Revue de presse

Retraites en désordre ?

, Michel Pourcelot

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Manifestation du 19 mars à Paris. © F. BLANC

La récente sortie, le 17 mars, du ministre de la Santé à propos de l’âge de départ à la retraite a été suivie de diverses interventions gouvernementales, relançant les interrogations sur les réels projets de l’exécutif en la matière. Aperçus dans la presse.

Libération
Points et contrepoints, la symphonie gouvernementale : Dimanche, Agnès Buzyn se disait pas hostile à titre personnel (mais tout de même ministériel) à un report de l’âge de départ à la retraite. Hier matin, le ministre du Budget Gérald Darmanin soutenait cette proposition courageuse. Mais le même jour à l’Assemblée, la ministre des Affaires sociales rétropédalait devant la polémique, assurant que cette mesure n’est ni envisagée, ni sur la table des négociations que pilote le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye. Sauf que ce mercredi sur RTL, Benjamin Griveaux dit... l’inverse. Comme d’autres sujets débattus avec les partenaires sociaux, c’est une question qui est à la concertation, a indiqué le porte-parole du gouvernement, contredisant donc le démenti de Buzyn sur la position personnelle de Buzyn qui est aussi celle de Darmanin. On y voit plus clair. Ce qui n’est pas de trop pour lire entre les lignes de la portée gouvernementale.

Ouest-France
De symphonie en concertation, il n’y a qu’un pas : Ce mercredi, sur RTL, Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a défendu sa collègue Agnès Buzyn, dans son rôle quand elle pose la question du financement du système de retraites… tout en affirmant que la question de l’âge légal de départ à la retraite restait d’actualité. C’est une question qui est à la concertation, a indiqué Benjamin Griveaux. Nous n’avons pas l’habitude de fermer les concertations en pleine concertation, ça n’est pas une bonne méthode de gouvernement. Cela n’empêche pas les dissonances, peut-être effectuées de concert, en pleine concertation.

Le Figaro
Des disharmonies, pas si disruptives que ça, qui ont entraîné une agile intervention du chef d’orchestre en titre : Le Haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye s’est dit très surpris lundi par les propos de la ministre des Solidarités Agnès Buzyn qui a ouvert la porte à des discussions sur un report de l’âge légal de départ à la retraite - exclu par Emmanuel Macron pendant la campagne. J’ai vu émerger ce débat, ce n’est pas le mien, a déclaré au Monde l’ancien président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) nommé en septembre 2017 par Emmanuel Macron pour piloter l’épineux dossier des retraites. Mais si nous devions faire évoluer notre réflexion, au-delà de cette question, ce sera en toute transparence et non pas au travers d’une déclaration ou d’une émission, a-t-il ajouté.. Pas sûr que le « mais si » fasse gagner en clarté.

Les Echos
Même si Le Premier ministre a assuré ce mercredi qu’il n’est pas question de toucher, dans le cadre de la réforme des retraites, à l’âge légal de départ. Mais il a redit, évoquant la dépendance, que la question de savoir s’il faut travailler plus longtemps était parfaitement valide. Au final, on ne change rien pour tout changer, l’âge légal ne bouge pas mais il faudra travailler plus : le chef du gouvernement a en effet laissé toutes les portes ouvertes à d’autres mesures, y compris des mesures qui joueront sur l’âge, comme une hausse plus rapide que prévu de la durée de cotisation ou des mécanismes de décote-surcote incitant à travailler au-delà de 62 ans. En résumé, on s’arrête à 62 ans mais on continue quand même ?

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