Ségur de la Santé : toujours la demande d’une revalorisation pour les paramédicaux

InFO militante par Chloé Bouvier, L’Info Militante

© F. BLANC

Alors que, dans un premier temps, la revalorisation salariale de 183 euros nets mensuels prévue dans le Ségur de la Santé était réservée aux personnels soignants des hôpitaux, FO s’est battue pour son extension et continue encore. Pour les secteurs FO de l’action sociale et de la santé privée, l’enjeu est notamment que la mesure Ségur concerne les personnels paramédicaux du public comme du privé.

Plus d’un an après la signature des accords de Ségur, qui prévoyaient une augmentation salariale de 183 euros net par mois pour les personnels de santé des hôpitaux publics, les acteurs du social et médico-social continuent de se mobiliser pour son extension. L’enjeu ? Que la mesure salariale du Ségur bénéficie à l’ensemble des personnels paramédicaux qui interviennent dans les secteurs de la santé. C’était l’objet d’une conférence de presse intersyndicale à laquelle participaient la Fédération Nationale de l’Action sociale (FNAS-FO) et l’Union nationale des syndicats de la santé privée Force ouvrière (UNSSP-FO), jeudi 18 novembre.

Une inégalité de traitement « inacceptable »

Malgré les mobilisations des organisations syndicales qui ont permis l’extension de cette revalorisation salariale à divers publics, notamment les paramédicaux des secteurs proches des Ehpad, en avril, d’autres catégories de salariés sont toujours exclues de cette revalorisation salariale, déplore Pascal Corbex de la FNAS-FO. Le militant cite le cas des personnels travaillant dans les structures à destination des publics en situation de handicap et financées par l’assurance maladie, ceux aussi des structures médico-sociales financées par les conseils départementaux, les professionnels de l’Aide à domicile, de la protection de l’enfance et de l’insertion, ou encore les salariés de l’Établissement français du sang.

Cette inégalité de traitement est « inacceptable », indique également Franck Houlgatte, de l’UNSSP-FO. Des salariés qui font le même travail, parfois ensemble avec les mêmes patients et en ayant le même niveau de qualification ont des salaires différents constate-t-il. Et cette situation pose problème en termes d’attractivité, dans des secteurs qui souffrent déjà de difficultés importantes de recrutement. On voit des salariés quitter certaines structures pour aller faire le même travail dans d’autres, qui sont concernées par l’augmentation salariale, témoigne le militant.

Une nouvelle conférence à venir

L’exécutif a promis l’ouverture d’une conférence avant le 15 janvier, dans le cadre de la nouvelle mission confiée à Denis Piveteau (conseiller d’État, entre autres ancien directeur de la caisse nationale de solidarité pour l’autonomie/CNSA), pour reprendre les négociations sur les règles conventionnelles d’évolution de carrière. Pour l’instant, les syndicats n’ont pas encore décidé de leur participation. Nous pourrons discuter lorsque l’ensemble des personnels seront concernés par l’augmentation salariale, explique Pascal Corbex. Nous avons déjà participé à la mission Laforcade, qui s’est terminée par l’accord d’avril. Nous y avions déjà exprimé notre revendication.

Si la décision syndicale quant à la participation à cette conférence n’est pas encore actée, en revanche nous nous mobiliseront ce jour-là annonce d’ores et déjà Franck Houlgatte. Et l’enjeu est plus large, la FNAS-FO et l’UNSSP-FO revendiquent en effet un véritable effort de la part du gouvernement, les 183 euros apparaissant comme un rattrapage. L’équation est simple : en payant mieux les salariés du médico-social, cela améliore l’attractivité du secteur et donc, les conditions de travail ainsi que la qualité du soin et de l’accompagnement des patients, appuie le militant.

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