SNCF : à Nice, une grève victorieuse sur fond de prochaine ouverture à la concurrence

InFO militante par Chloé Bouvier, L’Info Militante

Ils ont notamment obtenu une prime, traduisant la revalorisation de la rémunération de leur journée de service. Les cheminots de Nice étaient engagés mi-janvier dans une grève à l’appel de quatre syndicats dont FO. Après quatre jours de mobilisation, cette première victoire renforce la détermination des agents à lutter pour leurs conditions salariales et de travail, alors que l’ouverture prochaine du réseau à la concurrence, actée par la Région, implique de négocier des accords, entre autres dans le cadre de transferts d’emploi à l’entreprise privée Transdev.

Après quatre jours de grève à l’appel de quatre syndicats dont FO, ils ont obtenu une revalorisation de rémunération de la journée de service, via notamment une prime de 150 euros nets. Le 12 janvier, les conducteurs SNCF de Nice ont gagné une première bataille. Dans cette mobilisation qui a rassemblé jusqu’à 100% de grévistes, il y avait un véritable enjeu alors que se prépare l’ouverture à la concurrence en 2028, explique Ali-Jean Boualam, secrétaire régional FO Cheminots.

En PACA, le changement d’opérateur est déjà en cours : les élus ont voté en faveur de Transdev pour la liaison Marseille-Nice. Les lignes autour de Nice, resteront à la filiale SNCF Sud-Azur, seule en piste pour exploiter ce réseau jugé moins rentable.

Début janvier, lors d’une réunion de concertation immédiate avec la direction avant que les syndicats ne déposent le préavis de grève, cette dernière, recevant les quatre organisations syndicales dont FO a répondu aux revendications salariales par une fin de non-recevoir. De fait, on a eu très peu de difficultés pour mobiliser les agents, tous inquiets quant à l’ouverture à la concurrence. Il y a eu ainsi 100 % de grévistes le premier jour de la mobilisation. Le préavis ne couvrait que deux jours de grève, la mobilisation s’est étalée toutefois sur quatre journées. On a constaté des provocations de la part de la direction locale, Ce sont des intimidations habituelles auxquelles nous sommes habitués, indique Ali-Jean Boualam. A l’issue de cette mobilisation, les agents ont obtenu obtenu une revalorisation de rémunération de la journée de service, via notamment une prime de 150 euros nets. Dans la région, FO se bat pour que les agents SNCF ne soient pas transférés au privé mais mis à disposition de l’entreprise qui remporte le marché.

Des transferts sans garanties

La victoire obtenue vient ainsi renforcer la détermination des syndicats et notamment de FO, alors que s’ouvrira l’an prochain la future renégociation des accords de filiation avec la SNCF Sud-Azur et que des accords seront aussi à créer dans le cadre du passage à Transdev en 2025. Les agents qui seront transférés à la filiale de la SNCF ont très peu de garanties sur leur transfert, s’inquiète le militant soulevant aussi le problème de l’emploi dans le cadre de cette ouverture à la concurrence. Ainsi, Transdev déclare vouloir recruter, mais… L’entreprise estime ses besoins à cent-cinquante cheminots mais au vu de l’appel à volontaires, on est loin du compte. Transdev va donc devoir recruter à l’extérieur. Mais pour quels profils ? Avec quelle formation à la sécurité ?

Ali-Jean Boualam s’inquiète de la dégradation déjà patente du service SNCF. Faute de l’apport des moyens nécessaires. On a déshumanisé ce service. Les guichets dans les gares ont quasiment tous été supprimés. Il n’en reste qu’une vingtaine. On a supprimé aussi les postes de contrôleurs et créé des postes polyvalents. Or, cette polyvalence augmente le risque d’erreur et fait craindre le pire pour la sécurité.

Stop au SNCF Bashing

Le militant le souligne : l’ouverture à la concurrence ne va pas améliorer le réseau. Mais la parole syndicale doit lutter ferme pour se faire entendre, face aux discours des élus régionaux et de la SNCF. Il a encore en mémoire les propos relevant d’un « SNCF Bashing » tenus par le président de la Région.

Là encore, on a eu tous les éléments de langage habituels disant que l’on prenait les gens en otages, ... Mais les élus qui disent cela sont ceux qui ont voté en faveur de l’ouverture à la concurrence ! Notre mobilisation est une conséquence de leur choix !

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