Prestations sociales : le gouvernement réinvente la peau de chagrin

Revue de presse par  Michel Pourcelot

© Gilles ROLLE/REA

L’annonce par le Premier ministre de l’aide personnalisée au logement (APL) ainsi que des allocations familiales et des pensions de retraite ne seraient plus indexés sur l’inflation, a immédiatement fait réagir dans les médias. Aperçus dans la presse.

Marianne
Les familles et les retraités vont bien voir leur pouvoir d’achat diminuer. Sont touchées : les allocations familiales, l’allocation de rentrée scolaire, la prime de naissance, le complément de libre choix de mode de garde, les pensions de retraite, les pensions d’invalidité et les rentes accident du travail-maladie professionnelle et les aides au logement (APL). […] Elles n’augmenteront donc que de 0,3% par an en 2019 et 2020. Une mesure qui se traduira par une baisse du pouvoir d’achat pour les Français concernés puisque la hausse moyenne des prix pour 2018 est estimée à 1,6% par l’Insee !

Le Parisien
Déjà que remplir son réservoir et son réfrigérateur coûte plus cher. Le détail des chiffres de l’Insee fait frémir les porte-monnaie. Les prix de l’énergie ont bondi de 14,3 % sur un an, celui du gaz de 17,3 % et ceux des produits pétroliers de 21,8 %. Et la facture grimpe également lorsqu’il s’agit de se nourrir, avec des produits frais en hausse de 6,4 %. Autre étude, même punition pour le budget des ménages. Le baromètre annuel de l’association Familles rurales, publié la semaine dernière, enregistre une montée sévère des prix des fruits (+ 4 % en moyenne) et légumes (+ 5 %). Le prix au kilo de fruits bon marché comme les pêches (3,30 euros, + 18 %) ou les nectarines (3,39 euros, + 17 %) a flambé. Les fruits d’une certaine politique…

Les Dernières Nouvelles d’Alsace
En s’en prenant à leur porte-monnaie, Emmanuel Macron prend le risque de mécontenter une partie des Français, alors que sa cote de popularité est déjà tombée au plus bas. Le président ne compte plus que 34 % d’opinions positives selon le dernier baromètre Ifop-JDD. Outre l’affaire Benalla, le ressentiment de l’opinion porte surtout sur le manque de résultats de sa politique économique mais aussi sur une suspicion de politique antisociale. Peut-être même plus qu’une suspicion…

Les Echos
Surtout de la part des retraités. Comme après la polémique sur la hausse de la CSG, ce sont encore les retraités qui sont en première ligne. Ces derniers ont déjà dû encaisser une non-revalorisation de leurs retraites en 2018, du fait d’une décision prise l’an dernier et instituant un décalage d’octobre à janvier 2019 de la date de revalorisation. L’annonce d’Édouard Philippe constitue du coup une double peine : après ce décalage, les retraités verront leurs pensions augmenter en janvier bien moins vite que l’inflation (+0,3 % contre +1,7 %), et le régime sera le même en 2020. La dernière revalorisation remonte à octobre 2017, à 0,8 %, après des années de vaches maigres. Une anorexie programmée pour des « vaches à lait » ?

La Provence
En tous cas déniée. Le ministre de l’Economie Bruno le Maire a assuré lundi que les retraités ne seraient pas perdants malgré la faible hausse des prestations sociales prévue dans le budget 2019, notamment celle des pensions de retraite. Aucune prestation sociale ne sera réduite. (Les retraités) ne seront pas perdants, leur pension de retraite sera revalorisée moins vite mais elle continuera à être revalorisée, a déclaré M. le Maire au micro de RTL. Nous ne leur prenons pas d’argent. Nous faisons attention aux Français qui sont le plus en difficulté, mais nous voulons aussi rétablir les équilibres des finances publiques, a-t-il ajouté. Mais qui les déséquilibrent ? Et au profit de qui ?

 Michel Pourcelot Journaliste à L’inFO militante

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