Prisons : les surveillants FO inquiets de la surpopulation carcérale

Emploi et Salaires par Valérie Forgeront

Manifestation devant maison d’arrêt d’Osny (Val d’Oise). © FO Pénitentiaire

Où l’on reparle de la surpopulation carcérale qui touche de nombreux établissements pénitentiaires en France. Osny, Maux, Fleury-Mérogis, Villepinte… Dans ces prisons et bien d’autres, les surveillants FO pointent du doigt des situations inadmissibles tant pour les détenus que les personnels de détention.

Le 4 juillet, une vingtaine de surveillants de la maison d’arrêt d’Osny (Val d’Oise) ont manifesté devant la prison à l’appel de deux syndicats dont FO (premier syndicat du site). Ils dénoncent un taux de surpopulation de 162% en moyenne dans l’établissement depuis une dizaine d’années indique Jérôme Nobecourt, surveillant et délégué régional FO du syndicat national pénitentiaire FO (SNP-FO).

Avec 960 détenus pour 582 places, sans compter son quartier spécial pour détenus radicalisés comptant dix personnes, la prison d’Osny n’est cependant pas une exception en matière de surpopulation.

La semaine dernière, les surveillants de l’établissement de Meaux, confrontés au même problème, organisaient un rassemblement devant la prison. Même chose à Villepinte (Seine-Saint-Denis) : la maison d’arrêt compte 1 100 détenus pour 580 places s’insurge le SNP-FO.

A Fleury-Mérogis, la plus grande prison d’Europe compte actuellement 5414 détenus pour 2800 places.

« Les agents sont fatigués physiquement et psychologiquement »

A Osny dotée de150 agents de surveillance dont une majorité de jeunes agents, FO demande quinze fonctionnaires de détention supplémentaires.

« Les agents sont fatigués physiquement et psychologiquement. Ils subissent des rappels sur leur temps de repos et ils font des heures supplémentaires en pagaille.

Manifestation devant maison d’arrêt d’Osny (Val d’Oise). © FO Pénitentiaire

Normalement ils réalisent 108 heures par trimestre. Or, actuellement, ce sont en moyenne plus de 130 heures supplémentaires qui sont effectuées » détaille Jérôme Nobecourt.

En juin, indique le délégué FO, la maison d’arrêt d’Osny a enregistré 60 arrêts de durées diverses pour maladies. Comme dans d’autres établissements, les détenus sont deux voire trois par cellule et, dans ce cadre, beaucoup dorment sur des matelas à même le sol.

Jusqu’à 200% de surpopulation

Autre illustration de cette surpopulation chronique, de nouveaux détenus ont dû être logés dans des cellules normalement dédiées aux détenus radicalisés.

Plus largement, sur l’ensemble de la région parisienne, la surpopulation carcérale atteint une moyenne de 150% et face à cette situation indique Jérôme Nobecourt « il manque environ 400 agents ».

Au plan national, la situation n’est pas plus glorieuse. Au 1er juin on comptait plus de 68 500 détenus pour 58 683 places et environ 26 500 surveillants au sein des 188 établissements.

Selon la Fondation de France, sur cent établissements, seuls trente-deux affichent une densité de population de 100%. Les autres connaissent la surpopulation. Celle-ci atteint même les 200% dans sept établissements.


Valérie Forgeront Journaliste à L’inFO militante

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