Le mot

Réforme : un mot à réformer ?

, Michel Pourcelot

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Bien avant que la réforme soit un mot sacro-saint, la Réforme, avec une majuscule, a désigné une version revue et corrigée du catholicisme, née au XVIe siècle. Ses adeptes ont été appelés les réformés, que l’on ne saurait confondre avec les exemptés du service militaire lui-même réformé en 1997. Cette Eglise réformée s’est manifestée comme volonté de simplifier le christianisme et de le faire revenir à un état plus primitif. D’ailleurs au XIIe siècle réformer signifiait revenir à un état antérieur. Quant à l’expression « mettre à la réforme », elle était utilisée il y a peu pour dire « retirer du service » ou « mettre au rebut ».

Ordre et progrès ?

De nos jours, le mot réforme s’affiche plutôt comme synonyme d’un changement amenant à un progrès. Mais si l’on considère les actuelles suppressions d’acquis et la régression sociale, les réformes prônées par l’exécutif, à défaut de progrès, nous renverraient plutôt à un ordre ancien. Plutôt que de réformes, on pourrait parler de contre-réformes…