Elections Fonction publique le 6 décembre 2018

Service public : Le vote FO pour s’opposer aux contre-réformes

, Valérie Forgeront

Recommander cette page

Pascal Pavageau en meeting à Marseille à l’Union départementale des Bouches-du-Rhone (13), le 11 septembre 2018, pour le lancement de la campagne des élections professionnelles dans la fonction publique du 30 novembre au 6 décembre 2018. © F. BLANC

La campagne FO pour les élections du 6 décembre dans la fonction publique est lancée. L’organisation vise à accroître encore son audience afin de combattre toujours davantage les attaques menées contre les services publics républicains.

Le 6 décembre 2018, quelque 5,2 millions d’agents publics (source ministérielle) sont appelés à renouveler près de 22 000 instances représentatives des personnels. Il s’agit pour FO de confirmer sa représentativité et d’accroître la progression enregistrée lors du précédent scrutin en 2014. L’organisation avait alors renforcé sa position de leader à l’État, acquise lors des élections de 2011 malgré les complications inhérentes aux nouvelles règles de représentativité. En 2014, l’organisation a affiché une nouvelle fois des scores en progression au sein de la territoriale et de l’hospitalière, où FO se situe en troisième position. Aujourd’hui encore, toute progression de FO à la fonction publique sera la bienvenue. Il s’agit de maintenir nos implantations dans des administrations déstructurées, indique le secrétaire général de la confédération FO, Pascal Pavageau. Signe positif à moins de trois mois des élections, le nombre d’adhésions d’agents de l’État à FO est supérieur cette année à ce qu’il était en 2017, souligne Christian Grolier, le secrétaire général de la Fédération générale des Fonctionnaires FO (FGF FO). Nous avons pour l’instant plus de 450 listes portées par plus de 7 000 candidats. On aura probablement plus de 550 listes, se félicite de son côté Hubert Raguin, le secrétaire général de la Fédération FO de l’Enseignement, de la Culture et de la Formation professionnelle (FNEC-FP FO). À l’Éducation nationale, notamment, les votes se feront exclusivement et pour la troisième fois par voie électronique. Nous sommes inquiets à chaque fois qu’il y a vote électronique, relève Pascal Pavageau, soulignant qu’il faut aller à la rencontre des électeurs. En 2014, les militants de la FNEC-FP FO s’y étaient employés avec succès puisque FO avait poursuivi sa percée à l’Éducation nationale, devenant la troisième organisation de ce secteur.

Davantage de listes FO en 2018

Dans l’hospitalière, où de nouvelles implantations sont nées récemment et qui compte 85 % de femmes, FO déposera plus de 1 000 listes, soit 150 de plus qu’en 2014, et ce malgré les nouvelles obligations en matière de parité hommes/femmes pour la constitution des listes, indique Denis Basset, le secrétaire général de la branche Santé de la Fédération FO des Services publics et de Santé (SPS FO). Au sein du versant territorial, les chiffres montrent déjà que l’on déposera davantage de listes qu’en 2014 malgré les difficultés dues aux fusions de collectivités dans le cadre de la réforme territoriale, indique Yves Kottelat, le secrétaire général de la fédération SPS FO. La campagne FO pointe les réformes ou projets de réformes qui attaquent les missions, les emplois et les statuts des agents. Cette contestation a déjà amené les fonctionnaires à s’inscrire, les 22 mars et 22 mai 2018, dans l’appel à des journées de grève nationale dans la fonction publique. En cette rentrée, ils s’inscrivent pleinement dans la journée de mobilisation et de grève interprofessionnelle du 9 octobre initiée par FO notamment.

L’enjeu est plus profond…

Le projet de réforme en quatre axes intitulé « Refonder le contrat social avec les agents publics » vise ainsi à renforcer le recours aux contractuels (alors qu’ils sont déjà près d’un million), à développer davantage encore le salaire au mérite, à concevoir des mesures de départs volontaires de fonctionnaires vers le privé et à restructurer les instances de dialogue social, notamment par fusions entre les comités techniques et les CHSCT, ou encore en asséchant les commissions administratives paritaires (CAP) de leurs prérogatives. Les agents FO pointent aussi les mesures – notamment un nouveau gel des salaires en 2019 – qui détériorent davantage encore leur pouvoir d’achat, en recul de 16 % depuis 2000. Sur le plan des effectifs, 120 000 suppressions de postes sont programmées d’ici 2022. Le gouvernement compte aussi revoir l’organisation territoriale des services de l’État pour alléger le périmètre d’action de l’État, en totale adéquation avec les visées du rapport du comité CAP22, lequel prône des abandons et privatisations de missions publiques. Si l’enjeu de ces élections est bien sûr la représentativité de l’organisation FO au sein de la fonction publique, cet enjeu est plus profond, rappelle Pascal Pavageau. Il s’agit pour FO, par l’audience de ses revendications, de pouvoir peser davantage encore dans le combat pour la défense des services publics qui, au cœur de la République, sont les garants de la cohésion sociale, rappelle la confédération FO.

A propos de cet article

En complément

Le Dossier de L’inFO militante  : Fonction publique : les raisons de la colère
Le Dossier de L’inFO militante : Plan santé : coups de scalpel dans des hôpitaux exsangues
Le Dossier de L’inFO militante  : Service public la campagne FO pour les élections du 6 décembre est lancée