Revue de presse : La bataille de la loi Travail

Emploi et Salaires par Michel Pourcelot

Les multiples réactions à l’avant-projet de la loi Travail, dite également Loi El Khomri, continuent à faire couler de l’encre dans les médias, traditionnels ou sociaux, qui scrutent l’orchestration d’une valse-hésitation semblant millimétrée.

Le Figaro
Toujours présente sur la ligne de front, la ministre du Travail « a déclaré qu’"il faut frapper vite et fort, y compris en bousculant" ». Toutefois, « il faut discuter, amender, il faut être dans ce dialogue", a-t-elle ajouté ». En dépit de ce bémol à la marge, elle reste martiale et « s’est dite "motivée" et "déterminée" pour défendre son projet de loi, regrettant des "critiques parfois excessives". "Certains pensent que j’ai plusieurs handicaps, que je suis jeune, que je suis femme et que je veux faire bouger les choses pour mon pays", a-t-elle déclarée ». Une dramaturgie prévisible avec une ministre envoyée en pâture, martyre livrée aux lions de l"’immobilisme", un chef du gouvernement, mâchoires serrées sous la mentonnière libérale serrée au dernier cran, et un président de la République qui saura sans doute se montrer clément, esquissant quelques gestes compatissants envers les salariés.

Le Point
Avec en fin de compte, un recul d’un pas sur trois, donc deux de gagnés pour le Medef. D’ailleurs, le chef d’état-major a préparé un repli tactique : il « est prêt à lâcher du lest sur des points particuliers. Le gouvernement étudie le moyen de désamorcer les craintes sur les deux points de la réforme du Code du travail qui soulèvent le plus d’opposition : les motifs du licenciement économique et le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement illégal. Mais il n’entend pas lâcher ces deux points cruciaux de la réforme ». Crucial de mettre une croix.

La Charente Libre
Enterrer le Code du travail, ou du moins le réduire à l’état de momie, ne passe pas vraiment : « quant aux syndicats, ils seront une dizaine à participer (ce jeudi) à deux intersyndicales pour tenter de se mettre d’accord sur les modifications à réclamer à l’exécutif et discuter d’une mobilisation. Certains, comme la CGT et FO, exigent le retrait du projet. Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, envisage déjà "une très grande journée de mobilisation" le 31 mars. D’autres, comme la CFDT, qui a jusqu’ici accompagné la plupart des réformes du quinquennat, pointent de "vrais désaccords" ». Pendant ce temps, toujours à la baguette, « Manuel Valls, qui recevra syndicats et patronat à partir de la semaine prochaine, prépare aussi le terrain avec les députés PS avant l’examen du texte à l’Assemblée, toujours prévu en avril ». Les objectifs de l’offensive de printemps sont maintenus.

Le Progrès
D’ailleurs, « le Premier ministre a redit qu’il ne reculerait pas » Force d’inertie ? Immobilisme ? A défaut de blitzkrieg, il y a la guerre psychologique : « En même temps, il faut écouter, il faut convaincre. Et c’est le sens de ces quinze jours supplémentaires que nous nous sommes donnés pour convaincre" ».

Libération
De son côté, « le chef de l’État a justifié le report de l’examen du projet en Conseil des ministres : "Il vaut mieux prendre du temps, pour mieux en gagner", a-t-il souligné ». Et jouer les temps morts.

Le Monde
Mais, entre-temps, la résistance s’est aussi organisée sur le Net, filant vers le million de signatures : « depuis une semaine, les réseaux sociaux se font l’écho d’une inquiétude : mercredi matin, plus de 880 000 personnes avaient signé la pétition "Loi travail : non, merci !" ». Face à la régression, un réel assaut de modernité.

Michel Pourcelot Journaliste

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