Éditoriaux de Jean-Claude Mailly

Quand la surdité est sélective

, Jean-Claude Mailly

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À l’occasion du 1er Mai 2015, Force Ouvrière, dans des meetings ou manifestations, a rappelé ses positions.

Nous avons également à nouveau souligné le sens du 1er Mai qui n’est pas la fête du travail (mise en place par Pétain), mais une journée de solidarité internationale et d’expression revendicative.

C’est pour cela qu’au-delà des commentaires, le 1er Mai doit demeurer ce qu’il est, sans sombrer dans l’ambiguïté, l’amalgame ou l’opportunisme.

Au titre des revendications, lors d’une rencontre en mars avec le président de la République, j’avais présenté celles de Force Ouvrière.

Si certaines d’entre elles ne relèvent pas de la logique économique gouvernementale, voire y sont opposées (augmentation du Smic et dégel du point d’indice dans la fonction publique par exemple), d’autres pouvaient rencontrer un écho.

Je pense en particulier à quatre d’entre elles :

• Calcul des exonérations de cotisations sociales patronales sur le minimum conventionnel là où il est inférieur au Smic ;

• Évaluation rapide de toutes les aides aux entreprises pour réorientation et reciblage ;

• Demande d’une négociation sur les relations donneurs d’ordres/sous-traitants, pour laquelle la CGPME a déjà donné son accord de principe ;

• Mise en place de « maisons du service public » en zones rurales, ce qui est différent des « maisons de services publics » version gouvernementale.

La veille du 1er Mai le président de la République m’a adressé une réponse.

Sur le premier point, dans l’immédiat, les pouvoirs publics n’entendent pas modifier les choses, notamment un décret de 2010 pris sous l’ancienne majorité. En quelque sorte, le président de la République est sur ce point sur la même longueur d’onde que son prédécesseur !

Sur le second point, un bilan du CICE sera fait mais l’esprit du pacte de responsabilité demeure.

Sur le troisième point, deux ministres (travail et économie) vont regarder le dossier.

Sur le quatrième, les pouvoirs publics en restent à leur vision des maisons de services publics qui, elles, présentent le risque de faciliter des fermetures et de transformer les statuts des agents là où nous demandons tout autre chose.

En quelque sorte une fin (certes polie) de non-recevoir.

Nous en prenons acte, mais nous maintenons bien entendu l’intégralité de nos positions et revendications.

Force est de reconnaître que le cahier revendicatif du Medef a meilleure presse. C’est une question de choix, qui n’est pas sans conséquences sociales, économiques et démocratiques. 

A propos de cet article

Sur l’auteur

Jean-Claude Mailly

Secrétaire général de FO


Marche générale de l’Organisation - Expression publique - Relations avec les Fédérations Nationales et les Unions Départementales - CSI/CES


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Site internet : https://twitter.com/jcmailly

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Éphéméride

18 janvier 1803

Mort de Sylvain Maréchal
Fils d’un marchand de vin, Pierre-Sylvain Maréchal suit des études de droit et devient avocat à Paris. A l’âge de 20 ans il publie Bergeries, un recueil d’idylles, dont le succès lui vaut d’obtenir un emploi de sous-bibliothécaire au collège Mazarin dont il retirera une grande érudition. Admirateur de (...)

Fils d’un marchand de vin, Pierre-Sylvain Maréchal suit des études de droit et devient avocat à Paris. A l’âge de 20 ans il publie Bergeries, un recueil d’idylles, dont le succès lui vaut d’obtenir un emploi de sous-bibliothécaire au collège Mazarin dont il retirera une grande érudition. Admirateur de Rousseau, Voltaire, Helvétius, Diderot, il fréquente un cercle d’auteurs incroyants et développe une philosophie basée sur un socialisme agraire où les biens seraient mis en commun. Ses critiques du pouvoir absolu (Livre échappé du déluge, 1784) et son athéisme lui font perdre son emploi. Sylvain Maréchal est alors obligé de vivre modestement de ses oeuvres littéraires. Il est condamné à quatre mois de prison pour son Almanach des Honnêtes Gens (1788) où il substitue aux saints, des personnages célèbres, annonçant ainsi le futur calendrier révolutionnaire.
Sylvain Maréchal s’enthousiasme pour la Révolution française et défend les pauvres, tout en se montrant un adversaire de l’autoritarisme. Son article de février 1791, « Des pauvres et des riches », où il évoque « dans toute son ampleur le problème social qu’il n’avait abordé jusqu’ici que sous une forme sentimentale et morale » (Dommanget) s’inscrit dans la lutte entre royalistes et républicains. Dans la lutte entre Girondins et Jacobins, il ne prend partie pour l’un ni l’autre. Il montre son scepticisme sur le cours pris par la révolution dans son livre Correctif à la Révolution. Après la chute de Robespierre, il s’approche des Conjurés de Babeuf et rédige le Manifeste des Égaux, où il montre les hommes dupés par les belles paroles des politiciens ambitieux, les nouveaux tyrans assis à la place des anciens : « Disparaissez enfin, révoltantes distinctions de riches et de pauvres, de grands et de petits, de maîtres et de valets, de gouvernants et de gouvernés ». C’est à cause de cette phrase que le Comité directoire secret des Conjurés refuse de publier le manifeste. Le manifeste prône encore une fois la communauté des biens, c’est-à-dire la terre. Son originalité réside, selon Dommanget, dans « la double réunion du principe révolutionnaire et de l’idée communiste au mouvement de la masse laborieuse ». Ses écrits n’étant pas signés, Maréchal échappe aux poursuites judiciaires contre les Conjurés, et continue de publier jusqu’à sa mort survenue le 18 janvier 1803.