Pouvoir d’achat : une problématique transgénérationnelle

Economie par Françoise Lambert

D’un côté, des jeunes adultes qui ont du mal à trouver un emploi et qui n’ont pas les moyens de se loger, de l’autre des personnes âgées qui peinent à payer leur hébergement en maison de retraite. Des plus jeunes aux retraités, le pouvoir d’achat reste une question centrale. Elle se pose plus que jamais pour mettre un frein à des situations de pauvreté qui ne passent plus.

Le nombre de personnes pauvres a augmenté ces dix dernières années. Elles sont 600 000 de plus depuis la crise de 2008, constate l’Observatoire des inégalités dans son premier rapport sur la pauvreté en France, publié en octobre.

Aujourd’hui, cinq millions de personnes vivent avec moins de 855 euros par mois, en dessous du seuil de pauvreté fixé à la moitié du revenu médian. Et près de neuf millions de personnes disposent de moins de 1026 euros par mois.

La baisse du nombre d’allocataires du RSA (Revenu de solidarité active) observée fin 2015, s’est arrêtée en 2017. Nous assistons à une augmentation du nombre de personnes qui décrochent du niveau de vie des classes moyenne, analyse l’Observatoire des inégalités.

Un million de travailleurs pauvres

Toutes les générations sont touchées par la pauvreté. Un million de travailleurs ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté. La pauvreté concerne cependant principalement les jeunes adultes, les personnes au chômage et leurs enfants, ainsi que, dans une moindre mesure, les retraités. 35% des personnes pauvres ont moins de vingt ans, et 10% d’entre elles plus de 60 ans.

L’Observatoire des inégalités souligne toutefois qu’une partie de ces seniors survivent avec de très bas revenus, notamment en milieu rural. Les retraités ont de surcroît subi des pertes de revenus, avec la hausse de la CSG au 1er janvier 2018, plusieurs années de gel des pensions, mais aussi avec l’indexation des pensions sur les prix et des mesures fiscales défavorables.

Des 18-30 ans qui vivent chez leurs parents pour raisons économiques

De nombreux jeunes, qui connaissent des difficultés d’insertion sur le marché du travail, ne peuvent faire face au coût du logement. Selon une enquête de la Direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative (DJEPVA), les jeunes qui vivent chez leurs parents y demeurent notamment pour des raisons économiques.

Parmi les 18-30 ans, 28% n’a jamais quitté le foyer parental et 13% ont été contraints de revenir dans le giron familial alors qu’ils avaient pris leur indépendance. Parmi ces derniers, 22% sont revenus en raison de difficultés financières et 14% après avoir perdu leur emploi.

Ceux qui sont restés vivre chez leurs parents, les deux-tiers (66%) ont déjà pensé à partir, mais ils ont dû renoncer faute d’emploi (32%) ou de ressources financières suffisantes (40%).

Reste à charge moyen de 1 850 euros pour les résidents en Ehpad

A l’autre bout de l’échelle des générations, les plus âgés rencontrent aussi des difficultés pour financer leurs besoins d’hébergement, leurs revenus n’y suffisant pas. Selon une étude du service statistiques du ministère de la Santé, la Drees, publiée le 27 novembre, la moitié des personnes qui vivent en Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) dépensent au moins 1850 euros mensuels pour payer le reste à charge en lien avec leur résidence, y compris après le versement des allocations et des contributions légales de leur famille.

Or, le montant de la pension médiane, environ 1 500 euros net par mois fin 2016, s’avère largement insuffisant pour répondre à ces besoins. Seulement 19% des personnes âgées résidant dans une maison de retraite disposent de revenus personnels supérieur aux frais restant à leur charge. Un tiers des résidents en Ehpad déclare puiser dans leur épargne pour faire face, 11% ont eu recours à l’aide financière de l’entourage et 5% à la vente de patrimoine.

De la jeunesse aux âges les plus avancés, la question du pouvoir d’achat reste prépondérante. Une problématique transgénérationnelle, n’en déplaise à ceux qui tentent d’opposer les jeunes et les retraités.

Françoise Lambert Journaliste à L’inFO militante - Santé - Retraite

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