Allemagne : longue grève des conducteurs de trains de la Deutsche Bahn

InFO militante par  Maud Carlus, L’Info Militante

Berlin, le 11 août 2021 : grève des conducteurs de train. © Wolfgang Kumm/ZUMA Press/ZUMA/REA

Le syndicat des conducteurs de train (GDL) lançait le 30 août son troisième mouvement de grève en un mois. En effet, engagés dans un bras de fer contre la direction, les grévistes revendiquent une augmentation des salaires de 3,2% ainsi qu’une prime « coronavirus » de 600 euros. Si la direction a semblé vouloir répondre aux revendications le 1er septembre, elle y mettait des conditions et pas des moindres, proposant que la hausse de salaire soit versée en deux temps et pas avant 2022 et 2023. Qualifiant cette proposition d’ « inacceptable », le syndicat a refusé et annoncé la poursuite de la grève. Les cheminots de la Deutsche Bahn ont ainsi une nouvelle fois cessé le travail le jeudi 2 septembre. La grève a ensuite été suspendue dans la nuit du 6 au 7 septembre.

Dénoncer la loi sur « l’unité syndicale »

Dans le cadre de ce mouvement de contestation, un des plus longs de l’histoire de la compagnie, le syndicat montre aussi son opposition à une loi de 2015. Adoptée par l’Allemagne à la suite des grèves de 2015, elle porte sur l’unité syndicale (« Tarifeinheitsgesetz »). Elle permet ainsi en entreprise la conclusion d’accords entre les employeurs et le syndicat doté du plus grand nombre d’adhérents et que cet accord s’applique ensuite à tout le personnel. Par ce type d’accords explique GDL l’existence des syndicats de petite taille est menacée.

Syndicat minoritaire au sein de la Deutsche Bahn (18 000 adhérents), craint donc pour sa survie. En 2015, son président, Claus Weselsky, soulignait déjà la nécessité de défendre la pluralité syndicale afin que les membres de son syndicat ne soient pas traités comme des salariés de seconde classe.

Alors qu’un recours de la Deutsch Bahn visant à faire stopper la grève a été rejeté par la justice le 2 septembre, les conducteurs de train demandent toujours des négociations. Dans le contexte de la crise sanitaire, qui a vu ralentir l’activité de la DB, GDL constate que la compagnie ferroviaire a fait d’énormes bénéfices prévoyant des bonus substantiels pour certains de ses cadres, alors que les salariés se serrent la ceinture pendant la pandémie.

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