Quand les salariés assignent Gemalto et Thales en justice

Référé par Nadia Djabali

Rassemblement des salariés du fabricant de cartes à puces Gemalto devant le tribunal de Nanterre le 28 janvier 2018.

Ils étaient 70 salariés de Gemalto devant le tribunal de grande instance de Nanterre ce mercredi 28 février 2018. Le Comité central d’entreprise de la société spécialisée dans les technologies de la sécurité numérique et numéro un mondial de la carte Sim, avait assigné en référé Thalès et Gemalto. FO, ainsi que quatre autres syndicats, souhaite obtenir des informations sur le rachat de Gemalto par Thales.

Fin novembre, Gemalto a annoncé un plan social prévoyant la suppression de 288 emplois dont 262 licenciements, soit près de 10 % de l’effectif français de salariés. Trois sites sont concernés, Meudon, en région parisienne, perdrait 70 salariés. Dans les Bouches-du-Rhône, La Ciotat subirait 126 licenciements et le site de Gemenos, 66 suppressions d’emplois.

Mi-décembre 2017, Thales annonçait le rachat de la société Gemalto, via une OPA, avec pour objectif de créer « un leader mondial de la sécurité digitale ». À partir de l’automne 2018, Gemalto et ses 15 000 salariés devraient donc intégrer Thales. La société totalise 35 000 salariés en France et pèse 14,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Le silence du P-DG de Thales

Les élus du CCE, qui ont appris par la presse le rachat par Thales, regrettent que la direction ne leur ait pas transmis d’information sur ce projet. Autre étonnement des élus, la poursuite du plan social sans que le rachat par Thales ne soit pris en compte.

Depuis plusieurs semaines, les syndicats réclament en vain de rencontrer Patrice Caine, le P-DG de Thales. Ils souhaitent par ailleurs rencontrer un représentant de l’État. Ce dernier possède des participations dans la société Gemalto et est actionnaire de référence chez Thales.

Le tribunal rendra son délibéré le 21 mars 2018. Chez Gemalto, la fin de la procédure de consultation des instances représentatives du personnel est programmée pour le 16 avril 2018.

Nadia Djabali Journaliste à L’inFO militante

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