Communiqué de FO

Reprise de l’activité économique n’égale pas nécessairement reprise de l’emploi

, Michel Beaugas

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© Frederic MAIGROT/REA

Les chiffres du nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en septembre 2017 viennent de paraître.

Au total, pour toute la France, - DROM incluses – et toutes catégories confondues (A, B, C, D et E), on recense ce mois 6 635 500 personnes inscrites à Pôle emploi, 67 500 personnes de plus qu’il y a un an.

Le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A diminue marginalement. Les hommes en sont les premiers bénéficiaires (-1,9% sur un mois, -2,4% sur un an), les jeunes également (-5,3% sur le mois).

Le nombre d’inscrits en activité réduite poursuit une progression inquiétante : sur le dernier mois, le nombre d’inscrits en activité réduite longue (catégorie C) augmente de 3,2% (+2,3% sur le trimestre), celui des inscrits en activité réduite courte (catégorie B) ne réduit que sensiblement (-1% sur le mois, +4% sur le trimestre).

Parmi les 683 600 personnes inscrites à Pôle emploi non tenues de rechercher un emploi (catégories D et E), figurent notamment celles en formation, en création d’entreprise, en contrats aidés. La catégorie D connaît une importante décrue (-8,2%), alimentée entre autres par les sorties du plan 500 000.

Or, les contrats aidés ont subi un « coup de rabot » drastique ; le soutien au développement de micro-entreprises dans le cadre du PLF 2018 ne suffira pas à créer des emplois de qualité ; le Plan d’investissement dans les compétences devrait être engagé avant même la négociation nationale interprofessionnelle sur la formation professionnelle et avant même toute évaluation du Plan « 500 000 ».

L’OFCE prévoit un ralentissement des créations d’emplois en 2018 malgré une croissance robuste. En effet, si l’activité économique peut reprendre, elle n’est pas nécessairement synonyme de création d’emplois de qualité, c’est-à-dire avec des rémunérations revalorisées, qui permettent une vraie relance par la consommation.

A propos de cet article

Sur l’auteur

Michel Beaugas

Secrétaire confédéral au Secteur de l’Emploi et de la Formation professionnelle


  • Assurance chômage
  • Formation professionnelle continue
  • Politiques de l’Emploi
  • Travail temporaire et travail saisonnier
  • Service informatique (dont e-FO)

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Éphéméride

21 février 1884

La grève des mineurs d’Anzin
Article de René Gibère paru dans Force Ouvrière n°491, daté du 7 juillet 1955. _ Ce n’était pas la première fois que les ouvriers mineurs du bassin houiller d’Anzin se mettaient en grève pour obtenir l’amélioration de leur condition d’existence. Pendant les années de 1833, 1846, 1848, 1855, 1864, 1866, (...)

Article de René Gibère paru dans Force Ouvrière n°491, daté du 7 juillet 1955.
_ Ce n’était pas la première fois que les ouvriers mineurs du bassin houiller d’Anzin se mettaient en grève pour obtenir l’amélioration de leur condition d’existence. Pendant les années de 1833, 1846, 1848, 1855, 1864, 1866, 1872, 1874, 1878, 1879, 1880, ils luttent et revendiquent tantôt pour des mesures de sécurité et d’hygiène dans le travail. Parfois ils atteignent leurs objectifs, mais souvent, ils se heurtent à l’incompréhension et au refus brutal de la Compagnie. Au cours de ces grèves successives, les mineurs prenaient chaque fois leur responsabilité avec gravité et discernement, même lorsque la grève avait pour conséquence le licenciement. Cependant, les actions revendicatives, dès le début, développèrent leur esprit combatif, leur force morale et leur sentiment de solidarité.
La grève qui éclata le 21 février 1884 et se prolongea jusqu’au 17 avril, fut provoquée par la Compagnie de houillère elle-même qui imposa brusquement un changement dans l’organisation du travail des mineurs. En effet, la Compagnie avait décidé que : 1° Les ouvriers seraient responsables de leurs travaux pendant toute la durée de leur galerie, et que de ce fait les vieux et les jeunes ouvriers seraient supprimés ; 2° L’ouvrier devra se surcharger de bois pour les réparations ; 3° La Compagnie ne fera plus de remblais, de là des éboulements seront très fréquents ; 4° L’entretien de la voie ferrée, le matériel et la responsabilité des accidents, seraient à la charge des mineurs. Les ouvriers jugèrent cette modification inacceptable. Basly, secrétaire général de la Chambre syndicale, dans une lettre, adressée aux députés et aux autorités du département du Nord, expliqua et justifia l’opposition des mineurs à ce nouveau mode de travail, préjudiciable à leur santé et à leur salaire, déjà au-dessous du minimum (3 fr. 50 par jour).
À la suite d’un entretien qui eut lieu entre la délégation syndicale et la Compagnie, cette dernière maintenant sa décision, les mineurs décidèrent la grève, dans un commun accord. « Considérant que le gouvernement n’est pas intervenu en leur faveur, disait un manifeste syndical, destiné aux mineurs, que la Chambre et les commissions d’enquête se prononcent contre eux, les délégués se réservent comme dernière arme d’inviter les autres ouvriers des Charbonnages de France à se mettre en grève ». (On sait qu’à la suite de ce manifeste, des mineurs, réunis à Saint-Étienne, votèrent contre la grève générale et refusèrent de s’associer au mouvement). Les travailleurs de la Mine d’Anzin revendiquèrent le rétablissement de l’ancien système de travail et la réintégration des ouvriers congédiés pour des grèves antérieures. Or, la Compagnie resta inébranlable dans sa position, et voyant la résistance opiniâtre des grévistes, elle licencia, par surcroît, 140 mineurs syndiqués.
La misère dans les familles de mineurs était telle qu’à Denain, des manifestations violentes eurent lieu, suivies de sanglantes échauffourées entre les mineurs et les gendarmes. Pour éviter de nouvelles collisions, des troupes furent envoyées pour occuper toutes les fosses. Des grévistes qui protestèrent contre l’intervention de l’armée, furent emprisonnés et condamnés de la jours à 3 mois de prison.
À la Chambre, le député socialiste Clovis Hugues interpella le gouvernement sur « la présence de l’armée dans la mine d’Anzin » et, bien que l’Assemblée vota une motion platonique sur le « respect de la liberté des ouvriers », la situation ne changea guère. Et après 56 jours de luttes âpres, les mineurs reprirent le travail, dans les conditions fixées par la Compagnie.
En octobre 1884, Basly déclara devant la Commission d’enquête à propos de la grève d’Anzin : « Le système de travail qu’on voulait appliquer, nous paraissait contraire à nos intérêts, car il abaissait les salaires et exigeait un travail supplémentaire. La vérité, c’est que la Compagnie voulait la grève, et en définitive, elle cherchait à détruire le syndicat ».
Si la Compagnie houillère d’Anzin avait atteint son but, en contraignant les mineurs à reprendre le travail, elle était la cause de mécontentements continuels, qui devaient aboutir à de nouveaux conflits.