SNCF : excès de vitesse ?

Revue de presse par Michel Pourcelot

TGV Duplex (à deux étages) quittant la Gare de Lyon, à Paris. CC AlNo

Un rapport de la Cour des comptes sur la grande vitesse ferroviaire s’est montré très critique envers la politique « tout-TGV » menée par la SNCF. Publié le 23 octobre, il a été longuement et abondamment commenté dans la presse

Le Télégramme de Brest
« Coût actuel non soutenable, financement des projets futurs non assurés, moyen de transport s’adressant aux catégories aux revenus élevés... Dans son dernier rapport, la Cour des comptes est sans concession concernant la grande vitesse ferroviaire. » Qui, selon elle, mène droit dans le mur et à grande vitesse.

La Dépêche
Elle dénonce notamment « les dérives de gestion » des lignes à grande vitesse. « En cause : des arrêts trop fréquents, des trajets trop longs, des bassins de vie desservis pas assez peuplés, des taux d’occupation pas assez élevés ». Et le prix des billets trop élevés pour un pouvoir d’achat trop faible ?

Le Figaro
D’ailleurs, en 2013, pour la première fois de son histoire, le chiffre d’affaires du TGV « a commencé à décliner, passant à 4,7 milliards d’euros, et la tendance se poursuit en 2014. La SNCF a tenté de faire face à ce phénomène en multipliant les petits prix, en inventant un TGV low cost, Ouigo. Mais rien n’y fait. La rentabilité du TGV dégringole. La marge opérationnelle de 28 % en 2007 a fondu pour atteindre seulement 12 % en 2013. Un niveau insuffisant pour renouveler le parc de rames TGV, souligne Guillaume Pepy, le P-DG de la SNCF. Impossible de gonfler le prix des billets. Le sentiment de cherté du TGV a atteint son maximum. Ainsi, la Cour des comptes rappelle que la forte augmentation du chiffre d’affaires du TGV entre 2002 et 2012 repose sur la hausse du prix des billets plus que sur l’augmentation du trafic. »

60 millions de consommateurs
Pourtant cette politique semble se poursuivre : « en toute discrétion, la compagnie ferroviaire a commencé à s’affranchir du calendrier des périodes de pointe. Une expérimentation en cours depuis le 14 octobre sur quelques trains à grande vitesse (TGV) et Intercités à réservation obligatoire consiste à basculer en période de pointe – et donc au tarif fort – un trajet initialement commercialisé en période normale ». Un tarif pourra ainsi en cacher un autre.

L’Express
La Cour des comptes, elle, plaide, sans surprise, pour une « règlementation plus souple sur les "modes de transport longues distances routiers", l’autocar notamment, qui permettrait de replacer le TGV comme un moyen de transport parmi d’autres, alors qu’il est surtout utilisé par les "catégories de population aux revenus les plus élevés". Un raisonnement similaire à celui du ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, qui veut libéraliser le transport par autocars sur le territoire national ». Que ceux qui rament prennent le bus...

Michel Pourcelot Journaliste

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