Communiqué de FO

Plan interministériel en faveur de l’égalité professionnelle : des engagements intéressants… mais à tenir !

, Anne Baltazar, Secteur Égalité professionnelle

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À l’occasion d’une semaine intitulée « semaine de l’égalité professionnelle », le gouvernement a lancé, le 5 octobre dernier, un plan interministériel en faveur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes de 2016 à 2020.

Présenté comme s’inscrivant dans la continuité des grandes avancées en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes au travail, FO regrette que ce plan n’aborde pas les effets nocifs des lois « Rebsamen » et « Travail » en matière de négociation de l’égalité professionnelle.

FO se félicite de la reprise partielle dans ce plan de sa revendication consistant à destiner le produit des pénalités à des mesures servant l’amélioration de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. En effet, le plan prévoit de destiner le produit des sanctions financières dans le secteur public au financement d’actions de formation et de sensibilisation à l’égalité professionnelle. Pour FO, il reste un pas à faire, cette mesure doit être appliquée dans le secteur privé.

Enfin, les engagements conformes aux revendications de FO ne devront pas rester lettre morte. Les moyens promis devront être alloués et les actions promises réellement effectuées. Par exemple, l’engagement de renforcer le dispositif de contrôle des accords relatifs à l’égalité professionnelle est une mesure importante qui s’est fait attendre.

Pour rappel, au 15 juin 2016, seulement 38,6% des entreprises assujetties étaient couvertes par un accord d’entreprise ou un plan d’action (moins favorable) en matière d’égalité professionnelle. Or, seulement 106 entreprises ont été sanctionnées à la suite de mises en demeure. Cela démontre un réel besoin de moyens supplémentaires en faveur de l’inspection du travail.

L’égalité professionnelle devant être respectée toute l’année, FO maintient ses revendications, dont la première d’entre elles est l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, et veillera à la tenue des engagements qui y sont conformes.

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Anne Baltazar

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19 janvier 1949

Crise à la Fédération syndicale mondiale
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le mouvement syndical mondial ressent le besoin de fonder une organisation internationale, la Fédération Syndicale Mondiale (FSM). Mais cette organisation unie ne survivra pas à la guerre froide. Face au noyautage communiste, de nombreux syndicats décident de (...)

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le mouvement syndical mondial ressent le besoin de fonder une organisation internationale, la Fédération Syndicale Mondiale (FSM). Mais cette organisation unie ne survivra pas à la guerre froide. Face au noyautage communiste, de nombreux syndicats décident de créer la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL).

Le 24 octobre 1945, la FSM est fondée à Paris sous l’impulsion des Trade Unions britanniques, du Congress of Industrial Organizations (CIO) américain et des syndicats soviétiques. Son premier président en est l’ancien confédéré Louis Saillant, qui anime une tendance"centriste"entre Jouhaux et Frachon dans la CGT en 1946-1949. La FSM réunit la vieille Internationale d’Amsterdam créée en 1901 et l’Internationale Syndicale Rouge, fondéeà Moscou en 1921.
Nous sommes encore dans l’atmosphère de l’entente entre alliés, vainqueurs des nazis. La FSM obtient donc un droit consultatif au sein du comité permanent du conseil économique et social de l’ONU. Dès 1946, avec les prodromes de la Guerre froide, trois tendances se dessinent au sein de la FSM : les communistes (syndicats russes, syndicats des pays en voie de satellisation et la majorité de la CGT), les travaillistes (syndicats anglais, scandinaves, suisses et du Bénélux) et un centre (le CIO américain, la minorité de la CGT, la CGT italienne et le CHU chinois). Dès le 1er février 1947, le leader de l’American Federation of Labor (AFL), Matthew Woll, déclare que la FSM est la nouvelle forme du Komintern.
Le 11 mars 1947, le président américain Truman annonce sa doctrine visant à combattre l’expansionnisme soviétique. Deux mois plus tard, les ministres communistes sont renvoyés du gouvernement français. Le 5 juin suivant, les Américains lancent le plan Marshall visant à reconstruire l’Europe par une aide massive. Le 29, Staline refuse cette aide. Les communistes du monde entier doivent lui emboîter le pas. Les dirigeants polonais, tchèques, roumains et bulgares le regrettent mais sont obligés d’obéir. Les communistes français de la CGT n’ont pas ces états d’âme. Au comité confédéral du 12-13 novembre 1947, ils refusent catégoriquement le plan Marshall.
Un mois plus tôt le Komintern renaissait sous le nom de Kominform. En revanche, la minorité de la CGT est pour le plan Marshall. Le journal Force Ouvrière écrit le 3 juillet 1947 : « Dans les pays qu’ils gouvernent par l’intermédiaire des communistes, les Russes s’efforcent de supprimer toute liberté d’opinion, d’empêcher les contacts avec l’Europe occidentale... Ainsi la Russie refuse le plan Marshall ». Quant à Léon Jouhaux, il écrit le 24 juillet : « Le plan Marshall peut offrir une base positive à la reconstruction d’une Europe unie. »
En mars 1948, les antisoviétiques de la FSM constituent le Comité Consultatif Syndical International (CCSI), qui prépare la construction d’une nouvelle internationale indépendante des communistes. Le 19 janvier 1949, Anglais, Américains et Hollandais quittent la FSM. En juin le CCSI décide de former une nouvelle organisation. Les Américains de l’AFL et du CIO acceptent d’en faire partie. La CISL naît donc le 7 décembre 1949, avec comme vice-président Léon Jouhaux, 46 millions d’adhérents et comme slogan : « Ni Staline, ni Standard Oil ».