Communiqué de Force Ouvrière

Réforme territoriale, déforme terri-létale

, Pascal Pavageau

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La loi « relative à la délimitation des Régions, aux élections régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral » modifiera donc la délimitation et le nombre des Régions. Et elle préfigure la disparation des départements. Elle forme le deuxième volet de la réforme territoriale après la loi du 27 janvier 2014 qui instaure les métropoles.

Si le passage imposé de 22 à 13 régions retient l’attention, il n’est, en fait, qu’un élément de la réforme qui va de pair avec l’acte III de décentralisation-régionalisation.

Les orientations de ces textes législatifs sont bien plus importantes et profondes que la fusion des Régions. Elles menacent clairement l’égalité de droit républicaine et la présence de la puissance publique au plus proche des citoyens.

Fusions des régions, suppressions des départements, regroupements forcés des communes en intercommunalités à plus de 20 000 habitants, métropolisation imposée : associé à la réduction drastique des services et des missions de l’État au niveau départemental, cette contre-réforme conduit à l’éloignement de la puissance publique, à la désertification des services publics relégués à d’immenses régions-provinces, à des suppressions d’effectifs publics du fait des mutualisations, et à des mobilités forcées pour plus de 400 000 agents (État et territoriaux).

Force Ouvrière s’oppose à cette transformation de la République en « fédération de régions » aux pouvoirs d’adaptation normative et règlementaire conduisant à l’instauration de droits différents selon les régions ou les métropoles.

A l’issue de débats qui ont fait ressurgir des communautarismes d’un autre âge, on ne peut que dénoncer le déni démocratique de la procédure d’autant que le référendum local, obligatoire jusqu’à maintenant en cas de fusion ou regroupement de collectivités territoriales et qui a notamment permis aux alsaciens de bloquer la mise en œuvre du projet de collectivité unique d’Alsace en 2013, vient d’être supprimé par le parlement.

Cette réforme remet en cause l’indivisibilité, la cohérence, la lisibilité, l’unicité et, du coup, l’égalité républicaine, c’est-à-dire l’égalité de droit.

Force Ouvrière s’oppose à une République XXS, balkanisée en une fédération de régions XXL.

A propos de cet article

Sur l’auteur

Pascal Pavageau

SECRETARIAT GENERAL


Marche générale de la Confédération Générale du Travail Force Ouvrière
Organisation dont les Outre-mer
Représentation de la Confédération et expression publique
Relations internationales
Responsable du dialogue social, des relations avec le personnel de la Confédération et des Ressources Humaines
Union Confédérale des Retraités (UCR)


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20 juillet 1892

Mort de Léon Cladel, romancier et conteur
Léon Cladel mit son talent et sa ferveur au service de l’émancipation ouvrière. Cladel était un révolté contre la misère du peuple, les injustices sociales, l’ignorance et la bêtise humaines. Avec virtuosité, il attaque les profiteurs insatiables, les bourgeois repus et la puissance omnipotente de (...)

Léon Cladel mit son talent et sa ferveur au service de l’émancipation ouvrière. Cladel était un révolté contre la misère du peuple, les injustices sociales, l’ignorance et la bêtise humaines. Avec virtuosité, il attaque les profiteurs insatiables, les bourgeois repus et la puissance omnipotente de l’argent. Parmi ses romans réalistes les plus caractéristiques, nous rappellerons Boucassé, Ompdrailles, le tombeau des lutteurs, Va-nu-pieds, N’a qu’un œil, Fête votive de Saint Bartholomé porte glaive, et un roman posthume sur la Commune de Paris qui révèle son style rustique et sa tendresse envers les paysans pauvres et les ouvriers déshérités qu’il défendait avec force et courage. On sent dans sa poésie, ses romans et ses contes, de valeur inégale, le tremblement de la colère contre un monde hypocrite en décrépitude qu’il voudrait voir disparaître et en même temps l’espérance d’une société nouvelle. Son imagination romanesque s’unit à la vérité de la vie avec une sensibilité profonde et une simplicité d’expression qui confèrent à ses œuvres un intérêt humain et social à la fois.