes ont ainsi réaffirmé la revendication de retrait des ordonnances Macron-Pénicaud exprimée lors des journées de grèves et de manifestations auxquelles l’UD FO 38 a appelé. Ils ont exigé l’abrogation de la loi El Khomri, passée en force à grands coups de 49.3, dénoncé l’inversion de la hiérarchie des normes, remettant en cause les conventions collectives dénoncé aussi les réductions importantes des droits et des moyens des représentants du personnel avec la mise en place du Comité Social Économique (CSE) et exigé le retour à des instances représentatives du personnel séparées : CE, DP, CHSCT.

La construction de la mobilisation passe par le 9 octobre

Les délégués FO ont aussi inscrit dans la résolution générale du Congrès un appel aux « travailleurs salariés, actifs, retraités et chômeurs, à rejoindre le syndicalisme libre et indépendant que perpétue et représente Force Ouvrière, en amplifiant son développement par la création de nouvelles implantations syndicales. »

Les délégués ont tenu à souligner encore que ce XXXIe congrès de l’UD-FO de l’Isère « s’inscrit pleinement dans la déclaration de la Commission exécutive confédérale du 6 septembre 2018 qui appelle l’ensemble des structures et adhérents Force Ouvrière à se mobiliser dès à présent pour organiser, dans l’unité d’action la plus large possible auprès de toutes les organisations syndicales et de jeunesse, la journée de mobilisation interprofessionnelle, étudiante et lycéenne du 9 octobre 2018 y compris par la grève. Force Ouvrière invite les actifs, les demandeurs d’emploi et les retraités à faire du 9 octobre une date clé de l’ensemble des combats en cours, dans le privé et le public, pour ainsi construire une mobilisation interprofessionnelle d’envergure permettant de contrer collectivement les attaques et destructions ».