Place à la hausse des salaires et à l’amélioration de nos droits !

InFO militante par  Valérie Forgeront, L’Info Militante

Pascal SITTLER/REA

Pour FO, la hausse des salaires c’est maintenant, tout comme une vraie revalorisation des retraites, minima sociaux et prestations sociales. Car le projet du gouvernement sur le pouvoir d’achat « n’est pas à la mesure des attentes, ni des enjeux », analyse FO, pointant la poursuite de la politique des primes et de la câlinothérapie vis-à-vis du patronat. Si celui-ci affiche un retour de flamme pour le cadre de la négociation collective, les salariés le pressent de négocier des hausses salariales à la hauteur des besoins, d’autant plus face à l’inflation. Alors que débute la période estivale sur fond de dépenses qu’ils doivent drastiquement réduire, les travailleurs, avec FO, disent aussi leur refus de tout projet qui attaquerait leurs droits, tel celui d’un allongement de l’âge légal de départ en retraite.

Pouvoir d’achat : un projet ni à la mesure des attentes ni des enjeux

Le projet de loi sur le pouvoir d’achat applique la politique du chèque, contourne soigneusement l’augmentation des salaires et n’est ni à la mesure des attentes, ni des enjeux, déplore le secrétaire général de la confédération, Frédéric Souillot. Au-delà des revalorisations proposées (prestations familiales, minima sociaux, retraite de base, point d’indice), mais en deçà de l’inflation (5,8 % sur un an), le projet crée ou étend des mesures de chèques et primes. Telle l’indemnité carburant de 100 à 300 euros, conditionnée aux ressources et aux kilomètres parcourus, tandis que la remise, pour tous, sur le carburant prendra fin en décembre. Tel encore le chèque alimentaire de 100 euros (+ 50 euros par enfant) pour les ménages modestes, 8 millions seraient concernés.

Vers un nouveau cadeau au patronat ?

Créée en 2016, la prime d’activité serait, elle, revalorisée de 4 %. Elle est perçue par près de 6 millions de personnes dont des Smicards à temps partiel. Cette prime (au montant moyen de 185 euros) est comme un assentiment aux bas salaires puisque l’État, plutôt que de décider une hausse du Smic, finance une sorte de complément, sur son budget, donc par l’impôt des contribuables, salariés notamment. Pour la confédération, cette prime ne donne pas accès à un contrat de travail de qualité et pérenne et peut être une trappe à pauvreté. Et elle ne favorise pas l’ouverture de négociations dans les branches.

Pour le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, le plan sur le pouvoir d’achat vise cependant à mieux rémunérer ceux qui travaillent. Il se dit ouvert à un élargissement du dispositif de défiscalisation des heures supplémentaires (créé en 2007). Une demande de longue date du patronat...

Comptes publics : des revalorisations salariales bien utiles

Le projet de loi sur le pouvoir d’achat, dont les mesures, pour 20 milliards d’euros, sont inscrites dans le projet de loi de finances rectificative, sera débattu à partir du 18 juin à l’Assemblée. D’ores et déjà, le Haut conseil aux finances publiques doute de la prévision de croissance qui le soutient, soit 2,5 %. Pour le gouvernement, ce plan (pour les particuliers et les entreprises) boostera de 3 points la consommation des ménages, laquelle augmenterait de 0,5 % sur 2022. Le Haut conseil la prévoit en baisse. Malgré son léger rebond, 0,7 % en mai, la consommation a reculé les cinq mois précédents et les dépenses de consommation ont baissé de 2,1 % sur un an. L’Insee de son côté estime, pour l’instant, que le pouvoir d’achat reculera, en moyenne, de 1 % sur l’année.

Huit milliards d’euros de recettes supplémentaires...

Le Haut conseil ainsi que la Cour des comptes tiquent aussi sur la prévision d’un déficit public contenu à 5 % du PIB sur 2022, tandis que le gouvernement compte déjà qu’il passe sous le seuil des 3 % en 2027. Inscrite dans le PLFR, la hausse des recettes révèle un dynamisme depuis 2022, note la Cour. Cette année, les prélèvements obligatoires seraient supérieurs de plus de 20 milliards d’euros à ce qui était attendu. Plus largement, elle remarque une masse salariale soutenue par le dynamisme de l’emploi, et que les demandes de revalorisation salariale se renforcent sous l’effet de l’inflation. Conclusion : Ce surcroît de masse salariale de plus de deux points entraînerait environ 8 milliards d’euros de recettes supplémentaires en cotisations sociales, prélèvements sociaux et impôts sur le revenu. L’emploi et les hausses de salaires soutiennent la santé des comptes publics, donc. FO le répète régulièrement...

 Valérie Forgeront Journaliste à L’inFO militante

L’Info Militante

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