Reste à charge zéro : le point sur la concertation

Complémentaire santé par Secteur Retraites

Avec l’objectif affiché de diminuer le renoncement aux soins pour des raisons financières et d’améliorer l’accès à des dispositifs qui répondent à un enjeu de santé important, le gouvernement souhaite aboutir à des accords avec l’ensemble des acteurs concernés avant juin 2018. La concertation, ouverte en février, peine à avancer avec les professionnels de santé.

Pour l’optique, alors qu’ils étaient favorables à la mise en place d’une offre sans reste à charge, les syndicats d’opticiens considèrent que le gouvernement envisagerait de faire des économies sur leur secteur, sans prendre en compte leurs propositions. Le projet de porter la fréquence du remboursement des lunettes, d’une fois tous les deux ans à une fois tous les trois ans les a notamment choqués.

Après une phase tendue, les discussions avec la profession des chirurgiens- dentistes avancent suite à des aménagements proposés par l’assurance maladie. Le reste à charge zéro concernerait certains types de prothèses. En échange, le tarif de remboursement de certains soins serait augmenté.

Pour les prothèses auditives, la prise en charge de l’assurance maladie serait augmentée mais pas autant que le souhaiteraient les audioprothésistes. D’autre part, le prix de vente des prothèses serait plafonné bien en dessous des prix actuels.

Si le gouvernement affiche une volonté de concertation, il impose dans le même temps aux organismes complémentaires d’assurance maladie (OCAM) de financer le coût de ces prestations sans augmentation de cotisation. Pour Force Ouvrière, les complémentaires ne peuvent pas être réduites au rang de payeurs. Ces acteurs doivent évidemment avoir leur mot à dire.

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