Communiqué de FO

Plan d’investissement dans les compétences : Un tour de passe-passe budgétaire habile, mais non créateur d’emplois

, Michel Beaugas

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Le gouvernement a présenté, le 25 septembre, son plan d’investissement dans les compétences (PIC) consistant en l’affectation de 14,6 milliards d’euros, sur 5 ans, dans la formation et l’accompagnement des demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés et des jeunes en situation de décrochage scolaire principalement.
 
La somme allouée à ces actions est certes conséquente, mais pour FO, celle-ci s’apparente davantage à une redistribution budgétaire qu’à un véritable investissement : en effet, si l’État entend bien « investir », il appelle surtout les interlocuteurs sociaux et les entreprises à y contribuer largement.
 
Si FO s’accorde à dire que la formation est nécessaire pour adapter les compétences des personnes, notamment aux évolutions numériques, en vue d’une accession ou d’un retour vers un emploi pérenne et de qualité, elle regrette que le gouvernement se focalise uniquement sur la formation des demandeurs d’emploi et des jeunes en situation de décrochage scolaire, sans même prendre la peine de rechercher la responsabilité de l’Education nationale. Pour y remédier, FO réclame qu’un travail préventif et collectif, impliquant notamment les organisations syndicales, soit organisé sur le thème du décrochage scolaire. De même, FO demande que les effets du Plan 500 000 formations supplémentaires pour les demandeurs d’emploi soient enfin évalués en termes de retour à l’emploi, car si la formation est un outil merveilleux pour édifier une société de compétences, comme l’appelle de ses vœux le gouvernement, force est de constater qu’elle ne crée pas d’emplois.
 
Enfin, il est proposé que chaque axe du « Grand » plan d’investissement soit pris en charge par un comité de pilotage placé auprès du ministre. Si la composition de ce comité de pilotage reste floue, il y a fort à parier que les organisations syndicales n’y seront pas associées, et qu’elles ne seront que réunies « de façon périodique » au sein d’une « instance de dialogue » pour veiller à l’accessibilité et à la qualité de l’information sur les résultats du plan d’investissement !
 
Ce plan exceptionnel d’investissement a donc vocation à soutenir les réformes qu’a décidé d’engager le gouvernement : assurance chômage, formation professionnelle, apprentissage… alors même que celles-ci ne sont pas encore faites : ni concertation, ni négociation n’ont encore été ouvertes.

FO reste vigilante et y prendra toute la part qui lui revient.
 

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Michel Beaugas

Secrétaire confédéral - Secteur Emploi - Chômage - Formation


Emploi - Assurance chômage - Formation professionnelle - Travail Temporaire


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Éphéméride

13 décembre 1980

État de guerre en Pologne
Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste. Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en (...)

Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste.

Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en 1970, lorsque, à Szczecin la grève paralyse les chantiers navals et qu’un comité de grève est élu démocratiquement avec à sa tête Edmund Baluka.

En juillet 1980, des grèves éclatent dans tout le pays suite à l’augmentation de 100% du prix de la viande. Mais l’étincelle vient d’un fait beaucoup plus mineur. Le 13 août, Anna Walentynowicz, une syndicaliste est licenciée des chantiers navals Lénine de Gdansk. Le lendemain, les 16.000 ouvriers débrayent, demandant la réintégration de l’ouvrière et une augmentation de 130 francs par mois.

Le 16 août, tous les ports de la Baltique sont touchés et un comité de grève interentreprises (MKS) est fondé. Les transports en commun entrent à leur tour dans la danse. Le patron du parti communiste polonais, Edward Gierek, annonce le 20 août quelques « réformettes » économiques et en même temps fait arrêter une vingtaine de dissidents. La grève générale touche alors tout le pays. Affolé, le pouvoir négocie avec le leader du MKS, un électromécanicien de 37 ans ayant déjà fait ses classes dans les grèves de 1970 : Lech Walesa, renvoyé en janvier 1980 pour fait de grève.

Débordé, le gouvernement cède. Les fameux accords de Gdansk sont signés le 31 août. Pour la première fois dans le bloc communiste, des syndicats indépendants sont reconnus. Solidarnosc, Solidarité rurale et l’Association indépendante des étudiants compteront dix millions d’adhérents à la fin de l’année.Face à ce raz-de-marée, Edward Gierek passe à la trappe en septembre et le général Jaruzelski devient Premier ministre en février 1981. Moscou, à l’époque d’un brejnévisme vieillissant, mise sur ce général aux lunettes noires et fait parvenir le 4 mars à Varsovie le message suivant :« Il faut renverser le cours des événements ».

Le premier congrès de Solidarnosc, réuni à Gdansk, du 5 au 10 septembre et du 26 septembre au 7 octobre, exige des élections libres. L’agence soviétique Tass parle alors« d’orgie anti-soviétique ». Jaruzelski confirme sa position en prenant la tête du parti le 2 octobre. Contrairement à ce qu’il racontera ensuite pour se dédouaner, Jaruzelski déclare l’état de guerre, sur ordre de Moscou, le 13 décembre 1981. Solidarnosc est décapité ; Walesa est en résidence surveillée puis en prison. Les communistes pensent avoir remporté la partie. Erreur, une direction clandestine, la TKK, est mise sur pied et organise efficacement une société parallèle bénéficiant de l’aide des syndicats libres de l’occident dont FO, qui d’ailleurs portera plainte auprès du Bureau international du travail contre l’interdiction officielle de Solidarnosc en octobre 1982.

L’avènement du gorbatchévisme, la pression américaine et l’exceptionnelle résistancede la population obligent legénéral Jaruzelski à composer. Entre février et avril 1989, une table ronde réunit pouvoir et opposition. Aux élections semi-libres de juin, Solidarnosc obtient 161 sièges à la Diète. Peu après, le symbole de Gdansk, Lech Walesa, est élu président de la République. Mais alors commence une autre histoire...