Communiqué de FO

Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) les complémentaires régalent !

, Philippe Pihet

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© Michel GAILLARD/REA

L’examen du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) débute par une prise de position de son rapporteur au sujet du « reste à charge zéro ».

M. Véran vient de déclarer que ce « 100% santé » devait être mis en place sans délai supplémentaire, et sans augmentation de cotisations des complémentaires.

Première démagogie : le « 100% santé » ne concerne que trois postes de dépenses (optique, dentaire, audio) certes ce sont des dépenses importantes, mais ce ne sont pas les postes les plus élevés en matière de dépenses.

Deuxième démagogie : laisser penser que les organismes complémentaires, quel que soit leur statut, ont une « cagnotte » qui permet d’absorber des décisions, qui, au passage sont prises par un tiers !

L’État décide, les complémentaires paient !

Pour les trois familles d’assureurs, les règles de gestion obligent à la création de provisions, au respect de ration de solvabilité.

Pour les paritaires comme pour les mutualistes, la seule façon de respecter ces règles est d’intégrer dans leurs tarifs les dépenses supplémentaires, il leur est très difficile, voire impossible, de faire appel à des capitaux extérieurs.

Ainsi, pour respecter la législation et assurer leur pérennité, ces organismes répercuteront, peu ou prou, ces dépenses supplémentaires.

Il suffit de reprendre les études publiées par de grands cabinets de courtage pour s’en convaincre.

FO dénonce ce qui n’est finalement qu’un énième glissement de la dépense publique de Sécurité sociale vers le privé, comme les gouvernements précédents le faisaient aussi.

Le vieux monde aurait-il du bon pour les finances publiques ?

A propos de cet article

Sur l’auteur

Philippe Pihet

Secrétaire confédéral au Secteur des Retraites, de la Prévoyance complémentaire


  • Prévoyance sociale
  • Retraites, retraites complémentaires et pensions
  • Union Confédérale des Retraités (UCR)
  • Vieillesse et dépendance
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Éphéméride

16 janvier 1870

Les ouvriers du Creusot réclament la gestion de la caisse de solidarité
En décembre 1869, les ouvriers du Creusot réclament la gestion de la caisse de solidarité. Le 16 janvier 1870, une forte majorité souhaite la gestion de la caisse de secours par les ouvriers. La grève est alors générale. Article de René Gibère paru dans Force Ouvrière n°477, daté du 31 mars 1955. Dans (...)

En décembre 1869, les ouvriers du Creusot réclament la gestion de la caisse de solidarité. Le 16 janvier 1870, une forte majorité souhaite la gestion de la caisse de secours par les ouvriers. La grève est alors générale.

Article de René Gibère paru dans Force Ouvrière n°477, daté du 31 mars 1955.

Dans l’histoire du mouvement corporatif, les grèves qui se sont produites dans les usines du Creusot, en janvier et en mars 1870, retiennent l’attention par les faits particuliers qui en furent la cause.

Ces deux grèves, par leur caractère et par leur évolution, reflètent indubitablement l’état d’esprit du patronat de l’époque et le comportement psychologique des travailleurs qui étaient arrivés à un degré plus élevé de la conscience syndicale.

En 1870, dans les usines Schneider, il régnait d’étranges habitude, qui a juste raison, révoltaient les travailleurs : le mouchardage était organisé et imposé par la direction. Édouard Dolléans raconte que « le règlement d’atelier prévoyait une amende de 50 francs à un ouvrier pour n’avoir pas dénoncé un camarade ».

Mais l’origine de la grève de janvier était la Caisse de secours, gérée par la direction, et fournie par une retenue de 2,5% sur le salaire de tous les ouvriers. Elle décida de la confier aux travailleurs, ceux-ci désignèrent leur camarade Assi, pour transformer la Caisse de secours en Société de secours mutuels. M. Schneider, pour montrer sa désapprobation, licencia Assi, et les ouvriers, par solidarité avec leur camarade, quittèrent l’atelier. Une délégation de grévistes fut reçue par l’industriel qui leur reprocha leur « esprit l’opposition » et leur annonça qu’il refusait de discuter avec eux, « sous l’influence de la pression ». Pour assurer sa sécurité, M. Schneider fit venir au Creusot 4.000 hommes de troupe et, devant cette provocation, les travailleurs décidèrent la poursuite de la grève.

Le 23 janvier 1870, la Marseillaise écrivait : « Faire grève est chose terrible ; pour un rien, on fusille et l’on assomme. Les ouvriers du Creusot organisent le refus du travail, assument la responsabilité de la faim et de la misère, et cela, en silence, sans tumulte, sans bruit, sans émeute. »

Cependant, les Sociétés ouvrières de Paris et les sections parisiennes avaient réagi vigoureusement en publiant dans la Marseillaise un manifeste, signé par Varlin et Benoît Malon, sur la vérité de la grève. Quelques jours après, dans le même journal, la Chambre syndicale des Ouvriers mécaniciens de Paris faisait un appel pressant pour aider matériellement les grévistes du Creusot.

En février, le travail reprit, mais, le 22 mars, la direction opéra une diminution de 30 à 60 centimes par jour, pour rattraper le profit perdu pendant la première grève. Les travailleurs ripostèrent aussitôt par la cessation du travail. M. Schneider, furieux, déclara : « Je ne parlementerai pas avec ces voyous. » Et le tribunal d’Autun, au service du patronat, condamna 24 grévistes à 298 mois de prison.

Mais les travailleurs en grève au Creusot n’étaient pas abandonnés à leur sort douloureux dans ces jours difficiles. La solidarité jouait en leur faveur. La Chambre fédérale de Paris fit une souscription. La Chambre fédérale de Marseille, les Sociétés ouvrières de Lyon, les travailleurs de Mulhouse les avaient secourus généreusement.

À propos des grèves du Creusot, le manifeste de la Section internationale de Rouen, signé par Aubry, et adressé aux ouvriers du département, est significatif : « Des milliers d’ouvriers réclament au nom de la loi des coalitions, une augmentation de la part qu’ils apportent dans la production de la richesse... Un seul homme, manipulateur de plusieurs millions, abuse de sa position et dédaigne toute conciliation. »

Si les grèves échouèrent, le mécontentement continuait à gronder ; la conscience ouvrière était en marche. On était à la veille de graves événements et à un tournant décisif dans l’histoire de France.