Congrès de Fédération

Philippe Charry, nouveau secrétaire général de FO Com : « La seule issue est de défendre le service public et de le rétablir là où il a disparu »

, Evelyne Salamero

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Philippe Charry, nouveau secrétaire général de FO Com.

FO hebdo : tu viens d’être élu Secrétaire Général de la Fédération FO Com. Peux-tu te présenter et rappeler ton parcours syndical ?
Philippe Charry : Je suis syndiqué depuis mon entrée aux PTT en 1978, je suis issu du terrain. Mon arrivée à la Fédération en 2010 m’a permis de me familiariser avec les négociations et les grands dossiers en particulier à travers le mandat que m’a confié la Confédération au Comité Stratégique de la Filière Numérique. Jusqu’à présent j’étais délégué syndical central FO Com à Orange et j’ai été confronté à la crise sociale et ses conséquences ainsi qu’aux difficultés économiques du secteur des télécommunications.

FO Hebdo : Quels sont les principaux défis à relever pour les trois prochaines années ?
Philippe Charry : Nous devons faire face à de nombreuses suppressions d’emplois. La Poste et ses filiales, les entreprises de télécommunications se restructurent à un rythme effréné. Notre responsabilité est de maintenir notre capacité à défendre les personnels, leurs conditions de travail et leur pouvoir d’achat dans de telles conditions. Le développement des adhésions, la sélection de nouveaux responsables pour remplacer ceux qui partent massivement en retraite, sont les conditions pour y parvenir.

FO Hebdo : Face aux importantes mutations de la Poste et des télécommunications, comment se positionne la Fédération ?
Philippe Charry : Pour sortir de cette spirale infernale, il faut d’abord rappeler chacun à ses responsabilités. L’introduction d’une concurrence exacerbée et la logique de privatisation voulue par l’Union Européenne conduisent à une mutation de nos entreprises vers le low cost. Les salariés de La Poste, de ses filiales, d’Orange, de Bouygues, de SFR, de Free, etc, en payent le prix fort. La seule issue est de défendre le service public et de le rétablir là où il a disparu. L’État ne doit pas se désengager comme il envisage de le faire. Il doit au contraire réaffirmer et soutenir les missions de service public de La Poste et d’Orange. Ainsi l’emploi, les conditions de travail et l’investissement pourront être améliorés.