Pour FO, les pensions de réversion ne peuvent être harmonisées que par le haut

Concertation par Evelyne Salamero

Les pensions de réversion sont dans le collimateur du gouvernement, pourtant les supprimer plongerait la moitié des veuves dans la pauvreté. © Marta NASCIMENTO/REA

Doit-on maintenir des pensions de réversion ? La question, inscrite à la fin du document remis aux confédérations dans le cadre de la concertation sur la réforme des retraites, suscite l’inquiétude.

Le Haut-commissaire à la Réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a assuré, lors de la réunion du 14 juin, qu’elle n’avait pas pour objet la suppression de ces droits, répondant ainsi à FO qui réaffirmait son attachement aux pensions de réversion. Dont acte, a commenté Philippe Pihet, secrétaire confédéral FO.

La ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a de son côté estimé, le 17 juin, que puisque les pensions de réversion n’existent pas dans certains régimes spéciaux, on peut vraiment se poser la question de l’harmonisation.

Un gros grain de sable pour le gouvernement

La confédération FO avait précisé sa position sur cette question lors de la réunion du 14 juin, confirmant que si des différences existent dans l’attribution de la réversion, la solution réside dans un alignement des différents régimes – par le haut –, une réversion pour les veuves et veufs à 60 % du droit du défunt, sans conditions de ressources.

Supprimer les pensions de réversion ferait plonger la moitié des veuves sous le seuil de pauvreté. Mais ces pensions sont un gros grain de sable pour le mécanisme de retraite individualisée que le gouvernement veut imposer, système dans lequel chacun cotiserait pour lui-même, puisqu’elles sont financées par les cotisations des défunts tout au long de leur activité professionnelle pour bénéficier, si besoin un jour, à leurs conjoints lors de leur veuvage.

Evelyne Salamero Journaliste à L’inFO militante - Rubrique internationale

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