Protection sociale

Retraites : en Polynésie, FO refuse de cotiser plus pour gagner moins

, Clarisse Josselin

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En Polynésie française, une intersyndicale a lancé un préavis de grève générale illimitée à partir du 22 février. Elle exige le retrait d’un projet de loi réformant le système de retraite local et dans lequel les salariés ont tout à perdre, selon le CSTP-FO, ultra-majoritaire.

Augmenter la durée des cotisations de 35 à 38 annuités pour une retraite à taux plein, repousser l’âge légal du départ de 60 à 62 ans et reculer de 55 à 57 ans la possibilité de bénéficier d’une retraite anticipée, tel est l’objectif du gouvernement polynésien pour équilibrer les comptes de la Protection Sociale Généralisée (PSG). La Polynésie française, collectivité d’outre mer, est autonome en matière de protection sociale.

Les confédérations syndicales représentatives (CSTP-FO, Otahi, O oe to oe rima, Cosac et Csip) réunies en intersyndicale exigent le retrait de ce projet de loi. Elles lancent un appel à la grève générale illimitée à partir du 22 février. Le 15 février, 2 500 personnes avaient manifesté à Papeete lors du précédent appel à la mobilisation contre la réforme des retraites.

Le projet de loi est actuellement en cours d’examen par l’Assemblée de la Polynésie française. Le gouvernement souhaite sa mise en application progressive dès 2019.

Les salariés n’ont rien à gagner sur cette réforme, a insisté Angélo Frébault, secrétaire général de la CSTP-FO, premier syndicat local, sur Polynésie 1re. Outre l’allongement du temps de travail, le projet comprend aussi une hausse du taux de cotisation et un nouveau mode de calcul du montant de la pension, moins favorable aux salariés.

Le régime de protection sociale ne doit plus payer le salaire des agents hospitaliers

Les syndicats se disent prêts à engager des discussions sur une réforme globale de la PSG. Entre 2009 et 2018, la caisse de retraites a généré un déficit cumulé de 36,1 milliards de francs pacifiques (CFP) (soit 301 millions d’euros), rappelle Polynésie 1re. Ils estiment qu’il serait possible de réformer la branche maladie, et de se servir des économies réalisées pour combler le déficit des retraites.

Angélo Frébault rappelle aussi que le gouvernement local avait ponctionné 15 milliards CFP (125 millions d’euros) dans des fonds destinés au financement des retraite pour compenser le déficit de la branche maladie, en 2009 et 2010. Le Pays doit encore 9 milliards, dénonce-t-il sur Polynésie 1re. Le remboursement sans délai de cette somme, qui permettrait de rendre le régime solvable, fait partie de la plateforme revendicative de l’intersyndicale.

Autre revendication, que ce ne soit plus le régime de protection sociale mais le Pays qui prenne en en charge le salaire des fonctionnaires territoriaux du centre hospitalier à hauteur de 12 milliards CFP par an (100 millions d’euros). Les syndicats exigent également l’augmentation de la valeur du point d’indice des fonctionnaires, gelé depuis 2008.

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