Retraites : dans toute la France, la mobilisation se poursuit contre la réforme

InFO militante par Sandra Déraillot, Clarisse Josselin, Elie Hiesse, L’Info Militante

Article publié dans le cadre de la campagne Réforme des retraites, FO dit stop !
16 mars 2023 - Blocage de la RN4 à Saint-Dizier

Ce jeudi 16 mars, comme la veille, les grèves, manifestations, rassemblements et blocages se poursuivent sur tout le territoire, avec détermination, contre la réforme des retraites. L’annonce du recours au 49-3 par la Première ministre n’a fait que renforcer la détermination de tous contre la réforme des retraites, imposé par l’exécutif contre l’immense majorité de la population.

Avec plus d’un million et demi de manifestants, les cortèges organisés ce mercredi 15 mars sur tout le territoire pour la huitième journée nationale interprofessionnelle de mobilisation contre la réforme des retraites sont restés très fournis. Les manifestants étaient 450 000 à Paris, près de 50 000 à Bordeaux, 12 500 à Montpellier, 10 000 à Avignon comme à Perpignan, 8 000 à Lorient, 6 000 dans les rues de Metz, 5 000 à Mulhouse comme à Reims, 4 000 à Amiens, 2 200 à Sète, 400 à Segré dans le Maine-et-Loire…

Yanis Aubert, secrétaire général de l’UD de Seine-Maritime, a comptabilisé 30 000 personnes au Havre et 12 000 personnes à Rouen. A Rouen, le cortège FO a occupé tout un pont sur la Seine à lui tout seul, se félicite le militant. La mobilisation reste forte, avec des camarades venus de tous les secteurs, comme le CHU, des territoriaux, des salariés de Samat et Sotrapid spécialisés dans le transport de carburant, de Safran, de Gref, de Renault Cléon, de Pôle emploi...

16 mars 2023 - Rassemblement à la sous-préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

La mobilisation a aussi été forte dans les Pyrénées-Atlantiques, avec 10 000 manifestants à Pau, la préfecture, et autant à Bayonne, la sous-préfecture. Il y a une belle dynamique, se félicite le secrétaire général de l’UD Hervé Larrouquère. On reste mobilisés, d’autres rassemblements sont organisés le 16 mars dans ces deux villes. On est dans l’attente de voir ce qui va se passer au Parlement, s’il faut continuer, on continuera.

En Loire-Atlantique, les rangs des cinq mobilisations organisées dans le département sont restés fournis mercredi 15 mars : 35 000 manifestants à Nantes, 10 000 à Saint-Nazaire, 2 500 à Ancenis, 1 500 à Chateaubriant, 1 500 à Clisson selon les décomptes de l’UD FO 44. Même inférieures au 7 mars, les mobilisations ont été importantes. La colère est là, commentait Michel Le Roc’h, secrétaire général de l’UD FO.

En Isère, FO et l’intersyndicale ont organisé sept mobilisations ce 15 mars. Les cortèges ont été moins fournis que lors de la mobilisation du 7 mars. C’était attendu, pour un mercredi. Mais les militants ne veulent pas renoncer, expliquait Philippe Beaufort, secrétaire général de l’UD FO 38. En réponse, la commission exécutive de l’UD FO Isère a donc proposé à l’intersyndicale de durcir le mouvement jeudi 16 mars, à l’issue de la nouvelle mobilisation organisée à 14 heures devant la préfecture à Grenoble. Elle a proposé un barrage total de tous les accès à la place de Verdun (celle devant la préfecture) et un campement continu jusqu’au retrait de la réforme des retraites. Réponse formelle jeudi midi, lors de la réunion de l’intersyndicale. On a déjà activé tous nos réseaux, envoyé des messages à l’ensemble des adhérents FO et informé la presse locale, précisait mercredi soir Philippe Beaufort.

Le périph de Caen bloqué toute la journée du 15 mars

D’autres manifestations étaient prévues ce 16 mars, comme à Bordeaux, où l’intersyndicale de Gironde appelle à un rassemblement à Bordeaux à 17 heures. Le 16 mars on continue, et quelle que soit l’issue parlementaire, on amplifie le rapport de force pour gagner le retrait prévient-elle.

16 mars 2023 - Bloquage depuis 4h45 du centre de déchets de Caen.

Dans l’Hérault, l’intersyndicale donne rendez-vous à 18 heures à Montpellier pour une manifestation avec flambeaux et concert de casseroles. Le cortège fera halte devant la préfecture, où un cercueil sera déposé après les déclarations des membres de l’intersyndicale.

Dans le Tarn-et-Garonne, un nouveau rassemblement à l’appel de l’intersyndicale est organisé devant la gare à Montauban, et d’autres devant les caisses de Sécurité sociale.

Outre les manifestations, de nombreux blocages ont été et continuent d’être organisés. A Caen, dans le Calvados, le périphérique est resté à l’arrêt toute la journée du 15 mars, jusqu’en début de soirée. L’action a été menée en intersyndicale, avec une forte participation de camarades FO, des routiers, des salariés de Stellantis, des personnels de santé. Un autre blocage a été mis en place sur un pont levant de Caen, gênant le passage des bateaux. L’intersyndicale a également bloqué l’accès au centre de traitement des déchets de Caen, une action reconduite ce 16 mars à 4h45. Du fait de la présence de tous ces camarades sur les blocages, les cortèges ont été moins fournis, explique Pierrick Salvi, secrétaire général de l’UD du Calvados, qui se dit très satisfait des actions.

En Meurthe-et-Moselle, une opération escargot entre Pont-à-Mousson et Nancy a été menée ce 15 mars, provoquant des ralentissements sur l’A31. A Lille en revanche, la tentative de FO de mener une opération escargot au départ de la bourse du travail a été bloquée par les forces de l’ordre, qui ont menacé les militants de les verbaliser ou de leur retirer des points de permis de conduire. Karine Welcame, responsable de l’UL FO de Lille, espérait néanmoins pouvoir organiser une nouvelle action sur l’autoroute A1 vendredi 17 mars.

Dans les Pyrénées-Orientales, l’intersyndicale a bloqué le marché international de Saint Charles à Perpignan, premier centre européen de commercialisation, de transport et de logistique en fruits et légumes. L’action devait être reconduite le 16 mars. Dans les Pyrénées-Atlantiques, c’est la zone de fret de Bayonne-Mouguerre qui avait été bloquée par l’intersyndicale dans la matinée du 15 mars.

Au même moment, en Loire-Atlantique, des barrages filtrants ont été mis en place près de la cité scolaire à Saint-Nazaire et au bas Chantenay à Nantes. FO transports a tenu un barrage filtrant entre Saint-Herblain et Couëron. A Ancenis, plusieurs entreprises où FO est majoritaire, dont Manitou et Toyota, ont débrayé et les salariés ont également organisé des barrages filtrants. Notables également, des débrayages dans les entreprises aéronautiques.

A Angers, dans le Maine-et-Loire, Biopole, le service de récupération des ordures ménagères, est bloqué et le ramassage des déchets est à l’arrêt dans toute l’agglomération.

16 mars 2023 - Rassemblement ce jour devant le rectorat d’Amiens.

Dans l’Hérault, un blocage du dépôt de carburant de Frontignan, près de Sète, a été organisé dans la nuit de mercredi 15 à jeudi 16 mars, par l’intersyndicale, de 23 heures à 8 heures du matin, heure à laquelle les forces de l’ordre sont intervenues. Durant toute la nuit, aucun camion n’est passé, entré ou sorti, expliquait Franck Mary-Montlaur, secrétaire général de l’UD FO présent sur place.

Dans l’énergie, du fait de la grève, la baisse de production a atteint l’équivalent de 10 réacteurs nucléaires

A Rouen, c’est le rectorat qui a été bloqué par les manifestants le 15 mars. La colère demeure dans le secteur de l’enseignement, où la fédération FNEC FP-FO a appelé ses syndicats à organiser la grève totale le 15 mars, reconduite les 16, 17 mars, et les jours suivants s’il le faut, jusqu’au retrait. Les chiffres de la mobilisation n’étaient pas parlants pour le 15 mars, un mercredi, jour sans école dans le 1er degré. Il y a moins de grévistes mais une forme d’attentisme, on retient notre souffle. Même s’ils ne sont pas majoritaires, des collègues s’accrochent pour la reconduction de la grève. Des camarades ont participé aux manifestations, ils ont bloqué le rectorat comme à Rouen, ils étaient présents sur les piquets de grève comme sur le centre d’incinération des déchets d’Issy les Moulineaux, explique Clément Poullet, secrétaire général de la FNEC-FP-FO. Or lundi 20 mars démarrent les épreuves écrites de spécialité du bac, dont les notes seront prises en compte par la plateforme d’orientation Parcoursup, une première. Si le gouvernement maintient sa réforme des retraites, il prendra la responsabilité du mauvais déroulement de ces épreuves, car nous appellerons à continuer la grève, nous restons déterminés, prévient-il.

A Nantes, dans les écoles, collèges et lycées, un mouvement « très suivi » des enseignants est attendu. Toutes les organisations y ont appelé, commente Michel Le Roc’h, secrétaire général de l’UD FO de Loire-Atlantique. Dans ce département, l’UD FO a appelé à reconduire les grèves et les mobilisations. Ce devrait être le cas dans l’aéronautique et dans les entreprises d’Ancenis déjà mobilisées mercredi. Les éboueurs municipaux de Nantes, en grève depuis lundi, ont reconduit le mouvement jeudi. C’est le cas également des agents du Département voieries et nettoyage de Nantes, où FO est bien implantée.

La mobilisation se poursuit aussi dans la production de pétrole. Les expéditions sont toujours à l’arrêt dans la plupart des raffineries, indiquait ainsi le 15 mars au soir Jean-François Vapillon, secrétaire fédéral en charge du secteur à la Fédéchimie FO.

16 mars 2023 - Pique-nique devant la gare de Brest

Le secteur de l’énergie reste l’un des fers de lance de la contestation. La mobilisation s’est un peu tassée mercredi 15 mais nous restons sur de très beaux chiffres, d’un niveau équivalent aux mobilisations contre le projet Hercule (projet de démantèlement du groupe EDF, NDLR), explique Alain André, secrétaire général de la fédération FO FNEM. Chez GRDF, 31,03 % des agents présents ont cessé le travail mercredi. Chez Enedis, 39,6 % des agents présents ont débrayé. Sur certains sites Enedis, il y a même eu des pointes à 60 %, précise le militant FO. Chez EDF SA, 33,41 % des agents présents ont fait grève...

Les baisses de production ont été très significatives mercredi, atteignant dans la matinée 10 710 MW, soit l’équivalent de quelque 10 réacteurs nucléaires. Tous les centres de production nucléaire, thermiques et hydrauliques restent dans l’action, encore ce jeudi 16 mars, commente le militant FO. Détermination inchangée aussi sur les sites gaziers : aucun déchargement ne se fait dans trois terminaux gaziers sur quatre. Ce jeudi 16, une action spécifique était annoncée sur le site de stockage souterrain de Beynes (Yvelines) : la présence sur le piquet de grève devait y être extrêmement renforcée, précise le militant. La suite des actions est suspendue au choix des parlementaires en cette journée décisive du 16 mars.

Le 15 mars 2023, on se mobilise massivement
 

Amiens - 80
Aurillac - 15
Avignon - 84
Belfort - 90
Caen - 14
Calvados - 14
Chaumont - 52
Epinal - 88
Foix - 09
Gers - 32
Isère - 38
La Manche - 50
La Roche-sur-Yon - 85
Landes - 40
Langres - 52
Lorient - 56
Marseille - 13
Metz - 57
Montarbier -82
Mulhouse - 68

Sandra Déraillot Journaliste à L’inFO militante

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

Elie Hiesse Journaliste à L’inFO militante

L’Info Militante

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