Plans (pas très) sociaux en cascade dans la logistique

Emploi par Françoise Lambert

Le transporteur Gefco a annoncé la suppression de 480 postes, soit 10 % de ses effectifs. © Wilfried MAISY / REA

Plus de 3 000 suppressions de postes ont été annoncées dans le secteur de la logistique. À l’origine de l’hécatombe, le dumping social ou la concurrence exacerbée.

Intermarché, Gefco, MoryGlobal : c’est l’hécatombe dans le secteur logistique de la grande distribution et du transport de marchandises, où plus de 3 000 suppressions d’emplois sont envisagées ou en cours depuis environ un mois. Après MoryGlobal, dont le placement en redressement judiciaire fin mars a entraîné le licenciement de ses 2 150 salariés, le transporteur Gefco a annoncé le 15 avril 480 suppressions de postes, soit 10 % des effectifs. « Le plan est lié à la baisse des volumes chez PSA, principal client du groupe », indique Patrice Clos, Secrétaire général de la Fédération FO Transports et délégué FO chez Gefco. Le transporteur subit en outre les conséquences du « dumping social » pratiqué par les entreprises de transport routier d’Europe de l’Est et il est aussi touché par une « guerre des prix » qui sévit dans le secteur du transport de colis.

Guerre des prix

Dans la grande distribution, la concurrence exacerbée est aussi à l’origine de réorganisations touchant les emplois. La filiale logistique du groupe de distribution Intermarché pourrait ainsi supprimer au moins 600 emplois et fermer six de ses trente-huit bases d’ici à 2018. « Le maillage logistique de l’ensemble de la distribution va être bouleversé, nous craignons la suppression d’un nombre important d’emplois », s’inquiète Carole Desiano, de la Fédération FO de l’Agriculture et de l’Alimentation (FGTA FO). Elle vient d’ailleurs d’écrire aux ministres de l’Emploi et de l’Économie pour demander une entrevue. Chez Gefco, les salariés ont débrayé le 17 avril dans une quarantaine d’agences à l’appel de FO, premier syndicat du groupe, pour demander des mesures d’accompagnement améliorées dans le cadre des suppressions de postes annoncées. 

Zoom : Vague ou pas vague ?
Les annonces de fermetures de sites et de suppressions d’emplois se succèdent dans tous les secteurs : Total va supprimer 180 postes sur 430 à la raffinerie de la Mède (Bouches-du-Rhône), Dim va supprimer 265 postes sur 1 500, le groupe Vivarte (La Halle aux vêtements, André) va fermer plus de 200 magasins, les Galeries Lafayette deux, voire trois magasins. On peut aussi craindre des réductions d’effectifs à Radio France, au sein du quotidien La Marseillaise, chez Alcatel-Lucent, Areva et Lafarge. Le ministre des Finances Michel Sapin a le moral en poupe : il n’y a pas de nouvelle « vague » de restructurations, a-t-il estimé.

Françoise Lambert Journaliste à L’inFO militante

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