Service Public : mobilisations contre des fermetures de trésorerie et d’écoles

Désertification par Evelyne Salamero

Une manifestation à Andelot, en Haute-Marne, contre la fermeture de deux trésoreries, une autre à Brioude, en Haute Loire, contre la fermeture et la restructuration de plusieurs écoles publiques ... Deux exemples des effets de la réduction des dépenses publiques et des réformes successives des services de l’État, particulièrement douloureux dans les zones rurales.

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Samedi 26 mars, 300 personnes, essentiellement des élus, ont manifesté à Andelot, commune de moins de mille habitants en Haute-Marne, contre la fermeture programmée de la trésorerie. FO était aussi fortement représentée, avec la présence de Didier Porte, secrétaire confédéral, de Dominique Perchet, secrétaire générale de l’Union départementale et de Rachel Sugneau, secrétaire départementale de FO Finances, ainsi que de militants.

En 18 ans, 20 trésoreries ont fermé

C’est en effet FO qui avait donné l’alerte quelques jours auparavant, par un communiqué de presse repris dans la presse locale, sur l’annonce par la direction des finances publiques de la Haute-Marne, en interne, de la fermeture au 1er janvier 2017 de deux trésoreries dans le département, celle de Andelot, mais aussi celle de Montier-en Der (2000 habitants).

« En 18 ans, 20 trésoreries ont déjà fermé, avec 67 suppressions d’emplois à la clé. Si ces deux fermetures supplémentaires se confirmaient, il n’en resterait que 13 dans le département », indique Rachel Sugneau, de FO Finances.

FO a voté contre

Le 21 mars, lors du comité technique local, les représentants FO ont une nouvelle fois voté contre les fermetures.

Ces fermetures sont lourdes de conséquences pour les usagers, puisque, comme le rappelle le site de la DGFIP (Direction générale des finances publiques) , « en milieu rural et urbain, les trésoreries sont également compétentes pour le recouvrement des impôts, et offrent aux particuliers un accueil fiscal de proximité ». Mais, elles sont aussi très graves pour les communes dont les trésoreries gèrent les budgets et la comptabilité. « On constate déjà de gros retards pour payer les entreprises qui réalisent les travaux pour les communes. Ces fermetures ont ainsi d’importantes conséquences économiques et sociales », souligne Dominique Perchet, secrétaire de l’Union départementale FO.

Au niveau national, 2 130 suppressions d’emplois ont été décidées pour 2016 à la DGFIP dans le cadre de la loi de Finances. Au total depuis 2002, plus de 30 000 emplois ont été supprimés et quelque 400 trésoreries, plus particulièrement dans les zones rurales, ont fermé en seulement huit ans, depuis la fusion en 2008 de la Direction générale des impôts (assiette et liquidation de l’impôt) et de la Direction générale de la Comptabilité Publique (recouvrement de l’impôt) qui a donné naissance à la DGFIP.

Si les élus de Andelot, qui ont appris la fermeture de leur trésorerie par la presse, grâce à FO, se sont fortement mobilisés en défense du service public de proximité, la situation n’est pas exactement la même à Brioude, commune de moins de 7 000 habitants, en Haute-Loire.

A Brioude, parents et personnels contre les fermetures d’écoles à l’appel de FO et de deux autres syndicats

Plusieurs élus municipaux étaient présents, mais la majorité des 400 manifestants s’opposant à la fermeture de deux des six écoles de Brioude et à la restructuration des quatre autres, se composait de parents d’élèves, des personnels de l’Education nationale et des territoriaux. Venus à l’appel de FO et de deux autres syndicats, ils se sont rassemblés devant la mairie.

Ici en effet, le désastre résulte d’une convention signée entre l’inspecteur d’académie, dont l’objectif est de regrouper le plus possible d’écoles du département pour réaliser des économies, et le président de l’Association des Maires de France. Cet accord délègue aux élus la possibilité de gérer la carte scolaire, à savoir la répartition géographique des postes d’enseignants.

Une pétition signée par plus de 2000 citoyens

C’est dans ce cadre que la mairie de Brioude a décidé de fermer deux des écoles de la ville, prétendant que le nombre d’élèves était en chute libre. Un argument qui n’a pas tenu face à l’analyse des chiffres : 530 élèves aujourd’hui contre 529 en 2011. Du coup, la municipalité a décidé, sous couvert de rénovation, de restructurer deux autres écoles pour y entasser les élèves. Résultat : de nombreux locaux pédagogiques seront supprimés dans l’une des deux écoles, comme le gymnase, l’amphithéâtre et les locaux d’arts plastiques. Dans une autre, la bibliothèque disparaîtra... Pendant la durée des travaux, les élèves seraient déplacés et répartis dans une autre école, dans les locaux des associations et dans un collège... Et le centre-ville n’aura plus qu’une école privée.

« Une délibération du conseil municipal ça se retire »

Mais, comme l’a souligné Guy Thonnat, enseignant FO et responsable de l’union locale FO de Brioude dans son intervention devant les manifestants : « une délibération du conseil municipal ça se retire. Un projet, ça se révise, ça se suspend, ça se retire aussi. Aucune décision de l’administration de l’Education nationale n’est prise : Brioude dispose encore de 6 écoles sur 3 sites. Aucune fermeture de classes ni de poste n’a été prononcée. »

Les participants au rassemblement du 26 mars ont, par acclamation, adopté une motion par laquelle ils exigent « l’annulation de la décision municipale de fermer un groupe scolaire (deux écoles ndlr) et la prise en compte de la pétition signée par plus de 2 000 citoyens. » Ils revendiquent également de « garder les trois groupes scolaires à taille humaine et de proximité » » et des « moyens dignes pour la rénovation des six écoles publiques. » Celles-ci en ont en effet réellement besoin, dans la mesure où elles ont été laissées sans travaux depuis... Plus de trente ans.

Evelyne Salamero Journaliste à L’inFO militante - Rubrique internationale

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