Royaume-Uni : le droit de grève remis en cause

InFO militante par Fanny Darcillon, L’Info Militante

© Paul MATTSSON/REPORT DIGITAL-REA

Face au conflit social le plus actif depuis des décennies, le gouvernement britannique reste inflexible et souhaite instaurer un service minimum dans plusieurs secteurs.

Pour moi, c’est du sabotage : face à une commission parlementaire, le secrétaire général du syndicat des transports RMT, Mick Lynch, a accusé le gouvernement britannique de faire volontairement échouer les négociations sociales. Forcer des travailleurs à travailler contre leur gré est un scandale, a-t-il tempêté en référence au projet de loi déposé au début du mois par le gouvernement, visant à imposer un service minimum dans six secteurs jugés vitaux. Au Parlement, le ministre des Entreprises, de l’Industrie et de l’Énergie, Grant Shapps, a défendu l’idée de faire en sorte que les services publics vitaux maintiennent des niveaux de fonctionnement suffisants pour s’assurer qu’il n’y ait pas de vies perdues.

FO exprime sa solidarité

Outre les milieux de la santé et des pompiers, on trouve parmi les secteurs visés par le gouvernement l’éducation, les transports, la sécurité aux frontières et la déconstruction de centrales nucléaires. Cette atteinte au droit de grève a été fermement dénoncée par les syndicats. FO a exprimé sa solidarité envers le TUC – la confédération des syndicats britanniques – et dénoncé le fait que le gouvernement britannique s’appuie sur l’exemple français en matière de service minimum pour défendre sa réforme.

Face à une inflation qui avoisine les 11 %, les grèves et débrayages se poursuivent de plus belle outre-Manche en 2023, notamment dans les secteurs des transports et de la santé. Pas moins de 40 000 cheminots étaient en grève au début du mois. À leur tour, les enseignants anglais et gallois ont annoncé une série de sept jours de grève entre février et mars. Leur principal syndicat, le National Education Union, a mis en valeur une décision vraiment difficile à prendre, mais qui envoie un message retentissant au gouvernement : nous ne resterons pas là à assister à la destruction de l’éducation sans résister. Dans ce mouvement social d’ampleur en Grande-Bretagne, des victoires continuent d’être remportées chaque mois. Ainsi, après une grève de six jours, les éboueurs de Liverpool ont par exemple obtenu une augmentation générale des salaires, à hauteur de 10 %.

Sur le même sujet

Grande-Bretagne : le TUC contre l’austérité et les atteintes au droit de grève

International par Secteur Europe - International

Le 14 septembre, les députés britanniques ont approuvé le projet de loi visant à limiter le droit de grève. Ce texte doit désormais être approuvé en troisième lecture et passer par la chambre des Lords avant d’être adopté. Ce 4 octobre, 60 000 personnes manifestaient à Manchester contre cette disposition – et plus largement contre l’austérité dans le pays.