Pyrénées-Atlantiques : FO à la conquête du terrain

Congrès d’UD par Evelyne Salamero

Près de 180 militants FO ont participé au 30e congrès de l’Union départementale FO des Pyrénées-Atlantiques le 7 juin à Pau, où 53 syndicats étaient représentés. Les travaux étaient présidés par Roxane Idoudi, secrétaire confédérale chargée du développement de l’organisation. Et précisément ce fut l’un des thèmes centraux du congrès, alors que les élections des CSE dans le secteur privé doivent être bouclées le 31 décembre prochain.

Ce congrès fut quasiment une journée développement. Mais, cela ne nous a pas empêchés d’aborder les sujets de l’heure, comme les retraites ou l’assurance chômage, le conflit à l’hôpital marin d’Hendaye, ou encore la fermeture programmée de seize trésoreries rurales d’ici 2022 au nom de la fameuse géographie revisitée des finances publiques de M. Darmanin, résume Hervé Larrouquerre, réélu secrétaire général à l’issue des travaux.

Souvent, ce sont les salariés qui viennent nous chercher

L’union départementale a comptabilisé 21 nouvelles implantations depuis avril 2018. On ne s’est jamais autant développé. Souvent, ce sont les salariés, y compris d’entreprises où il n’y avait jamais eu d’organisation syndicale auparavant, qui confrontés à une situation où ils ont tout à perdre viennent nous chercher, témoigne Hervé Larrouquerre. Autre constat : face à l’adversité que constitue la création des CSE, avec la réduction des moyens en nombre d’heures de délégation et d’élus, ce que la résolution générale (votée à l’unanimité) dénonce, les militants, loin de se laisser abattre, mettent au contraire les bouchées doubles.

FO est ainsi première organisation syndicale chez Acticall, un centre d’appel sous-traitant pour EDF, qui emploie quelques 800 salariés, alors que le syndicat n’a été créé qu’en janvier dernier. De nouvelles implantations ont aussi été enregistrées dans la métallurgie, dans des garages automobiles Peugeot et Renault, dans trois Ehpad et deux cliniques… Chez Safran (environ 800 salariés), FO a remporté 53% des voix aux élections professionnelles.

Aucune organisation syndicale dans la moitié des entreprises du département : une marge de progression énorme

Mais les militants FO ne comptent pas en rester là et la nécessité de progresser encore, dans le privé et dans la Fonction publique, a été soulignée tout au long du congrès. Dans le privé, FO représente 16,39% des voix, soit presque un point de plus que la moyenne nationale (15,59%). Cependant, force est de constater que nous avons une marge de progression énorme dans l’industrie et l’encadrement, a souligné le secrétaire général dans son complément oral au rapport d’activité des trois dernières années (voté à l’unanimité). Il a particulièrement insisté sur la nécessité de se mobiliser davantage pour aller négocier des protocoles électoraux, y compris dans les entreprises où il n’y a aucune organisation syndicale, à savoir la moitié de celles du département. L’union départementale va donc organiser début septembre une journée de formation consacrée à la négociation de ces protocoles.

La grève interprofessionnelle pour bloquer l’économie, seule réponse adaptée aujourd’hui à la régression sociale

La résolution générale adoptée par les délégués condamne un par un tous les éléments dela régression sociale subie au quotidien par les travailleurs, chômeurs et retraités, de la remise en cause de la cotisation sociale comme seul financement de la Sécurité sociale, à celle des libertés syndicales et démocratiques, en passant par la contre-réforme du système de retraite et la destruction des services publics. Les délégués ont également réaffirmé leurs revendications, comme l’augmentation générale et l’égalité des salaires et dénoncé le recours massif aux contrats courts qui paupérisent la population et mettent à mal notre système d’assurance chômage.

Dans un tel contexte, il y a nécessité de se poser, non pas la question de la grève qui est une nécessité lorsque la négociation a échoué, mais la question de continuer à organiser des grèves saute-moutons, avait souligné Hervé Larrouquerre en introduisant la discussion.

La réponse réside dans la conclusion de la résolution générale, par laquelle les syndicats FO du département engagent les travailleurs à s’organiser au sein du syndicat libre et indépendant Force Ouvrière et à prendre toutes les initiatives qui contribueront à la réussite d’un mouvement de grève interprofessionnelle pour un blocage économique du pays, seule réponse adaptée aujourd’hui à la régression sociale subie au quotidien par les travailleurs, chômeurs et retraités.

 

Evelyne Salamero Journaliste à L’inFO militante - Rubrique internationale