Pour l’Europe austère, un régime sans Grèce ?

Revue de presse par Michel Pourcelot, journaliste L’inFO militante

L’éventuelle accession au pouvoir d’un parti anti-austérité en Grèce lors des élections du 25 janvier inquiète chancelleries et économistes chantres de la rigueur, qui ont évoqué une sortie de la Grèce de la zone euro et maints autres scénarios. Leurs inquiétudes ont été grandement relayées dans les médias.

Le Dauphiné Libéré
L’Euro va-t-il brûler ? « Dimanche, les Grecs se donnent un nouveau parlement. Assommés par cinq ans de récession, ils devraient donner la victoire à la gauche radicale. Inquiétude chez les dirigeants européens. La plus grande incertitude règne, à moins d’une semaine des législatives grecques. Selon les derniers sondages, le parti de gauche radicale Syriza d’Alexis Tsipras serait en tête (autour de 29-35%), devant les conservateurs de la Nouvelle Démocratie de l’actuel Premier ministre Antonis Samaras (25-30%) ». Tout cela donne bien entendu, un insoutenable « suspense sur la zone euro ». Ne voit-on pas la mine ombragée des « dirigeants européens, qui redoutent qu’un gouvernement Tsipras ne tienne pas les engagements financiers et fasse exploser la zone euro »…

Le Point
Une titanique menace. « Antonis Samaras, principal rival d’Alexis Tsipras pour le scrutin, ne cesse d’agiter l’épouvantail du "Grexit" (la sortie de la Grèce de l’euro ndlr), en dénonçant la politique du Syriza qui veut mettre fin aux politiques de rigueur imposées en Grèce ».

Le Figaro
De quoi faire s’abattre les sept plaies d’Egypte sur le Vieux continent : « Nous ne sommes pas à l’abri d’un accident en Grèce », estime Philippe Gudin, économiste à Barclays Capital. L’accident, sans doute générateur d’un tsunami type Fukushima, pourrait se produire dans le cadre de la renégociation de la dette grecque. « Si Alexis Tsipras fait défaut sur la dette grecque, il y aura une fuite des capitaux, une chute de l’investissement, de la consommation, et une profonde récession, explique l’économiste ». Aux vues quasi-millénaristes.

La Tribune
Bref, l’euro ou le chaos. « L’utilisation (comme lors du précédent scrutin en juin 2012) de la peur pour amener les Grecs à "bien" voter. La menace de "Grexit", agitée fort opportunément par le gouvernement allemand le 3 janvier via l’hebdomadaire Der Spiegel, n’a pas impressionné les Grecs, ni Syriza. Le parti d’Alexis Tsipras a affirmé très clairement qu’il ne souhaitait pas sortir de la zone euro ».

Var-Matin
Cependant, « le gouvernement allemand a d’ores et déjà appelé Athènes à poursuivre dans la voie de ces réformes après les élections du 25 janvier, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble les jugeant "sans alternative", et se rangeant de facto contre M. Tsipras ». Ce dernier a rétorqué que « les dettes de la Grèce ne pourront pas être remboursées tant que notre économie fera l’objet de tentatives de noyade budgétaire permanentes ». Des bouées en plomb n’ont jamais permis de rester à flot.

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