Communiqué de FO

Santé dégradée des femmes précaires : pour FO, les politiques menées ces dernières années ont une part de responsabilité !

, Anne Baltazar

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Selon un rapport récent du Haut Conseil à l’égalité (HCE) intitulé La santé et l’accès aux soins : Une urgence pour les femmes en situation de précarité, les femmes en situation de précarité (occupant des emplois à temps partiel, non qualifiés, avec des contrats instables, une pression temporelle…) sont fortement touchées par les maladies professionnelles, les accidents de travail et de trajet. En outre, elles sont surreprésentées parmi les victimes de maladies cardio-vasculaires.

Le rapport précise que les causes des inégalités sociales de santé sont multifactorielles : elles comprennent les conditions de travail des femmes précaires (cumul d’horaires atypiques ou décalés…) et le manque de moyens financiers, qui a directement des conséquences sur l’alimentation, et qui constitue la première cause de renoncement aux soins.

Cela confirme l’analyse Force Ouvrière, selon laquelle les politiques publiques doivent favoriser l’égalité professionnelle pensée dans le cadre d’une émancipation des salarié.e.s et non limitées à des mesures compatibles à des logiques d’austérité.

C’est-à-dire tout le contraire des politiques publiques menées ces dernières années.

En effet, alors même que les femmes occupent les deux tiers des postes d’ouvrières/ouvriers et d’employé.e.s non qualifié.e.s, les politiques menées ont accru la flexibilité et la précarité au travail.

Pour FO, il y a urgence, il est temps de faire marche arrière !

C’est pourquoi Force Ouvrière revendique l’augmentation du Smic pour atteindre progressivement 80% du salaire médian, l’augmentation du point d’indice des fonctionnaires, l’alignement des majorations des heures complémentaires pour les temps partiels sur celles des heures supplémentaires pour les temps complets, une meilleure articulation vie professionnelle/vie privée et des moyens supplémentaires (financiers et humains) aux Direccte afin qu’elles puissent véritablement exercer leurs contrôles, l’inspection du travail ayant vu ses effectifs réduits de 20% en 10 ans !

A propos de cet article

Sur l’auteur

Anne Baltazar

Secrétaire confédérale - Secteur Égalité professionnelle - Économie sociale - Logement


Egalité professionnelle - Economie sociale - Logement social - Handicap


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Éphéméride

13 décembre 1980

État de guerre en Pologne
Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste. Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en (...)

Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste.

Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en 1970, lorsque, à Szczecin la grève paralyse les chantiers navals et qu’un comité de grève est élu démocratiquement avec à sa tête Edmund Baluka.

En juillet 1980, des grèves éclatent dans tout le pays suite à l’augmentation de 100% du prix de la viande. Mais l’étincelle vient d’un fait beaucoup plus mineur. Le 13 août, Anna Walentynowicz, une syndicaliste est licenciée des chantiers navals Lénine de Gdansk. Le lendemain, les 16.000 ouvriers débrayent, demandant la réintégration de l’ouvrière et une augmentation de 130 francs par mois.

Le 16 août, tous les ports de la Baltique sont touchés et un comité de grève interentreprises (MKS) est fondé. Les transports en commun entrent à leur tour dans la danse. Le patron du parti communiste polonais, Edward Gierek, annonce le 20 août quelques « réformettes » économiques et en même temps fait arrêter une vingtaine de dissidents. La grève générale touche alors tout le pays. Affolé, le pouvoir négocie avec le leader du MKS, un électromécanicien de 37 ans ayant déjà fait ses classes dans les grèves de 1970 : Lech Walesa, renvoyé en janvier 1980 pour fait de grève.

Débordé, le gouvernement cède. Les fameux accords de Gdansk sont signés le 31 août. Pour la première fois dans le bloc communiste, des syndicats indépendants sont reconnus. Solidarnosc, Solidarité rurale et l’Association indépendante des étudiants compteront dix millions d’adhérents à la fin de l’année.Face à ce raz-de-marée, Edward Gierek passe à la trappe en septembre et le général Jaruzelski devient Premier ministre en février 1981. Moscou, à l’époque d’un brejnévisme vieillissant, mise sur ce général aux lunettes noires et fait parvenir le 4 mars à Varsovie le message suivant :« Il faut renverser le cours des événements ».

Le premier congrès de Solidarnosc, réuni à Gdansk, du 5 au 10 septembre et du 26 septembre au 7 octobre, exige des élections libres. L’agence soviétique Tass parle alors« d’orgie anti-soviétique ». Jaruzelski confirme sa position en prenant la tête du parti le 2 octobre. Contrairement à ce qu’il racontera ensuite pour se dédouaner, Jaruzelski déclare l’état de guerre, sur ordre de Moscou, le 13 décembre 1981. Solidarnosc est décapité ; Walesa est en résidence surveillée puis en prison. Les communistes pensent avoir remporté la partie. Erreur, une direction clandestine, la TKK, est mise sur pied et organise efficacement une société parallèle bénéficiant de l’aide des syndicats libres de l’occident dont FO, qui d’ailleurs portera plainte auprès du Bureau international du travail contre l’interdiction officielle de Solidarnosc en octobre 1982.

L’avènement du gorbatchévisme, la pression américaine et l’exceptionnelle résistancede la population obligent legénéral Jaruzelski à composer. Entre février et avril 1989, une table ronde réunit pouvoir et opposition. Aux élections semi-libres de juin, Solidarnosc obtient 161 sièges à la Diète. Peu après, le symbole de Gdansk, Lech Walesa, est élu président de la République. Mais alors commence une autre histoire...