Congrés d’UD

Seine-et-Marne : A des années lumières de la résignation

, Evelyne Salamero

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Les premiers mots de leur résolution générale sont pour les cheminots « en grève depuis plus de deux mois ». Les tout derniers, pour les « victoires futures » à « construire ». Les délégués au XXXVIe congrès de l’Union départementale FO de Seine-et-Marne –200 participants, 73 syndicats représentés– réunis le 7 juin sous la présidence de Serge Legagnoa, Secrétaire confédéral chargé du département protection sociale, ont exprimé une volonté de combattre et un dynamisme à toute épreuve.

Antoine Gamaury, secrétaire général de l’Union départementale, réélu à l’issue des travaux, a commencé par remercier les présents d’être venus si nombreux et cela n’avait rien de protocolaire ni d’anodin dans ce département qui occupe à lui tout seul la moitié de la superficie de l’Ile-de-France mais reste dépourvu de transports en commun adaptés à sa dimension (5 915 km2).

Une caractéristique locale qui n’a pas suffi à freiner le développement de FO durant ces trois dernières années, avec 21 nouvelles implantations de syndicats, preuve s’il en fallait de la volonté de combattre des militants FO Seine-et-Marnais, comme le rappelle le rapport d’activité, adopté, comme la résolution générale, à l’unanimité,. Et c’est bien ce que voulait encore souligner le secrétaire général, lorsqu’il a déclaré dans son discours introductif : Nous avons combattu et manifesté lors de toutes les mobilisations parisiennes. Même si pour nous, les betteraviers de l’Ile-de-France, les mobilisations sur Paris ont un coût, un vrai coût et ne sont jamais faciles à organiser.

Se développer pour combattre …

Les 22 intervenants à la tribune, mandatés par des syndicats de secteurs très variés du privé (métallurgie, commerce, organismes sociaux, Pôle emploi…) et du public (territoriaux, hospitaliers, personnels de l’Education nationale, postiers…) ont tous exprimé une sincère volonté de combat syndical pour reprendre les termes du secrétaire confédéral Serge Legagnoa qui a présidé les travaux.

Et ils ont de quoi faire, confrontés comme partout aux conséquences des contre-réformes du gouvernement et à la destruction des services publics avec notamment la fusion des hôpitaux de Fontainebleau, Nemours et Montereau et celle des hôpitaux de Coulommiers, de Meaux de Jossigny et de Jouarre, sans compter la création d’une plateforme hospitalière public-privé à Melun. Autant de restructurations qui conduisent toutes à des suppressions d’effectifs, des fermetures de lits et de services.

Le réseau postal (guichets et activités bancaires) a également fusionné avec celui du département voisin de Seine-Saint-Denis.

Quant à l’Ecole… Pas moins de 143 fermetures de classes sont programmées dans le département à la rentrée prochaine.

… Les réformes en cours et celles à venir

Les délégués ont fortement exprimé leur volonté de combattre les « contre-réformes du gouvernement » en cours, y compris celles de l’Education nationale qui visent à en finir avec les diplômes nationaux et leur reconnaissance dans les conventions collectives.

Ils n’en ont pas pour autant oublier celles à venir.

Ils ont ainsi réaffirmé leur refus de la retraite par points ou comptes notionnels qui préparent la baisse généralisée du montant des retraites et ouvrent la voie aux fonds de pension spéculatifs et leur revendication du maintien des retraites par répartition, de tous les régimes spéciaux, du code des pensions civiles et militaires de l’État.

La grogne monte

La grogne monte, partout des conflits sont naissants. Dans tous les Carrefours du département, dans les Ehpad, dans les hôpitaux de Nemours, Melun, Coulommiers, dans les écoles, collèges et lycées, à la CAF, à la CPAM, dans les bureaux de poste, des combats se mènent, prennent forment et des mouvements de lutte s’organisent […] Les retraités reprennent le chemin de la rue, a constaté Antoine Gamaury, interrogeant : Alors mes camarades la solidarité interprofessionnelle et inter générationnelle ne serait-elle pas à l’ordre du jour ?

La réponse à sa question se trouve dans la résolution générale, dont la première phrase exprime un soutien plein et entier aux cheminots en grève depuis plus de deux mois et qui se termine par un appel à retrouver la culture de l’assemblée générale et à dresser les cahiers de revendications car il faudra bien réunir les conditions pour la grève dans toutes les entreprises. Avec un dernier rappel : Pour FO, la vraie mesure de la représentativité, c’est celle du nombre de salariés qui nous rejoignent. C’est elle qui nous permet de gagner les élections, de négocier, de résister, d’influencer, de peser, de combattre et de construire nos victoires futures.