Rentrée scolaire : Le meilleur des gestes barrières, c’est la création de postes

InFO militante par Chloé Bouvier, L’Info Militante

© Come SITTLER/REA

Alors que la rentrée s’annonce difficile, la FNEC FP-FO se mobilise pour revendiquer de meilleures conditions de travail au sein de l’Éducation nationale. Dans le cadre d’une intersyndicale, un appel à la grève a été lancé pour le 23 septembre.

Une rentrée la plus normale possible, c’est ce que souhaitait le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, insistant sur le fait que les établissements seraient ouverts. La décision a été prise d’appliquer le niveau 2 du protocole sanitaire, dévoilé cet été, qui prévoit la présence de la totalité des élèves au sein des écoles, collèges et lycées, moyennant le port obligatoire du masque en intérieur. Cette affirmation de l’école ouverte entre en contradiction avec ce protocole, pointe Clément Poullet, secrétaire général de la fédération FNEC FP-FO. Il est prévu que, en cas de cas positif dans une classe, celle-ci soit fermée pour le 1er degré. Concernant le second degré, les élèves non vaccinés seront exclus en cas de cas positif.

Des personnels toujours en première ligne

S’il ne se prononce pas sur la question du vaccin, le militant souligne les difficultés d’application de ce protocole et cela conduit les collègues à se poser des questions assurant que la fédération apportera aide et soutien à tous les personnels, dont les enseignants. Le ministère les dans une position insupportable en leur demandant de faire le tri entre leurs élèves. et ils sont par ailleurs sommés de mettre en place en place un enseignement à distance en plus d’assurer leurs cours en présentiel durant la journée. Et tout cela sans moyens supplémentaires alors que l’Éducation nationale maintient son plan de suppression de plus de 1 800 postes dans le second degré. Or, nous le répétons depuis le début de la crise : le meilleur des gestes barrières, c’est la création de postes pour éviter les salles surchargées et favoriser un meilleur apprentissage des élèves.

Grenelle de l’Éducation : une prime ridiculement faible

Lors de sa conférence de rentrée, Jean-Michel Blanquer a annoncé une nouvelle prime d’attractivité en 2022 dans le cadre du Grenelle de l’Éducation, qui concerne les 9 premiers échelons, soit 58 % des enseignants, psychologues de l’Éducation nationale, CPE titulaires et contractuels. L’octroi de 57 euros nets par mois, maximum, est prévu pour les échelons 2 et 3 et 28 euros nets, au minimum, pour les échelons 5 à 9. Les contractuels percevront, eux, une prime de 27 euros par mois. Après les quelques primes accordées en 2021, ce sont donc des montants ridiculement faibles en 2022, et ces primes excluent toujours une grande partie des personnels, dénonce la FNEC FP-FO dans un communiqué du 30 août. Pour la fédération, le Grenelle ne répond pas aux revendications d’augmentation générale des salaires. Elle revendique l’augmentation du point d’indice à hauteur de 20%, et l’augmentation immédiate et sans contrepartie de 183€ indiciaire pour tous, comme les personnels hospitaliers.

Une mobilisation le 23 septembre

Une intersyndicale à laquelle participe la FNEC FP-FO revendique quant à elle un plan d’urgence dans l’éducation pour les postes, les salaires et l’amélioration des conditions de travail. Les organisations dont la fédération FO appellent les personnels à se réunir dès les premiers jours de la rentrée pour lister les revendications et organiser les mobilisations nécessaires. Un appel à la grève a été lancé pour le 23 septembre, ainsi qu’une participation à la mobilisation interprofessionnelle le 5 octobre. Dans le cadre de ce protocole sanitaire, la crainte est de voir s’effriter la capacité d’actions collectives. Selon son application sur le terrain, le protocole peut entraver le droit syndical et le droit d’information des travailleurs, s’inquiète ainsi Philippe Beaufort du Spaseen-FO (personnels administratifs), citant par exemple des difficultés pour organiser des réunions d’information.

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