Salaires : grève gagnante chez Robinet frigorique français, en Savoie

InFO militante par Clarisse Josselin, L’Info Militante

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Après 20 jours de grève, les salariés de l’entreprise Robinet frigorifique français, située près de Chambéry en Savoie, ont été entendus sur leurs revendications salariales. Selon l’accord signé le 9 novembre, ils obtiennent une augmentation générale de 3.5% rétroactive, une augmentation individuelle pouvant aller jusqu’à 3.51% ainsi qu’une prime de 300 euros.

C’est une mobilisation historique qui a paralysé durant 20 jours l’activité de la société Robinet frigorifique de France (RFF) située à Domessin, en Savoie. Dans cette entreprise familiale de 34 salariés, spécialisée dans la fabrication de vannes frigorifiques industrielles pour le grand froid, la dernière grève remontait à… mai 68.

Mais l’absence de toute revalorisation salariale lors des négociations annuelles obligatoires (NAO) de juillet dernier a mis le feu aux poudres. Malgré de bons résultats en 2021 avec 500 000 euros de bénéfices pour un chiffres d’affaires de 7.3 millions d’euros et le contexte de forte inflation, la direction a proposé 0% d’augmentation, dénonce Thierry Mayoral, délégué FO et salarié de l’entreprise depuis 37 ans. Nous voulions notre part du gâteau.

Malgré sa petite taille, l’entreprise, qui travaille pour un marché de niche peu concurrentiel, a des clients dans le monde entier. C’est notamment elle qui avait équipé la piste de bobsleigh des JO d’Albertville en 1992. Elle dispose de 9 millions d’euros de réserves financières.

Désormais nous sommes tous solidaires

Durant des mois, les discussions n’ont rien donné avec la direction. Le 20 octobre au matin, 19 salariés de l’atelier, soit 85% de l’effectif de production, ont décidé de se mettre en grève pour revendiquer une augmentation générale de 10%. Ils ont été rejoints par deux salariés des bureaux. Au premier jour de grève, le patron a concédé une augmentation générale de 1%. C’était largement insuffisant pour les grévistes qui ont décidé de poursuivre la mobilisation jusqu’à être entendus. Les négociations, très difficiles, auront duré 20 jours, jusqu’à ce qu’un compromis soit trouvé le 9 novembre. Durant toute cette période, la production est restée à l’arrêt et pas une pièce n’est sortie de l’usine.

L’accord signé le 9 novembre porte sur une augmentation générale de 3.5% avec rétroactivité au 1er septembre ainsi qu’une hausse individuelle de 3.51% selon 3 paliers de 1.17% en fonction de certains critères (ponctualité, absentéisme…). Selon le patron, les salariés toucheront en moyenne un peu plus de 5%. 80% des salariés devraient toucher 2.34% en plus des 3.5. explique Pierre Didio, secrétaire général de l’union départementale FO de Savoie qui a soutenu les grévistes. S’y ajoute une prime de partage de la valeur de 300 euros, versée au prorata du temps de présence sur l’année écoulée.

C’est une belle victoire, nous étions partis de zéro, nous avons tenu bon et nous avons fait craquer la direction, se félicite le délégué FO. Ce qui a changé aussi, c’est que désormais, nous sommes un groupe, tous solidaires, si quelqu’un est embêté on sera là et on est capables de retourner dehors si besoin.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

L’Info Militante

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