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Procès Air France : « Un seul mot d’ordre : la relaxe ! »

, Evelyne Salamero

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Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Hôtesses et stewards, personnels au sol, pilotes en uniforme pour bien indiquer leur engagement et leur solidarité… Environ un millier de salariés d’Air France, de toutes catégories professionnelles, se sont rassemblés mardi 27 septembre devant le tribunal de Grande instance de Bobigny à l’appel de FO et de sept autres organisations syndicales, alors que s’ouvrait le procès de quinze de leurs collègues.

Dans la foule, on remarquait notamment les ballons de l’Union départementale FO de Seine-Saint-Denis et celui de la Fédération FO de l’Equipement, de l’environnement, des Transports et des Services (FEETS-FO). Des syndicalistes d’autres secteurs et d’autres départements étaient aussi venus apporter leur soutien.

Dix salariés de la compagnie aérienne sont poursuivis pour « dégradations » et cinq pour « violences en réunion ». Ces derniers encourent jusqu’à 3 ans de prison et 35 000 euros d’amende.

Les faits remontent au 5 octobre 2015, jour d’une importante manifestation contre le plan de 2 900 licenciements annoncé ce jour-là par la direction de la compagnie. Une centaine de manifestants avaient envahi la salle du CCE. A l’extérieur des échauffourées avaient éclaté et les média du monde entier se sont concentrés sur les images de deux membres de la direction d’Air France y laissant leur chemise, négligeant le plus souvent la brutalité du plan de restructuration qui s’abattait sur les salariés.

« Les média ne parlent pas de la violence sociale »

« Nous n’avons aujourd’hui qu’un seul mot d’ordre : la relaxe de nos 15 camarades ! Les média sortent ces images mais ne parlent pas de la violence sociale » a lancé Christophe Malloggi, secrétaire général du syndicat FO d’Air France ce 27 septembre devant les manifestants massés aux abords du tribunal de Bobigny.

« La violence c’est quand un père de famille doit annoncer à son enfant qu’il n’a plus de travail ! », avait résumé un autre responsable syndical quelques minutes avant.

« Les salariés accusés de violence ne sont coupables de rien du tout, ils sont juste le symbole d’une révolte » a déclaré le responsable d’un des syndicats de pilotes.

« 2 900 licenciements, c’est la violence en col blanc, acceptée par les média et encouragée par les pouvoirs publics », a déclaré un autre.

L’importance de « la solidarité entre toutes les catégories »

Sophie Gorins, du syndicat FO des Hôtesses et stewards a souligné l’importance de la solidarité entre toutes les catégories, « cette solidarité qu’ils n’arriveront pas à briser ».

Une solidarité qui, comme l’ont rappelé plusieurs intervenants, a déjà permis que le plan de 2 900 licenciements devienne un plan de 1 700 départs volontaires, même si cela n’est pas suffisant.

« On entend beaucoup parler dans les média d’un nouveau climat de « confiance », mais ce que nous voyons à l’intérieur de l’entreprise n’a rien à voir avec de la confiance. La direction n’arrête pas de nous dire qu’il faut nous mettre au pas, qu’il faut tenir compte de la multiplication des compagnies low cost et de son côté le gouvernement ne fait rien pour alléger tout ce qui pèse sur la compagnie », a expliqué Sophie Gorins.

« Les voyous sont du côté des banques, de la Finance et du patronat »

Jean Hédou, secrétaire général de la FEETS-FO a souligné : « Nous devons saluer le combat des camarades Air France. Non, M.Valls, les salariés d’Air France ne sont pas des voyous. Les voyous sont vos copains des banques et de la Finance. Les voyous sont du côté du patronat ! Pourquoi l’ex patron d’Air France, aujourd’hui bien au chaud à l’international, avait-il prévu ces licenciements alors que son entreprise gagnait des millions ? »

Jean Hédou, Secrétaire général de la FEETS-FO. Photographie : E. Salamero (CC BY-NC 2.0)

Le secrétaire fédéral a ensuite également appelé à la solidarité avec tous ceux qui ces derniers mois ont subi des actes de répression syndicale dans le cadre de la mobilisation contre la loi El Khomri, évoquant notamment les dockers du Havre arrêtés chez eux au petit matin, et rappelant les entraves au droit de manifester. « Aucun état d’urgence n’a lieu d’être contre des syndicalistes ! » s’est-il exclamé, avant de conclure : « la liberté syndicale doit être respectée, le droit de grève et de manifester aussi ».


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Evelyne Salamero

Journaliste - Rubrique internationale

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