Seine-Saint-Denis, les PME de moins de 20 salariés dans l’objectif de FO

Congrès d’UD par Mathieu Lapprand

Le congrès de l’Union Départementale Force Ouvrière de la Seine-Saint-Denis s’est tenu le 25 juin à Bobigny devant plus de 200 délégués représentant 58 syndicats. Le congrès s’est tenu sous la présidence de Didier Porte, secrétaire confédéral. Une vingtaine d’intervenants ont animé les débats avant que Reza Painchan, Secrétaire général sortant de l’Union Départementale, soit réélu à son poste.

Ce département de plus 1,5 million d’habitants compte 500 000 salariés mais reste l’un des plus pauvres de France avec un revenu fiscal moyen de 14 000 euros et 45% de logements sociaux. En première ligne face à la crise, il a connu une explosion du chômage ces dernières années. Le département comptait un taux de chômage de 11,7 % début 2012, aujourd’hui ce taux est de 13,1 %. La fermeture de Peugeot-Citroën à Aulnay-sous-Bois et plus globalement la poursuite de la désindustrialisation dans le département n’ont pas été compensées par la hausse des emplois de services déplore Reza Painchan qui précise : « A la fin des années 60 en Seine-Saint-Denis, 40 % des salariés occupaient un emploi dans l’industrie. Ce taux est aujourd’hui ramené à 9 % ».

Si la fonction publique était bien représentée lors de ce congrès, les délégués des grands groupes du département se sont également fait entendre, représentant de secteurs aussi divers que l’alimentaire, les transports, la métallurgie, l’énergie ou encore l’aérien. Les salariés du secteur privé se sont interrogés sur les 100 millions d’euros touchés par les entreprises du département au titre du Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE) en 2014. L’entreprise de nettoyage industriel RLD, qui était basée aux Lilas, a notamment perçu 4 millions d’euros de CICE avant de déménager son activité.

Des communautés de communes qui inquiètent les agents

Coté services publics, les services de La Poste, de l’administration des impôts ou de la Sécurité Sociale sont malmenés. L’inquiétude vient également des incertitudes liées à la réforme territoriale. En effet, les nombreuses mutualisations prévues entre les communes via les communautés de communes inquiètent les 6 000 agents du Conseil Général comme les agents communaux.

Le fil rouge du congrès fut l’attention portée aux formations : ce sont de 200 à 250 militants par année qui bénéficient des formations délivrées par la confédération. Cette plus-value permet notamment d’enrayer en partie le fort nomadisme syndical constaté dans ce département.

Enfin le développement se poursuit avec une hausse du nombre de timbres de 5 % par rapport au précédent congrès. La priorité arrêtée est la conquête des entreprises de moins de 20 salariés : elles sont 18 000 dans le département et le renforcement de la confédération passe inéluctablement par le renforcement de sa présence dans ces entreprises.

Mathieu Lapprand Journaliste à L’inFO militante

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