Plan de relance pour les jeunes : FO pour une réelle politique de l’emploi

Article inFO militante par Michel Pourcelot, journaliste L’inFO militante

Marta NASCIMENTO/REA

Face aux conséquences de la crise sanitaire pour les jeunes, le gouvernement a annoncé principalement des mesures d’exonérations de cotisations sociales. Un cataplasme à effets secondaires pour FO qui réclame une réelle politique de l’emploi.

Priorité des priorités pour le ministre de l’économie, les mesures visant à faciliter l’emploi des jeunes dans le cadre du plan de relance post-Covid 19 ont été présentées par le chef du gouvernement le 15 juillet, au lendemain de leur annonce présidentielle. Outre le repas universitaire à 1 euro pour les boursiers, le Premier ministre a annoncé la mise en place pour les jeunes actifs d’un dispositif exceptionnel de réduction du coût du travail à hauteur de 4 000 euros par an dans toutes les entreprises et 300 000 parcours et contrats d’insertion.

Sous la dramatisation, la baisse des cotisations sociales

Le gouvernement a parlé de milliards mobilisés face au tsunami annoncé de jeunes entrants sur le marché du travail, soit quelque 700 000, une génération sacrifiée qu’il faut sauver, selon les mots du chef de l’État. Une dramatisation qui permet de sortir une nouvelle fois l’outil favori des derniers gouvernements : l’exonération de cotisations sociales, facteur de baisse du coût du travail.

Sur le principe d’aider les jeunes, nous ne sommes bien sûr pas opposés a commenté le secrétaire confédéral chargé du secteur de l’Emploi Michel Beaugas. Mais il y a là une aubaine pour agir sur le coût du travail, et répondre ainsi à l’antienne patronale qui considère uniquement celui-ci sous l’angle de la baisse des cotisations sociales. Avec pour effet d’affecter un peu plus la protection sociale, l’État compensant de moins en moins les baisses.

Faut-il encore qu’il y ait de l’emploi !

D’autre part, pour Michel Beaugas, ces chiffres sont un peu un leurre au moment où licenciements et plans sociaux déclinent leurs tristes litanies. L’Unedic estime que le nombre d’emplois détruits atteindra les 900 000 fin 2020 par rapport au 4e trimestre 2019. Bref, faut-il encore qu’il y ait de l’emploi !. C’est peu ou prou ce que disait le patron du Medef, le 15 juillet : La première chose que va faire un chef d’entreprise (…) c’est de ne pas embaucher. Pour lui, c’est très clairement le retour des emplois aidés et de leur risque, soit qu’à la fin du contrat le jeune ne trouve pas d’emploi. Si choix il y a, celui d’un chef d’entreprise sera vite fait : entre un salarié âgé et un jeune, d’autant plus s’il est en apprentissage. Muriel Pénicaud, alors ministre du Travail, évoquait même, début juin dernier, un coût quasi nul pour la première année.

Un problème plus complexe, selon FO

Plutôt qu’une politique par à-coups, uniquement réparatrice, il faut se demander pourquoi les entreprises n’embauchent pas en France, interroge Michel Beaugas. Pourquoi les compétences ne sont pas là. Les métiers en tension sont ceux qui sont très mal payés ou pour lesquels il n’existe plus de formation dans notre pays. Le problème de l’emploi est plus complexe et ne sera pas solutionné avec des rustines. Selon le secrétaire confédéral, il ne faut pas croire que les entreprises soient seules responsables. Il y a un problème en amont, du côté d’une Education nationale qui n’a plus les moyens. En témoigne le nombre croissant de NEET (not in employment, education or training), ces jeunes de 15 à 24 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation…

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