Communiqué de FO

Projet de Loi de Finances 2019 : de la constance dans l’impasse économique

, Nathalie Homand, Pascal Pavageau

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Après une première année passée à servir les intérêts des « premiers de cordée » notamment en diminuant la fiscalisation sur le capital, le projet de loi de finances pour 2019 s’attaque de front aux « derniers de corvée ». Dans un contexte d’inflation élevée sans effet de rattrapage sur les salaires, augmenter toujours plus le coût de la fiscalité énergétique sans compensation ou encore désindexer certaines prestations sociales sont des mesures qui, en plus de porter atteinte au pouvoir d’achat d’une partie des ménages, vont contribuer à augmenter les inégalités entre ceux-ci, des inégalités que les mesures fiscales du PLF 2018 auront déjà largement contribué à faire repartir à la hausse.

Pour autant, ce sont toujours les mêmes qui se retrouvent épargnés : 140 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises sans conditionnalité en matière d’emplois, couplés à la transformation du CICE en allègement de cotisations, avec pour conséquence et ligne de mire l’affaiblissement du financement de la Sécurité sociale collective.

Alors que le besoin se fait toujours plus criant d’un véritable État stratège porteur d’une vision pour les politiques d’emploi, industrielles, environnementales et d’innovation, le PLF 2019 illustre à nouveaux le choix de la rigueur et de la destruction.

Force Ouvrière dénonce l’ampleur de l’austérité annoncée en matière de dépenses publiques : 4164 postes de fonctionnaires supprimés en 2019, 20 % de crédits en moins pour la mission Travail et Emploi via notamment la nouvelle baisse du nombre de contrats aidés, 7 % de crédits en moins pour la mission Cohésion des territoires via la réforme du mode de calcul des aides personnelles au logement. Il fallait bien ça pour assurer 20 nouveaux milliards de baisse de prélèvements obligatoires aux entreprises et contenter Bruxelles … Un prix bien élevé pour une impasse économique.

A propos de cet article

Sur les auteurs

Nathalie Homand

Secrétaire confédérale au Secteur de l’Economie et du Service Public


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Pascal Pavageau

SECRETARIAT GENERAL


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Éphéméride

13 décembre 1980

État de guerre en Pologne
Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste. Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en (...)

Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste.

Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en 1970, lorsque, à Szczecin la grève paralyse les chantiers navals et qu’un comité de grève est élu démocratiquement avec à sa tête Edmund Baluka.

En juillet 1980, des grèves éclatent dans tout le pays suite à l’augmentation de 100% du prix de la viande. Mais l’étincelle vient d’un fait beaucoup plus mineur. Le 13 août, Anna Walentynowicz, une syndicaliste est licenciée des chantiers navals Lénine de Gdansk. Le lendemain, les 16.000 ouvriers débrayent, demandant la réintégration de l’ouvrière et une augmentation de 130 francs par mois.

Le 16 août, tous les ports de la Baltique sont touchés et un comité de grève interentreprises (MKS) est fondé. Les transports en commun entrent à leur tour dans la danse. Le patron du parti communiste polonais, Edward Gierek, annonce le 20 août quelques « réformettes » économiques et en même temps fait arrêter une vingtaine de dissidents. La grève générale touche alors tout le pays. Affolé, le pouvoir négocie avec le leader du MKS, un électromécanicien de 37 ans ayant déjà fait ses classes dans les grèves de 1970 : Lech Walesa, renvoyé en janvier 1980 pour fait de grève.

Débordé, le gouvernement cède. Les fameux accords de Gdansk sont signés le 31 août. Pour la première fois dans le bloc communiste, des syndicats indépendants sont reconnus. Solidarnosc, Solidarité rurale et l’Association indépendante des étudiants compteront dix millions d’adhérents à la fin de l’année.Face à ce raz-de-marée, Edward Gierek passe à la trappe en septembre et le général Jaruzelski devient Premier ministre en février 1981. Moscou, à l’époque d’un brejnévisme vieillissant, mise sur ce général aux lunettes noires et fait parvenir le 4 mars à Varsovie le message suivant :« Il faut renverser le cours des événements ».

Le premier congrès de Solidarnosc, réuni à Gdansk, du 5 au 10 septembre et du 26 septembre au 7 octobre, exige des élections libres. L’agence soviétique Tass parle alors« d’orgie anti-soviétique ». Jaruzelski confirme sa position en prenant la tête du parti le 2 octobre. Contrairement à ce qu’il racontera ensuite pour se dédouaner, Jaruzelski déclare l’état de guerre, sur ordre de Moscou, le 13 décembre 1981. Solidarnosc est décapité ; Walesa est en résidence surveillée puis en prison. Les communistes pensent avoir remporté la partie. Erreur, une direction clandestine, la TKK, est mise sur pied et organise efficacement une société parallèle bénéficiant de l’aide des syndicats libres de l’occident dont FO, qui d’ailleurs portera plainte auprès du Bureau international du travail contre l’interdiction officielle de Solidarnosc en octobre 1982.

L’avènement du gorbatchévisme, la pression américaine et l’exceptionnelle résistancede la population obligent legénéral Jaruzelski à composer. Entre février et avril 1989, une table ronde réunit pouvoir et opposition. Aux élections semi-libres de juin, Solidarnosc obtient 161 sièges à la Diète. Peu après, le symbole de Gdansk, Lech Walesa, est élu président de la République. Mais alors commence une autre histoire...