Pouvoir d’achat : pour combattre les inégalités, redonner de la vigueur aux salaires

InFO militante par  Valérie Forgeront, L’Info Militante

© Jean-Claude MOSCHETTI/REA

Les inégalités qui se creusent entre les plus riches et les plus pauvres, phénomène accentué par les mesures sociofiscales de ces dernières années, soulignent la nécessité de redonner aux revenus du travail toute leur portée. Et le combat contre la pauvreté passe forcément par la hausse des salaires.

Nous avons soutenu le pouvoir d’achat en valorisant le travail et pendant tout le quinquennat, avec la prime d’activité, la défiscalisation des heures supplémentaires, la prime défiscalisée assurait, très affirmatif le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, interviewé en mars par une radio. Après les mesures sur la fiscalité du capital, en 2018, en faveur des ménages très aisés (suppression de l’ISF, création du PFU), l’exécutif a décidé d’autres mesures, telle la poursuite de la réforme/suppression de la taxe d’habitation ou entre autres aussi, la fiscalisation de cotisations sociale (basculement sur la CSG).

Mais, selon une récente étude de l’OFCE (observatoire des conjonctures économiques), en tenant compte de l’évolution du taux d’emploi sur cinq ans, et de l’ensemble des mesures « sociofiscales », les 10% de ménages les plus aisés sortent largement gagnants comparés aux 10% des plus modestes. Pour les premiers, le gain moyen de pouvoir d’achat serait de 2 600 euros (par unité de consommation) sur cinq ans, quand il est plus de quatre fois inférieur pour les plus modestes... En ne tenant compte que des mesures « sociofiscales », le gain sur le revenu disponible des ménages est de 1 720 euros pour les 5% les plus aisés contre 65 euros pour les 5% les plus modestes.

Les gains de pouvoir d’achat liés aux revenus du travail sont quasiment stables depuis vingt ans

Pour l’OFCE, cela signe un creusement des inégalités. Par ailleurs, le gain de pouvoir d’achat, qui se concentre sur les personnes en activité et appartenant à la classe moyenne, renvoie plutôt aux effets de la croissance et aux mesures relevant de la fiscalité, dont sur le patrimoine, qu’à une hausse sensible du salaire brut. Augmentation que demande FO qui note que la pauvreté reste enracinée et augmente en France depuis plus de 15 ans. La confédération rappelle qu’une étude de l’Insee en 2021 indiquait qu’une personne sur cinq en France était en situation de pauvreté monétaire ou privation matérielle ou sociale, ce qui inclut des travailleurs.

L’OFCE remarque de son côté que les gains de pouvoir d’achat liés aux revenus du travail sont quasiment stables depuis vingt ans. L’observatoire constate encore que les ménages les plus pauvres, ont vu leur revenu disponible largement amputé par la réforme de l’assurance chômage, le nouveau mode de calcul des APL ou encore l’augmentation de la fiscalité indirecte. Plus largement, en 2021, 60 % des ménages auraient subi des pertes de pouvoir d’achat du fait du surplus d’inflation. Et c’était avant la guerre en Ukraine... La Banque de France prévoit qu’elle induira un choc sur l’économie, au moins jusqu’en 2024 avec une force incidence sur le pouvoir d’achat, conséquence que prévoit aussi l’Insee, estimant le recul à 0,9% sur l’année 2022. Reste donc, comme le demande FO à augmenter les salaires.

 Valérie Forgeront Journaliste à L’inFO militante

L’Info Militante

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