Rhône : une priorité, le développement

Congrès d’UD par Françoise Lambert

Le XXXIe congrès des syndicats de l’Union départementale FO (UD-FO) du Rhône a réuni 450 militants à Vénissieux le 22 mars, sous la présidence de Philippe Pihet, secrétaire confédéral et ancien secrétaire général de l’UD. Le congrès a appelé à « la reconquête par le développement, partout, des implantations syndicales ».

Environ 450 militants ont participé le 22 mars au XXXIe congrès des syndicats FO de l’Union départementale (UD) du Rhône, qui s’est tenu à Vénissieux, sous la présidence de Philippe Pihet, secrétaire confédéral et ancien secrétaire général de l’UD. Le secrétaire général de la confédération, Yves Veyrier, retenu à Genève par une réunion du Bureau international du travail (BIT), a rejoint le congrès dans l’après-midi, pour une allocution devant les délégués.

Pascal Lagrue a été réélu au poste de secrétaire général de l’UD. Au coeur des débats, la défense des salariés des secteurs privé et public, la défense des services publics et de la protection sociale collective. Mais aussi le développement syndical, priorité de l’équipe syndicale élue.

Dans son rapport d’activité devant le congrès, Pascal Lagrue a rappelé que rigueur, discipline budgétaire ou austérité ont pour conséquence la réduction drastique des dépenses de protection sociale, des exonérations pour les employeurs sans contrepartie (CICE), la destruction des services publics, des attaques sans précédent contre le code du travail et les droits sociaux, ainsi que la remise en cause de notre modèle d’assurance chômage et des 42 régimes de retraite existants, dont FO revendique le maintien.

Attaques sans précédent envers les droits des salariés

Seule la satisfaction des revendications syndicales portées depuis de nombreux mois peuvent arrêter cette spirale diabolique et les attaques envers les droits des salariés, a estimé Pascal Lagrue.

Dans le secteur privé, ces attaques se matérialisent aujourd’hui par l’application des mesures issues des ordonnances Macron (remise en cause de la hiérarchie des normes, plafonnement des indemnités prud’homales, réduction des institutions représentatives du personnel…), mais aussi par des restructurations au sein des entreprises.

Dans le Rhône, tous les secteurs d’activité économiques sont concernés, notamment les principaux que sont la métallurgie, la chimie, l’industrie pharmaceutique, le BTP, le commerce, les transports routiers et urbains, ou encore les banques et assurances.

Dans le secteur public, c’est, comme dans le privé, la volonté d’ériger les crises économiques et financières successives qui sert de prétexte pour réduire la dépense publique et donc mettre à mal l’emploi et les conditions de travail des fonctionnaires, a analysé Pascal Lagrue.

Tous les services publics sont touchés

Tous les services publics sont touchés, l’hôpital, la SNCF, l’école ou les trésoreries. Le projet de loi de transformation de la fonction publique, qui remet en cause le statut des fonctionnaires et généralise l’emploi de salariés contractuels constitue une attaque sans précédent, affirme le congrès des syndicats du Rhône. Dans sa résolution, il exige le retrait immédiat de ce projet délétère.

Sur la question des salaires et traitements, le congrès revendique l’augmentation générale des salaires dans le secteur privé et l’augmentation de 18% de la valeur du point d’indice dans la fonction publique.

La défense de la protection sociale collective, des retraites et des pensions a également occupé le centre des débats. Pascal Lagrue a rappelé que la protection sociale est bien un des éléments du contrat de travail collectif — le fameux salaire différé constitué par les cotisations salariales et patronales, et géré par les organisations syndicales.

Sécurité sociale : cotiser selon ses moyens et utiliser selon ses besoins

La gestion du système par les salariés eux-mêmes, avec un financement basé sur les cotisations, permet de maintenir la Sécurité sociale sur sa base qui est de « cotiser selon ses moyens et utiliser selon ses besoins », a expliqué Pascal. A contrario, le financement par la CSG constitue une véritable attaque contre le système lui-même.

Le secrétaire général de l’Union départementale a en outre fustigé les exonérations de cotisations patronales, qui non seulement n’ont pas créé d’emplois, mais n’ont pas empêché les employeurs de supprimer des emplois dans de nombreux secteurs.

Peser collectivement et augmenter le rapport de force

Une priorité demeure pour l’équipe syndicale nouvellement élue à l’Union départementale du Rhône : le développement. Car la syndicalisation reste le seul moyen de peser collectivement et d’augmenter le rapport de force, tout en consolidant notre indépendance syndicale et financière, explique Pascal Lagrue. La formation syndicale est un axe primordial, précise-t-il, elle permet d’assurer la transmission des connaissances syndicales, économiques et sociales indispensables au militantisme, comme le congrès l’a rappelé dans sa résolution.

L’objectif fixé par l’UD : aider au développement des structures syndicales existantes en leur apportant un appui constant, et développer de nouvelles implantations FO dans les lieux qui en sont dépourvus. Sans oublier la progression de la présence FO dans les CSE (Comité sociaux et économiques) qui viennent remplacer et fusionner les anciennes instances du personnel (DP, CE, CHSCT) depuis le 1er janvier 2018.

Françoise Lambert Journaliste à L’inFO militante - Santé - Retraite