Santé privée : la grogne monte

Emploi et Salaires par Françoise Lambert, journaliste L’inFO militante

Conférence de presse des organisations syndicales de la Santé privée le 14 décembre à la Bourse du travail à Paris. Photographie : F. Blanc (CC-BY-NC 2.0)

Les 14 et 15 décembre, les salariés du secteur non-lucratif de la santé privée étaient mobilisés pour l’augmentation de leurs salaires, la défense de leurs conventions collectives, l’arrêt de la dégradation des conditions de travail et d’accueil des usagers.

Ils travaillent dans les secteurs sanitaire, social et médico-social à but non lucratif, notamment dans des maisons de retraite, des établissements hospitaliers privés ou des associations d’insertion pour les personnes handicapées, et ils ont décidé d’exprimer leur ras-le-bol.

Des personnels au bout du rouleau

Mercredi 14 et jeudi 15 décembre, les salariés des établissements et des associations de la santé privée à but non lucratif étaient dans l’action à l’appel de leurs fédérations FO, CGT et SUD. Débats, assemblées générales de personnels, rassemblements, débrayages, dépôt de revendications auprès des élus locaux : la mobilisation a pris différentes formes localement pour exprimer les revendications de personnels au bout du rouleau.

A Paris, une distribution de tracts a eu lieu le 14 décembre porte Maillot, devant le lieu où se tenait l’assemblée générale de la FEHAP (Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne), l’organisation patronale notamment représentative dans les établissements pour personnes âgées et dépendantes, et dont les salariés sont couverts par la convention collective nationale 51.

Des salaires gelés depuis 2010

Dans ce secteur la valeur du point est bloquée depuis décembre 2010, soit depuis plus de six ans, s’indigne Catherine Rochard, responsable de la Santé privée au sein de la fédération des Services publics et de santé FO (SPS-FO). Conséquence : une perte de pouvoir d’achat et une forte augmentation de la précarité chez les salariés.

Outre l’augmentation des salaires, les organisations syndicales FO, CGT et SUD revendiquent une amélioration des classifications et des conditions de travail, le maintien de diplômes nationaux, ainsi que la mise en place de politiques de santé à la hauteur des besoins de la population.

Les revendications sont similaires dans le secteur professionnel couvert par la convention collective nationale dite « 66 », qui s’applique aux salariés travaillant dans les établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées.

Au total, environ 500 000 salariés sont concernés par ces revendications dans ces secteurs professionnels.

Une mobilisation qui s’inscrit dans un mouvement plus large

Leur mobilisation s’inscrit dans un mouvement plus large, qui inclut l’ensemble des secteurs de la santé, public et privé, et dont le point d’orgue a été jusqu’ici une journée de grève nationale et de manifestations le 8 novembre 2016. Cette semaine, les fédérations syndicales FO, CGT et SUD de la Santé et de l’Action sociale doivent se réunir pour décider d’une date pour une nouvelle mobilisation nationale au mois de mars.

Dans l’intervalle, les salariés du secteur de la Santé privée à but non lucratif seront de nouveau dans l’action au cours de la deuxième quinzaine de janvier et début février, au moment où se tiendront des négociations dans les branches couvertes par les conventions collectives du 31 octobre 1951 et de celle du 16 mars 1966.

Une pétition sera notamment remise à la fédération FEHAP. Elle a d’ores et déjà recueilli 30 000 signatures parmi les 300 000 salariés de la branche.

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