Economie

« Seul le rapport de forces peut infléchir les positions du gouvernement »

, Mathieu Lapprand

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Manifestation des salariés d’Air France le 5 octobre contre le plan de licenciement de 2 900 agents. © F. Blanc

Les représentants des fédérations professionnelles et des unions départementales se sont rassemblés les 7 et 8 octobre, au siège de la confédération, en Comité confédéral national. C’était la première réunion de cette instance depuis le XIIIe congrès FO de février et la grève interprofessionnelle du 9 avril. Nécessité de la mobilisation et moyens de la construction du rapport de forces ont traversé les débats de ce CCN.

Soixante intervenants à la tribune ont abordé les multiples fronts ouverts en cette rentrée contre les travailleurs et leurs droits, du rapport Combrexelle à la loi Macron, du numérique aux difficiles négociations en cours, en particulier celle concernant le régime de retraites complémentaires.

La réalité du chômage a été omniprésente, comme la brutalité des suppressions d’emplois en cours, au technicentre SNCF de Romilly, dans l’Aube, par exemple, ou encore les 98 000 postes supprimés en huit ans au ministère de la Défense rappelés par Gilles Goulm. Le secrétaire général de l’UD de l’Aude a témoigné de l’explosion du chômage dans son département depuis le déclenchement de la crise de 2008 : 19 500 chômeurs alors, 37 000 aujourd’hui. Dans l’Hérault, Gilbert Fouilhe a indiqué que si la fréquentation touristique était en hausse, l’emploi saisonnier avait chuté de 17 %, en cause, la baisse du pouvoir d’achat des vacanciers. Christian Grolier (FGF), revenant sur le refus de sa fédération de l’accord PPCR imposé par le gouvernement, en déduit que « seul le rapport de forces peut infléchir les positions du gouvernement ».

La violence des licenciements

Nombreuses ayant été les interventions concernant l’actualité à Air France (voir ci-dessous), Jean Hedou (FEETS) a également rappelé le long combat, pour leur dignité, des dames-pipi de Paris dont il attend aujourd’hui leur embauche par la Ville. Didier Bernus (SPS) a évoqué les grèves dans la fonction publique hospitalière, du mouvement à l’AP-HP aux grèves nationales du 25 juin et du 1er octobre.

Pour contester leur renvoi, les dames-pipi et la FEETS occupent les toilettes publiques de Montmartre. © F. Blanc

Les mobilisations qui fonctionnent sont celles construites sur une actualité et un objectif très précis, a rappelé Philippe Grasset (Finances). Face à la complexité et aux enjeux des questions posées par l’inversion de la hiérarchie des normes, les fusions de branches ou encore la numérisation du travail et la régionalisation, plusieurs intervenants, dont Jean-Luc Bonnal de l’UD du Vaucluse ou Patrick Hébert de la Commission exécutive, ont mis l’accent sur la nécessité de documents de synthèse permettant une large campagne d’information de l’ensemble des salariés afin de les alerter des conséquences sur la condition salariale.

Les débats pour l’adoption de la résolution générale du CCN ont porté en conclusion sur les moyens d’agir efficacement pour que la grève interprofessionnelle, susceptible d’entraîner les salariés tous secteurs confondus, puisse être mise à l’ordre du jour afin de redonner la priorité aux droits sociaux. 


Motion : La confédération soutient ses militants et les syndicats FO d’Air France
Le CCN a adopté à l’unanimité une motion de soutien aux syndicats et militants FO d’Air France. Rappelant le contexte de « crise majeure consécutive à la libéralisation » que vit le secteur du transport aérien et les 14 000 emplois déjà supprimés dans la compagnie, le CCN estime que « le choix des syndicats FO d’Air France, SG-FO-AF et SNPNC-FO, de combattre tout nouveau licenciement est légitime ». Il dénonce par ailleurs « toute provocation ou manipulation visant à criminaliser leurs actions, leurs militantes et leurs militants ».