Réforme ferroviaire : les raisons de la colère sont toujours là

Service Public par Evelyne Salamero

L’annonce par le Premier ministre d’une reprise de la dette de la SNCF par l’État ne répond pas aux revendications qui ont motivé le déclenchement de la grève des Cheminots, a souligné la délégation FO à l’issue de l’entrevue avec le Premier ministre ce 25 mai. La fédération FO Cheminots appelle à un rassemblement massif devant le Sénat le 29 mai, jour de grève et d’ouverture du débat sénatorial.

Nous ne sommes –pas du tout– soulagés par ce que nous a dit le Premier ministre a confirmé Nathalie Homand, secrétaire confédérale, à l’issue de la rencontre à Matignon le 25 mai.

Pas un seul cheminot n’est en grève aujourd’hui sur la question de la dette de la SNCF, a expliqué François Grasa, secrétaire général de la fédération FO Cheminots.

Pas une des revendications qui ont motivé le déclenchement de la grève n’ont été entendues, ni le maintien du statut, ni le refus des transferts obligatoire des agents aux entreprises privées, ni sur l’ouverture à la concurrence, ni sur la filialisation du fret ferroviaire… Le projet de réforme dont les cheminots veulent le retrait est toujours là. Ils s’exprimeront dans les assemblées générales. Nous y serons et nous nous prononcerons pour la poursuite de la grève, a-t-il ajouté.

La Confédération FO apportera tout son soutien à la poursuite de la grève., a indiqué Nathalie Homand.

En plus de la réforme, une règle d’or budgétaire

L’annonce d’une reprise de la dette de SNCF Réseau par l’État à hauteur de 35 milliards d’euros (25 en 2020 et 10 en 2022) n’a donc pas suffi à effacer l’ardoise des revendications.

De plus, le Premier ministre a clairement fait savoir qu’en échange, la direction de l’entreprise devra respecter une règle d’or budgétaire et augmenter sa productivité de 2,7% par an afin de réduire des deux tiers l’écart de compétitivité avec ses concurrents d’ici 2026. Elle devra choisir les meilleurs moyens d’y parvenir : suppressions d’effectifs, augmentation de la flexibilité et de la polyvalence… Le gouvernement, lui, entend se charger du régime spécial des retraites des cheminots en 2019.

La délégation Force Ouvrière reçue par le Premier ministre, Édouard Philippe. Photos : F. Blanc
Convention collective de branche contre statut
Les employeurs ont averti que la convention collective de branche destinée à remplacer le statut devait forcément lui être inférieure. Ainsi, pour favoriser le mérite et la polyvalence, les classifications actuelles correspondant aux différents métiers (contrôleur, conducteur, mécanicien…) seraient remplacées par des critères classants (technicité, autonomie, responsabilité…) appliqués à des emplois repères. Un contrôleur, un vendeur en gare ou un agent d’escale, tous agents en relation directe avec la clientèle pourraient ainsi être interchangeables.

Evelyne Salamero Journaliste à L’inFO militante

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